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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Extraits du journal d’un campeur invisible  (Lu 21983 fois)

19 octobre 2010 à 16:52:42
Lu 21983 fois

guarocaliente


Quand je voyage seul, j'emporte un petit cahier d'écolier et un space pen.

Un journal de voyage pour me souvenir des infos pratiques, comme les lieux, les prix, les trajets, le matos utilisé, les améliorations possibles.

J'y colle mes pensées, ce que j'ai vécu dans la journée. Cela n'a aucune prétention littéraire.

Ce n'est pas destiné à être lu par quelqu'un d'autre que moi. C'est plein de mes fautes d'orthographe.

Mais cela concerne la survie. Parce qu'il n'y a rien que j'aime autant qu'être isolé pendant des semaines au fond de "mes" forêts.

Je suis isolé mais je ne me sens pas seul. Parce que je m'oublie. Au bout de très peu de temps je redeviens un animal.

Les premières nuits, c'est comme si mon ego se débattait pour ne pas être dissous.

La lune est très grosse au dessus de l'équateur.

Une nuit, au fin fond de la forêt, perdu en pleine montagne, caché dans un hamac camouflé dans la végétation, j'ai cru que la pleine lune était le projecteur d'un hélicoptère qui me traquait.

Une vraie panique. ;D

Après une ou deux nuits, de peurs. Plus rien.

Juste du calme. Pas de paroles, évidemment. Pas de rôle social à tenir, d'image de moi-même à soutenir vis à vis de l'extérieur.

Les gestes ralentissent, les sens s'aiguisent. J'ai le sentiment calme et profond d'être le même en beaucoup plus affuté.

Je fais ce qu'il y a à faire sans peur. Je regarde par terre pour ne pas piétiner une saloperie, en l'air pour ne pas me prendre une branche pourrie, je fais attention où je pose les mains.

Complètement dans le présent. Sans pensées qui m'emportent vers les gens que j'aime, et qui pourraient me manquer si je ne plongeais pas totalement dans le présent.

Bref, j'aime vivre seul au fond des bois  ;D

Mon petit cahier est un petit exercice intellectuel quotidien que je trouve nécessaire pour ne pas complètement oublier que je suis un humain.

J'ai retrouvé celui de ma deuxième expé.

Quand j'aurais un peu de temps, je posterai ici quelques passages. Surement pas tout parce que c'est plein de répétition d'un quotidien pas très passionnant à lire.

Je cherche l'aventure. Aller au bout de mes limites. J'aime la vie dans la nature. Les réflexions de Thoreau, Emerson  :)

Mais aussi de Zykë ;D 

Je cherche des zones vraiment sauvages, à des jours de marche de toute vie humaine.

Des lieux hors du temps, inchangés par l'homme dans lesquelles seuls les satellites qui brillent la nuit au dessus de l'équateur me rappellent ce siècle.

Ce goût de l'aventure me pousse à aller parfois dans des endroits interdits ou à faire des choses interdites.

Donc, techniquement à ne pas toujours respecter les lois locales.

Je ne pousse personne à faire pareil, j'expose ceci en préambule pour expliquer le coté « invisible » du campeur.
 
Cette expé était solitaire et clandestine. J’ai donc changé tous les noms.

Les textes en italiques suivants sont des extraits tirés de mon cahier.

A me relire, je vois que je fais pas mal d’allusions qui peuvent être incompréhensibles.

C’est dû au fait que je n’écrivais que pour moi. Je ne touche pas à mon texte original, mais j’ajouterai les éclaircissements que je jugerai nécessaire à la compréhension par tous (y compris les profanes, pour certains matériels qui semblent évidents aux habitués de ce forum) en vert.

Pour ceux que ça pourrait intéresser :


Extraits du journal d’un campeur invisible.


Le 4/01


Il est 19 heures. Je suis dans un petit restau dans la dernière ville avant les montagnes, Santo Domingo.

Deux jours pleins de rebondissements à faire les bas fonds de la capitale pour trouver un flingue.

Donc, hier matin, le 3, j’ai pris un taxi pour prendre mon car vers 5 heures. Pas de problèmes. Trajet d’environ 7 heures.

