La bouffe, tu peux t'en passer pendant un temps à condition d'adopter un rythme cool. Pour le travail intense, tu as besoin de sucres, notamment de glycogène comme carburant pour ton effort. Or, des sucres on en a des réserves TRES limitées dans le corps (stockés sous forme de glycogène dans les muscles et le foie, notamment). En période de jeûne, le corps crame des corps cétoniques et des protides comme carburant principal, et fabrique du glucose pour maintenir la glycémie stable et permettre aux neurones de neuronner... et tout effort intense entame les réserves de glycogène. Grosso modo, jusqu'à 50-60% de ton VO2 Max tu peux utiliser uniquement du gras et des protides pour alimenter ton effort, mais dès que tu dépasses ce niveau d'intensité il te faut des glucides (glucose, glycogène, etc.).
DONC... pas manger et y aller zen, c'est ok. Pas manger et bourriner deux heures à >60% de ton VO2 Max, ça passe mais après t'as plus aucune réserve. Pas manger et espérer bourriner à >60% de ton VO2 Max longtemps, c'est une impossibilité physiologique.
Je te conseille de lire l'article sur le jeûne que Cubitus a pondu exprès pour toi dans la revue carcajou 2. Ca devrait éclaircir tes idées sur le sujet
http://www.ceets.org/carcajou2.pdfCiao

David
Je confirme par expérience personnelle. Je l'ai je crois déjà décrit une fois.
Il s'agisseait d'une semaine de survie dans le cadre d'une école d'officier.
Dernier repas à 12:00, départ à 19:00 sans repas pour un trip de 50 km en vélo militaire (27 Kg 1 vitesse). Puis dormir dans une forêt, 3 heures de sommeil. Départ à 05:00 pour 80 km de marche sur les crêtes du Jura par 0-10C° et du vent. Paquetage léger à 15 Kg.
Aucun relais avec de la nourriture et l'exploit de faire passer le chemin hors de toute habitations ou l'on aurait pu demander à manger. Il n'y avait même pas de quatre pattes sur le trajet (il y a de bonne chances que nous eussions fait boucherie).
Vers 23:00 du second jour le premier du groupe a commencé à avoir des hallucinations (devant un lumignon de chantier sur une route qui clignotait il s'est bloqué et n'a plus pu avancer (il avait peur, mais ne savait pas pourquoi). On marchait à ce moment avec la technique infanterie, c'est à dire le premier marchait les yeux ouverts, les suivants avaient la main droite fixée au sac à dos de celui qui précédait et marchaient en dormant (somnolant). Une heure de plus et celui qui avait des hallucinations s'est écroulé et nous l'avons porté jusqu'au prochain poste de contrôle (il étaient espacé d'environ 5 km).
Après j'ai commencé à avoir un vision bleutée, en fait tout baignait dans une lumière bleue (on était dans la nuit). Puis j'ai commencé à voir de "Pinzgauer" dans les champs (il n'y en avait pas). Puis ......plus rien....
Un vague souvenir d'une main qui me tend une plaque de chocolat dans une pièce avec des parois en bois, puis le réveil dans mon sac de couchage sous une toile de tente dans une forêt. Jusqu'à aujourd'hui j'ai aucune idéée comment je sui arrivé dans ce sac ni qui à monté la toile de tente.
Bon pour faire court, de toute l'école d'officier 50% sont partis dans les pommes sur manque de sucre dans un contexte d'effort intense et de froid ainsi que de manque de nourriture sur 36 heures. Il n'y a eu aucun blessé ni mort, ce qui montre la résistance humaine.
D'ailleurs cela nous à permis de voir ce que le corps humain peut absorber une fois qu'il est en manque. Si l'on lit les agape du moyen-âge on est soufflé par les quantité faramineuses qu'ils étaient capable de manger.
Après cet épisode de syncope collective du à une hypoglycémie, la nourriture que n9ous avions pas eue pour des problèmes d'intendance est arrivée.
Normalement nous aurions du continuer par 280km de vélo, mais vu l'état de la troupe et la problable hécatombe en envoyant des zombis sur des routes, nous avons eu droit à 24 heures de répit pour manger et nous occuper en faisant des exercices de tir au pistolet et au PM.
Sur cette journée nous avons reçus par personne: 1 poulet, un steack de 300g, un poisson, 550g de pâtes, 500g de riz, 550g de carottes et 1 Kg de pain. Eh bien nous avons cuisiné toute cette nourriture et ca rentrait comme dans un trou noir. On mangeait et c'était digéré immédiatment. Nous avons pas laissé une miette.
C'est assez halucinant de manger, manger, manger et de toujours pouvoir manger...
Cela à été une leçon et pour les 100km de marche qui cloturaient la semaine, on c'est débrouillé pour dévaliser un magasin, de telle manière d'avoir tout le temps à manger. Je me rappelle au matin au km 70 (dans les cent Km) d'avoir mangé 10 oeufs et 1 Kg de pain (on me disait STOP.....). J'ai recalculé ce que j'ai mangé sur ces cent Km...environ 10'000 Kcal en 24 heures.
Donc effectivement en cas de jeune fault aller doucement, très doucement.
Moléson