Bon voilà,
Vu que ma zone scolaire est en Vacances, et que j'avais promis depuis longtemps une sortie bivouac avec mon fils ( 13 ans), je lui ai donc organisé une sortie avec nuit sur le terrain.
J'ai organisé méthodiquement le truc:
- Choix des dates
- Météo
- Lieu ( un lieu que je connaissais bien, me permettant un replis en peu de temps, au moins vers le véhicule- J'ai donc choisi la commune de mon enfance).
- Pote de mon fils qui devait nous accompagner afin que celà soit plus ammusant pour lui.
- Matériel ( et david sait que pour moi, les "kits" sont très "lourds" et encore plus avec des schtroumps...)
Donc hier, en tout début d'après midi, départ pour le sommet de la montagne des Princes, qui se trouve coincée entre Seyssel - Frangy - Le fier ( St André) et se trouve environ à 25 Km d'Annecy. Commune de Crempigny et de Droisy.
On gare la voiture, on charge les sacs à dos et on y va.
J'avais prévu un bivouac sympa au pied d'une petite colline où un de mes amis d'enfance possède une cabane de chasse.
Arrivée sur les lieux... montage du campement en bordure d'Alpage pour le feu, et et lisière de forêt pour la tarp.
J'avais fait la suprise aux enfants d'apporter un poulet cru... et donc à cuire. Le soleil n'étant pas si fort que celà, le choix du feu a donc été retenu

.
Atelier d'allumage du feu avec firestel et amadou. C'est fou ce que ça amuse les enfants et les parents...
Tarp ultra bas... car le vent du nord s'était quelque peu levé.

et les avions qui atterissaient à Genève Cointrin nous passaient au dessus de la tête.
Bon, conditions idéales pour une première rencontre avec la grande verte.
Après un repas Gallinacé très apprécié, nous sommes allés jusqu'au sommet de la montagne observer le coucher de soleil, les traces d'animaux autours de la grande mare qui se trouve au beau milieu de l'alpage, et apprécier la vue sur l'Albanais et le Genevois qui s'allumait.
Retour au campement dans le noir. Observation du ciel et des étoiles.
Jusque là, pas de probléme, mon fils et son pote étaient aux anges...
Je les laisse donc prendre conscience des bruits qui portent loin dans la forêt qui nous environne.
Jusqu'à Minuit, alors que je m'étais déjà couché, je les écoute délirer sur leurs copines ou les sangliers, dont j'entends le pas lourd sur le sol, pas très loin de la tente.
Vers 2 heures du matin, je me réveille avec l'impression que quelque chose cloche.
Je suis en effet hors de la tente... et les deux Minimoys sont littéralement accrochés l'un à l'autre, avec la moitié de la tente démontée...
Je n'ose pas les réveiller, mais finalement, je finis par comprendre que le duvet donné pour Zéro degré par le papa du pote du fiston n'est pas à la hauteur.
Le pote du fiston s'est donc dans son sommeil, rapproché d'une source de chaleur qu'est mon fiston, et le bloc des deux, en gesticulant, m'a extrait de ma place et a démonté la moitié de la tente.
C'est là qu'on passe en mode survie

Le pote du fiston grelotte, et je lui fais un chéche de fortune avec un filet cam qui "trainait " dans mon sac à dos qui sert aussi pour la chasse.
Je lui passe une fourrure pôlaire très épaisse et lui dit de se recoucher.
Quelques dizaines de minutes plus tard, tout le monde est réveillé, et curieusement, on commence à se cailler.
Le ciel est plein d'étoiles, et la bise souffle, pas très fort, mais suffisamment pour donner cette impression de froid qui glace des os.
Heureusement, le feu n'est pas complétement éteind. Je le rallume. Il est 3h30 du Matin.
Mes deux survival-minimoys sont autours du feu, sans parvenir à se réchauffer.
Je leurs fait un chocolat chaud vite fait, avec mon réchaud à alcool.
Ca fait du bien, mais ça ne fait pas de miracle, on caille et celà malgré le feu, et le réflecteur de toile que j'ai réalisé.
4H00. Toujours autant d'étoiles, toujours cette bise de M***e, toujours aussi froid.
Je démonte le tarp, les isomats, et mets tout celà autours du feu.
On s'assoit chacun dessus, en position d'oeuf ( merci David

avec les duvets sur la tête et autours de soi en guise de couverture de survie, et on attends que le jour se pointe.
C'est long... surtout pour un minimoy...
Il finit par se pointer (heureusement

), après quelques autres chocolats, et quelques branches d'arbres mortes disputées aux sangliers et sacrifiées au feu pour la bonne cause...
J'avais prévu rester la journée sur le terrain, mais j'ai choisi de rentrer très vite après cette nuit pas très engageante afin que les gosses ne gardent pas un souvenir trop débile de ces quelques heures quelques peu "hors normes".
Je m'en suis voulu un peu, en me disant que j'aurais sans doute pu demander à mon pote les clés de sa cabane de chasse avant de partir, ou même étudier beaucoup mieux que celà la météo ( Franchement, j'avais mangé sur la terrasse d'un bistrot la veille et je ne m'attendais pas à la bise).
Finalement, nous sommes rentrés au bercail en bonne forme, et avec des souvenirs plein la tête.
On en rigolera encore plus dans quelques semaines, mais il faut bien dire que sur le coup, j'ai presque été aussi supris qu'eux. Il faut dire qu'il n'y a plus de saison les amis, et qu'un coup il fait chaud, et que le lendemain on se caille... J'avais oublié qu'on est au mois d'avril.