Trajet assez long mais de jour. J’ai pu profiter du paysage. Nous avons passés un col à presque 3000 mètres sous les nuages. Ça caillait vraiment. A un des arrêts pipi tous les passagers essaient de se réchauffer avec un café. Je fais pareil. Descente dans la vallée, le soleil apparait. On se rapproche de « mes » montagnes. Arrivé  à Santo. J’ai l’impression d’être déjà venu… Je m’installe dans un petit hôtel en bordure du bled. Je ne veux pas être reconnu dans celui de l’année dernière. Je paie quelques dollars pour une espèce de petit bungalow en préfab. Douche en forme de chaise électrique, comme en Inde. (système fréquent dans beaucoup de pays tropicaux. Les décharges électriques arrivent. ça réveille le matin  ;D )
 
Je vais déjeuner dans mon restau préféré et prends un bus pour la dernière ville avant la frontière, Ciudad Esperanza. (1heure30).

L’arrivée est toujours aussi impressionnante. La route, à peine large pour deux bus, serpente dans les montagnes. Ravin d’un coté… Arrivé en ville, 5 minutes après je reprends un bus pour la frontière. 30 minutes après, je cherche la quincaillerie de l’année dernière, où j’avais pu acheter une arme. Fermée ! m*rde. Par les grilles, j’aperçois des armes. Je me renseigne à coté. En vacances jusqu’au 15 janvier. m*rde. (Pause dîné)
Bon. Donc, m*rde. Je fais toutes les autres quincailleries. Rien. On me dirige vers le grand Bazard « WONG-SHU ». Fermé pour cause d’inventaire jusqu’au 5. Bon. Le moral à zéro je repars à Esperanza. J’essaie partout. Rien. J’arrive à l’arrêt de car 30 minutes après le dernier départ pour Santo. Taxi. On rattrape et dépasse le car. Je rentre dans ma cabane. Il fait nuit, je suis seul, fatigué, sale et sans arme. J’ai le cafard et me demande si je vais avoir le courage de continuer.

Ce matin il faisait beau. Je me rase, me douche et le moral revient. Il faut que je sois plus agressif pour continuer. J’ai une autre idée. Je rebondis. Pas d’arme à feu ? Pas grave. Je cherche un arc dans Santo. Rien. On me dit : « à la frontière, chez « WON-SHU ». m*rde ! Il est fermé ton put**n de WON-SHU ! Je reprends un bus à 9h pour Esperanza. A Esperanza, changement de bus pour la frontière. Puisque WON-SHU est fermé, je vais passer la frontière et pousser jusqu’à la première grande ville, à environ une heure de la frontière. Voir si je peux trouver une arme à feu. Au pire j’achète un lance-pierre. Je plaisante. Un arc. Seulement je me dis que si je sors du pays pour y revenir dans deux ou trois heures, ils risquent de se demander pourquoi. Et si je trouve seulement une carabine, je ne pourrais pas passer la frontière avec.

Donc, logiquement, je décide de rentrer illégalement dans ce gentil pays d’Amérique latine.

Sans passer par les cases sortie et entrée des deux douanes. Je monte dans un minibus et pars vers la ville. Tout va bien. Dix minutes plus tard on ralentit devant un barrage volant de police. Gloups. Un flic en civil monte dans le minibus. J’entends la musique de Midnight Express. Il porte des Ray-bans noires et sans bouger la tête il regarde tout le monde. Je sais bien qu’avec ma tronche d’européen, je n’y couperais pas. Mais je garde mon calme (en apparence) et affiche une bonne tête d’innocent. Une chance sur 1000. Ca marche très bien puisque le flic m’interpelle et me demande mon passeport. Je le sors calmement en souriant. Innocent. Il le feuillette. S’arrête sur les tampons de son pays, de l’année dernière. Il cherche ailleurs et ne trouve pas. Il me pose des questions. Je fais l’andouille ahurie. Je comprends plus l’espagnol. Des gars du coin, compatissants me traduisent en anglais. J’explique que non, je ne suis pas passé par la douane parce que je pensais que ce n’était pas indispensable pour rester prêt de la frontière, que j’ai l’habitude parce qu’il n’y a plus de frontières en Europe et que je pensais que c’était pareil, que mes bagages sont encore dans le pays d’à coté et que je vais juste visiter leur charmante ville et que je rentre ce soir.

Le vrai con.

Un noir m’explique en anglais que même pour une journée je dois faire toute la paperasse. Il traduit au flic patibulaire. Me font descendre. Un autre flic en tenue me demande d’où je viens. On parle football. Quelques minutes après ils arrêtent un minibus dans l’autre sens pour réexpédier l’idiot du village vers la frontière. Bon. J’abandonne l’idée du flingue. Je vais faire tamponner mon passeport pour sortir. Ensuite je passe l’autre douane pour rentrer. Me demande un billet de retour vers la capitale !!  au moins 200 $ . Ca va pas non ?! Je décide que j’en ai assez fait. Je vais faire annuler mon tampon de sortie. J’explique mon cas et la fille annule. Avant de reprendre le bus pour Esperanza j’essaie de trouver un arc sur la frontière. Rien. On me dit WON-SHU. Il est fermé ton put**n de Chinois ! Dans la dernière quincaillerie que je visite on me dit que le chinois est ouvert. Dubitatif, j’y fais un saut pour prendre au moins son tel. S’ils ont un arc je reviens demain. C’est ouvert ! Bon. Je demande. Le type à l’entrée croit qu’ils en vendent. L’espoir renait. Je m’approche et vois des fusils de chasse sous marine, matos de pêche, fléchettes etc.. Ça a l’air bon. Non. Rien. Gardant le moral, je décide d’acheter une arbalète de plongée avec des palmes afin de rentrer à la nage. Non, je divague. Je me casse. Tant pis, je me ferais une lance. Bus pour Esperanza, je cherche un arc, rien. J’ai une heure avant la correspondance pour Santo. Je passe devant un cyber café. 25 minutes de connexion. Il n’y a personne. Il est 23h20 en France. Je repars. 2h30 de route au lieu d’une 1h30. C’est bien le bus pour Santo mais pas direct du tout. Voyage fatigant. Musique latine à fond. Ça lasse. J’arrive couvert de poussière à Santo vers 17h10. Je vais acheter une machette et de la ficelle, du PQ, savons, gâteaux et bonbons. Je rentre dans mon clapier me laver et ressort diner. Voilà, j’en suis là. J’attends 11 jours devant la quincaillerie à la frontière, je perds 3 jours allé et retour à la capital pour trouver un arc ou m*rde. m*rde. Raz le bol. La motivation me manque. Il faut que je reparte très rapidement sinon j’ai peur. Trop orgueilleux pour abandonner. Et puis je sais que le découragement vient de la fatigue. Demain ira mieux. Ah ! Ce matin j’ai eu mon fils au téléphone. Il va bien. Je suis heureux. Demain je me casse.




Le 5/01



Je suis dans mon hamac. La nuit vient de tomber. J’écris ces mots allongé à poil sur mon sac.
Ce matin je me suis levé à 6 heures. Je suis allé déjeuner puis faire les derniers achats de matos, une lime pour la machette, de la ficelle et du fil de fer. Je suis rentré préparer mes sacs.

J’ai enfin sorti mon sac à dos du sac de nylon noir destiné à le camoufler en zone urbaine.
(Je cherche la discrétion. Le vert armée est idéal pour passer inaperçu en forêt et idéal pour se faire remarquer en ville  ;D . Passage de douane facilité car les douaniers respectent le "riche" porteur de sac en toile noir et emmerdent le beatnik "pauvre" avec son sac à dos militaire. Vérifié. Et moins de risque que les sangles soient arrachées dans les manutentions et qu'il soit ouvert par les bagagistes curieux).

J’accroche les deux poches latérales du Bergen et j’essaie. "Pesado". Au moins 30 kilos. Je sors me chercher un taxi pour m’emmener le plus prêt possible du pied des montagnes. Le gars est d’accord pour se taper les chemins de terre. On repasse à l’hôtel récupérer mes sacs. Le gars s’arrête sur le chemin pour prendre son fils. Le type me confirme qu’il y a un poste de gardiens et faudra prendre un permis. Bon…

On se rapproche. On arrive devant une barrière. En fait la route traverse une ferme. On s’arrête à un péage. Le gardien remplit des papiers et on repart. Re barrière. On montre le papel et on passe. Peu de temps après, nous arrivons au dernier nom sur la carte. Après il n’y a que du vert, quelques serpentins bleus et des courbes de niveau. C’est même pas un bled. On dirait un bidonville sur la gauche et des bâtiments agricoles à droite. On s’arrête. Le chauffeur demande la station pour camper. On repart et nous arrivons devant un grand chalet en bois. C’est la fin de la route. Je pense être accueilli pas les gardes… On s’arrête. Ça m’a l’air d’être fermé. Pour l’instant. Il y a deux affiches sur la porte. Celle du dessus est lisible du taxi. Le chauffeur de demande ce qui est écris.( en anglais) Je lui lis « laissez vos chaussures devant la porte ». Il me répond « non, celle du dessus ». Je lis «  Les chercheurs doivent être en conformité avec la loi N°251X et avoir un permis en règle pour être dans le parc. Interdiction de faire de feu, de chasser, etc… » Le chauffeur me demande ce que c’est. Je me retourne et lui sourit avec un pouce en l’air « Pas de problème ». Rassuré et descend de la voiture et on sort les sacs. Je le paie et ajoute un bon pourboire et toute ma mitraille pour m’alléger. Il me remercie et me demande quand et comment  je compte rentrer (« dans 6 semaines, à pied à travers la forêt »…). Je le rassure. « Dans quelques jours. » je lui demande son numéro de téléphone « au cas où ». Il me demande si j’ai un portable. Je lui mens en lui montrant l’étui du GPS à ma ceinture. » De toute façon, le chalet n’est qu’à quelques minutes de marche des bâtiments agricoles et la route descend. Si j’en ai marre, je rentre et te passe un coup de fil ». Rassuré sur mon sort, ils font demi-tour. Je salue en portant mes sacs devant la porte du chalet (qui est fermée avec un gros cadenas).

Disparus, je commence par faire le tour du chalet et regarde si il y a de la vie dedans. Rien. Le chalet est vraiment en lisière de forêt à 15 ou 20 mètres. Je vais repérer une entrée dans la jungle. Je fais demi-tour. Ce n’est pas le moment de trainer, les occupants du chalet peuvent apparaitre d’une minute à l’autre. J’enfile le sac, prends celui en nylon dans les bras et rentre dans la forêt. J’attends d’être suffisamment loin pour tout préparer. Je quitte ma tenue de touriste, attache le "Daypack" du Bergen (ce sac "PLCE Bergen" est réglementaire dans l'armée Anglaise. Vendu neuf avec un brellage sur lequel viennent s'attacher les deux poches latérales, pour former un petit sac de patrouille de 20 litres. L'ensemble fait 120 litres. Je porte le sac complet avec ses deux poches latérales sur le dos et j'ai acheté deux poches de plus pour porter le sac de patrouille sur la poitrine. 140 litres, 38 kg. Les 4 poches de 10 litres contiennent la nourriture pour 6 semaines) avec la bouffe, en poitrine, sac au dos et machette à la main, je m’enfonce dans la forêt.




La photo date de la première expé mais illustre le style général  ;D

C’est monstrueusement lourd. J’ai compté 30 kilos sur le dos et 8 sur la poitrine. Je pars vers le nord. Départ vers 11h45. J’essaie de m’arrêter seulement après une heure de marche mais c’est dur. Je transpire pas mal dans le dos même si il fait assez frais à cette altitude (1400 m). Je n’ai que deux litres d'eau dans ma gourde. Je rationne. Je découvre rapidement des bandes de plastique orange pour marquer des pistes pour les touristes. Il y en a plein. J’essaie de m’en éloigner mais je suis encore très proche de la station. Je m’arrête souvent pour écouter. Je dois me réhabituer à cette forêt, après 14 mois d’absence. Debout, plié en avant pour soulager mes épaules, je reste immobile. Je repars. A la boussole. A chaque arrêt, point GPS. Un grand bruit de branches qui craquent ! Quelqu’un approche !  J’essaie de m’éloigner. Plus de bruits. Je repérerai plus tard l’origine de ce bruit. Une bande de singes hurleurs qui mangent des fruits en haut des arbres.



Et font tomber des branches au sol. Toujours des bandes orange. Elles ont l’air assez anciennes. Mais je ne suis pas rassuré. Je ne voudrais pas tomber sur un groupe de touristes encadré par des gardes. Armés. Au mieux la fin de cette aventure, au pire de gros problèmes. Je suis assez tendu. Cela ira mieux si j’arrive à m’éloigner suffisamment. Le problème c’est que l’eau va me manquer demain. Et comme c’est la saison sèche, je ne peux compter que sur les rivières. Demain, cap au Nord-ouest pour longer le rio. Plus de chance de rencontrer quelqu’un… Cela me ferait vraiment mal après toute cette attente, ces préparatifs et ces efforts. Sophie sera contente, je ne peux pas faire de mal aux singes. Vers 16 heures j’ai commencé à chercher deux arbres à la bonne distance l’un de l’autre. J’ai installé le nouveau hamac. Je ne suis pas convaincu. Il a l’air plus fragile que l’autre. Pour l’instant ça tient. Ce qu’il a de bien ce sont les poches intégrés dans la toile à l’intérieur. Pratique. J’ai mis pas mal de temps à l’installer. Je savais que je ne pourrais pas diner. Pas assez d’eau de toute façon. Je suis allé pisser en plusieurs fois autour de mon campement pour marquer mon territoire. La nuit tombe officiellement à 17h26 (j'avais deux récepteurs GPS dont un qui donnait les heures de coucher et lever du soleil) mais comme il y a déjà peu de lumière sous les arbres c’est plutôt vers 16h45.

Les nuages sont tombés et la température aussi.


 
Moi pas. Faut que ça tienne 42 nuits. La moustiquaire est efficace. Je ne suis pas encore assez haut. Il y a pas mal de moustiques. Je vais manger quelques cookies et un mini berlingot de lait concentré à la vanille. Ensuite 1ere nuit en forêt.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 02:15:15 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

19 octobre 2010 à 18:18:01
Réponse #1

Loriot


Pour moi tu peux continué, j'écris de la même façon, j'adore!
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

19 octobre 2010 à 20:09:17
Réponse #2

Nathan-Brithless


L'eau se referme derriere le poisson qui avance

19 octobre 2010 à 23:13:42
Réponse #3

humungus


la suite la suite la suite!!!!!!!!
je n'ai pas souvent l'occasion de partir en rando
fait moi voyager a l'autre bout du globe merci beaucoup

20 octobre 2010 à 07:03:58
Réponse #4

Douinie


Everyone must believe in something. I believe I'll go canoeing - Henry David Thoreau

20 octobre 2010 à 07:23:19
Réponse #5

Clemstout


+1!
Du lolo comme ça j'en veux encore! Ca se lit tout seul! Et savoir que c'est issu d'un journal perso... :up:
Développe en toi l'indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie.--Marc-Aurèle--

20 octobre 2010 à 15:53:55
Réponse #6

guillaume


Sympa :).

Tu peux nous en dires plus sur ton expédition (pourquoi, comment) stp ? Le flingue devait te servir à chasser et en auto-protection si j'ai bien compris ?

a+

20 octobre 2010 à 19:10:27
Réponse #7

guarocaliente


Le samedi 6/01  17h


Cela fait déjà 20 minutes que j'observe la forêt s’endormir. J'aime beaucoup ce moment de la journée où nu dans mon hamac j’ai un semblant de confort. (Il manque une douche !)

Les moustiques se promènent sur le filet (la moustiquaire). La nuit dernière n’a pas été très agréable. Il a fait assez froid.
Au réveil vers 8h00 la montre indiquait 14°.

Et je ne suis qu’à 1500 mètres. Je pense décidément que je me suis planté avec mon hamac en nylon.




Il n’est pas très bien conçu. Plein de détails. Le pire c’est que le fond est constitué par plusieurs pièces assemblées par de fines coutures. Quelques unes ont cédé hier soir. Gloups. La nuit dernière, un animal est passé en volant très près du hamac. Je crois que c’était une chauve-souris. Je me suis réveillé plusieurs fois cette nuit à cause du froid. J’ai pu observer la forêt grâce à la lune. Bon signe (pas de nuage). Ce matin j’étais gelé. Ça promet pour plus haut. J’ai glandé assez longtemps avant d’avoir le courage de sortir. En dehors du hamac, je claquais des dents. Vite habillé avec les fringues humides sortis du sac à dos, cela a été mieux. (Méthode SAS de gestion des fringues en jungle : deux tenues pour voyager le plus "léger" possible. Une portée seulement la nuit, ce qui permet de dormir au sec à peu prêt correctement et une toujours mouillée qui "sèche" en marchant). Beaucoup de temps pour faire bouillir de l’eau. (Par soucis de discrétion j'attends d'être plus loin de la civilisation pour faire du feu. j'utilise un petit réchaud à alcool en gel. Pas très efficace.) Pâtes carbo, café et berlingot. Je pars vers 10h. Je continue vers le Nord. Je suis à 600 mètres à l’est du rio principal. Je suis tombé sur le lit d’un petit rio (asséché en cette saison). En creusant j’ai quand même pu faire apparaitre de l’eau. La journée s’est passée sans problèmes. Me reposant très souvent. Je passe mon temps à regarder par terre. Je fais très attention. En fin d’après midi, j’ai obliqué un peu au 320. Il faut que je me rapproche de la rivière. Même si il y a plus de risques. Je ne peux pas marcher directement au 360. Pas de pluie en cette saison. Je me suis posé vers 15h. Très en avance. En cherchant les deux arbres, j’ai aperçu une autre bande orange autour d’un arbre. Je ne suis pas tranquille. Encore en territoire ennemi. Un pavon est sorti de dessous un tronc d’arbre à 10 mètres de moi. Un oiseau mouche est passé autour du camp.

Une libellule très belle a tourné autour de moi. Quatre ailes avec à chaque extrémité un carré bleu et noir.

Au fur et à mesure que la nuit tombe, je ne suis pas rassuré. Je préférerais avoir un feu. Je compte sur mon odeur qui commence à devenir forte pour éloigner les grosses bêtes. Si le vent est avec moi. Je suis près du rio et il est normal qu’il y ait plus de vie. Pas encore vu de serpents. Que cela dure. Sinon, le moral est bon. Il est 17h32 il fait presque nuit. J’éteins et me prépare pour la nuit.


Le dimanche 7/01  16h50


Décidément j’ai vraiment pas confiance en ce hamac. A poil dans mon semblant d’abri j’attends que la nuit tombe pour être tranquille au niveau des rencontres humaines. Hamac très mal installé, pourvu qu’il ne pleuve pas. Je suis sur une pente assez raide, les pieds vers le bas de la pente. Tout en bas j’entends la rivière qui gronde. Je suis tout prêt. La nuit dernière mes rêves plus qu’érotiques sont revenus. Syndrome de la forêt tropicale. (J'ai remarqué, chez moi, je ne sais pas si ça le fait à tout le monde, que je rêve beaucoup dans la forêt et que c'est souvent très imaginatif dans la pornographie. Le manque conjugué au retour à la nature ?  ;D )
Réveillé plusieurs fois dans la nuit. Ce matin il faisait 14° dehors et 28 dans le sac. Il est 17h et je viens de diner : deux berlingots lait concentré vanille et deux bonbons menthe. Pas fier de moi pour cette journée. Le moral est bon. Réveillé à 5h30 j’ai glandé jusqu’à 7h. Parti à 9h30. Trop long. On verra demain. 15 minutes après le départ je suis tombé sur un petit ruisseau. Je repars vers le nord. Je dois dire que depuis vendredi midi, j’ai très (trop) peu avancé. Je dois rester proche du rio (pour la source d'eau) en faisant très attention à ne pas me faire repérer. Du moins pas par les gardes. Retrouvé des bandes oranges. A un moment je suis tombé sur une piste qui était très piétinée. Un sentier de promenade longeant le rio. Je l’ai emprunté sur 20m en regardant l’état de la végétation écrasée. Trop frais. J’ai coupé en escaladant la colline. Très dur. J’ai posé les sacs puis ai bu accroupi en écoutant la forêt. A peine 10 min plus tard, j’ai entendu une branche craquer. Et j’ai vu un touriste en short et tee-shirt qui venait en sens opposé sur la piste. Je me suis immobilisé, le boonie enfoncé sur la tête. Il était seul mais cela aurait été très stressant et il m’aurait surement signalé avec mon look de guérillero paramilitaire. Je devais être à 30 mètres de lui. J’ai bien fait. Pour éviter que cela recommence j’ai escaladé la montagne en ligne droite. Un boulot de dingue. Je me suis dit que, à deux, nous ne l’aurions jamais fait. En fin de ma journée de marche (je m’arrête vers 15h-15h30 pour chercher un lieu de campement) vers 14h, je repère une autre surprise. Je me planque derrière un gros arbre et pose les sacs. A 60 mètres plus haut il y a ce qui ressemble à une cabane d’observation en bois beige, bien propre. Décidément. Bientôt je vais croiser une colonie de vacance ! m*rde, c’est sur mon chemin et il va falloir que je fasse un grand détour. Je m’approche le plus discrètement possible. Fausse alerte, ce n’est qu’un arbre tombé horizontalement. Je redescends chercher les sacs. Je remonte et j’installe mon camp pour la nuit au pied de cette « cabane ». La transpiration s’étant évaporée je vais commencer à m’installer pour la nuit. Toujours le souci de l’eau. Je ne mange que le matin. Je garde l’eau pour la progression. Coincé entre les deux sacs, je transpire beaucoup. J’ai toujours soif. Il faut que je disparaisse dans une zone vraiment sauvage rapidement. Que je puisse me laver. Et faire du feu. Dodo 17h23.

« Modifié: 08 décembre 2014 à 01:17:22 par guarocaliente »
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20 octobre 2010 à 19:14:08
Réponse #8

guarocaliente


Lundi 8 janvier 16h28


Nuit chaude mais tête trop haute. Je n’ai pas entendu les réveils de 5h30 et 5h45. Réveillé à 6h15. Comme je n’avais plus beaucoup d’eau, je n’ai pas déjeuné. (La digestion consomme beaucoup d'eau pris sur l'organisme. On peut tenir quelques semaines sans manger mais très peu de jours sans boire. Quand on a soif, l'organisme est déjà déshydraté. A moins que la nourriture contienne beaucoup d'eau, la règle est de ne pas manger quand on manque d'eau. Et fermer la bouche pour respirer par le nez.) Je suis parti à 8h15. L’escalade reprend. L’eau manque, je me rationne. Je suis crevé et je n’avance pas. A ce rythme il me faudra deux semaines pour être en haut de la montagne. Je ne peux pas trop m’éloigner du rio. Je suis tombé sur un petit ruisseau.



Je repars vers 12h30. Une demi-heure après j’abandonne. Je n’ai pas mangé depuis hier matin, j’ai soif, les épaules et les pieds me font mal. Ca suffit pour aujourd’hui. Je retourne au ruisseau faire une provision d’eau et laver la gamelle. Ensuite spag bolo, soupe cresson, infusion bien sucrée. Il y a 30 minutes, un singe faisait pas mal de bordel avec les branches.



Il était très près de moi et très bas dans l’arbre. Je lui ai parlé en singe hurleur et il m’a répondu en capucin. Face rouge, poil noir, collerette blanche. Le hamac est pas mal installé mais le toit est trop haut, si il pleut ça va être pénible. Ça ira mieux au camp définitif. Maintenant que j’ai mangé et suis à l’abri des moustiques le moral remonte. Je m’interdis de trop penser à ce qui ou a ceux qui me manquent. Je pense à mon fils avec tendresse, me disant qu’à cette heure il doit dormir. Pour les distractions, le cerveau marche tout seul. La nuit il s’évade et moi, le soir je me repasse des scènes de films marrants. Hier c’était la grande vadrouille ! Seul dans mon nid suspendu, loin de tout, je mime de Funès. « If aille go too ze turkich baffe.. ». Toutes sortes de cris d’animaux. Il y en a un qui est le même que le sifflement qu’on utilise pour appeler son chien. Stressant au début.. Souvent les petits oiseaux se posent à 3 ou 4 mètres de moi. J’ai vu deux fois un oiseau mouche butiner. Beaucoup d’araignées. Demain j’essaie d’arrêter l’escalade. Je suis la crête au même niveau vers le nord. Ce sera plus risqué mais moins fatigant. Les touristes en short qui suivent le rio les mains dans les poches ne dorment pas dans la forêt. Il y a bien un moment où ils doivent faire demi-tour. Ensuite je colle le rio et je grimpe. Cela sera dur mais je pourrais manger deux fois par jour sans craindre la panne sèche. Que les humains me foutent la paix et ça ira bien.

(Écriture difforme sur mon cahier, comme formée avec la main gauche. J’ai écris dans le noir de mon sac de couchage, sans allumer, au jugé. Terrorisé) :

Il est 20h Depuis 45 minutes, il se passe des choses bizarres au dessus de moi en haut de la crête. Des lampes très fortes éclairent autour d’elles. Je distingue des bruits étouffés de moteur. On dirait des bulldozers en pleine nuit. Je ne crois pas aux OVNI. Je n’entends pas d’arbres tomber. Si cela se rapproche je serais peut être obligé de partir. Je ne suis pas très rassuré. Pourquoi faire des travaux la nuit ? Je croyais que rien n’était permis de construire dans le parc. Très bizarre. Je me dis que je suis sur une pente trop forte pour des machines. Quand même. J’espère ne pas être le témoin gênant de quelque chose de pas net. Les singes non plus ne sont pas rassurés.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 02:21:49 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

20 octobre 2010 à 19:17:45
Réponse #9

guarocaliente


Mardi 9 janvier 17h37


Hier j’ai vraiment eu peur. Je me serais cru dans un épisode de « X files ». A moitié endormi, j’ai vu une étoile briller en haut de la crête très au dessus de moi. Je l’ai regardé et je l’ai vu grandir. Puis il y en avait plusieurs qui m’éclairaient très fortement du haut. J’ai pensé à tout. A une opération de recherche pour moi. Les petits hommes verts m’ont laissés tranquille mais je défie quiconque dans la même situation de rester calme. Finalement, voyant que cela avait l’air de rester en haut et me disant que la pente était trop forte pour des machines, je me suis enfermé dans mon sac.
Ce matin j’ai cru encore distinguer le bruit. Et au moment où j’écris ces mots, je le distingue encore. On verra cette nuit mais j’ai quand même pas mal bougé aujourd’hui.
Ce matin pâtes au déjeuné puis en route. Suis tombé sur un autre ruisseau. J’ai mis deux litres de plus dans le jerrycan.(le mien est similaire mais contient 12l) Je repars. J’avance vers le nord en suivant la courbe de niveau. Je retombe sur une piste humaine. m*rde. Ça fait deux jours que je n’avais pas vu ces bandes oranges. Il y a écrit l’année dessus. Vieux de 3 ans. Bon. Je l’emprunte sur 30 mètres puis je gagne les hauteurs. Je me cache derrière un gros arbre surplombant la piste. Je fais le point avec les GPS.




Je n’avance pas. Je me crève à passer dans des endroits vierges. Je n’utilise pas la machette puisque cela fait trop de bruits et me fatiguerais encore plus. Je coupe en grimpant plus haut. Je retombe sur une piste bien piétinée. Elle va dans la bonne direction. Je l’emprunte. Les toiles d’araignées sont intactes et les coupures sur les plantes sont très sèches. Bon. J’avance en faisant le moins de bruits possible. Je me dis qu’il n’y a pas 10 000 touristes qui se tapent des sentiers en jungle. ("Jungle", ça fait "staïlle"  ;D . Il y a plusieurs sortes de forêts tropicales. A l'altitude où je suis c'est plutôt une "forêt de nuage". Bien qu'en cette saison l'humidité est beaucoup moins présente.) J’avance assez rapidement. Et lorsque j’entends le rio gronder tout près, je sors du sentier. Petite clairière. Tronc énorme abattu au soleil. J’enlève ma veste trempée, la mets à sécher. Je fais le point. J’ai beaucoup progressé. Cool. Je reste bien 45 minutes à glandouiller au soleil. Je suis peu à peu attaqué par des dizaines de mouches. Je comprends ce qui les excite. En me cachant derrière le gros arbre, j’ai du frotter ma veste à des champignons. Je pue le roquefort. Les mouches adorent. Je repars et arrive vers 14h sur un plateau dominant la rivière. Je pose les sacs et me dirige vers le rio à la boussole. C’est aussi beau que le rio de l’année dernière.


 
L’eau descend en faisant énormément de bruit. De gros tourbillons apparaissent après des rochers bien polis. De chaque coté se forment des petites plages de sables clairs. En surface, des milliers de petites paillettes dorées brillent au soleil (je crois que j’entends le bruit des machines. A quelle distance ?). J’ai très envie de me baigner. Je réussi à passer de l’autre coté. Encore une piste qui suit la rivière. Elle a l’air beaucoup plus ancienne. Je retrouve mes sacs et installe mon hamac. Demain matin je passerai de l’autre coté et suivrait le rio jusqu’en haut. Les promeneurs ne dorment pas dans la forêt. La piste s’arrêtera bien quelque part. Un peu de chance.

Il est 19h et les travaux reprennent à coté. Les phares ont éclairés au dessus de moi vers l’ouest. La nuit va être dure. J’espère ne pas disparaître écrasé par le chantier de construction d’une route dans la forêt. Ça peut passer loin, proche ou dessus. Cela serait vraiment con que la civilisation me rattrape ici.

« Modifié: 08 décembre 2014 à 01:31:18 par guarocaliente »
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20 octobre 2010 à 19:28:18
Réponse #10

guarocaliente


Sympa :).

Tu peux nous en dires plus sur ton expédition (pourquoi, comment) stp ? Le flingue devait te servir à chasser et en auto-protection si j'ai bien compris ?

a+

A me relire, j'ai vu que tu avais raison, c'est pas très clair sorti du contexte. J'édite le premier post.

Oui l'arme sert à chasser et à se protéger contre tous type de mauvaise rencontre  ;D . Enfin, c'est plus un réconfort psychologique, la dernière chance. Pas eu besoin pour me défendre mais ça m'a manqué pour chasser.
« Modifié: 22 octobre 2010 à 14:49:53 par guarocaliente »
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22 octobre 2010 à 18:47:13
Réponse #11

guarocaliente


Mercredi 10 janvier 17h09


Il y a un singe qui fout le bordel au dessus de moi.
 
Ce n’est pas un hurleur. La nuit dernière a été assez froide. Celle qui s’annonce le sera encore plus puisque je suis presque à 2000 mètres. Plus haut que Courchevel ! Hamac super mal installé. J’ai plus le temps. (J’ai du manquer de temps avant l’arrivé de la nuit)

Vivement que ce crapahutage s’arrête. Je suis pressé de passer à la phase principale (Je veux dire arriver en haut de la montagne, installer un campement "en dur" avant de passer mes journée sans le sac sur le dos à rayonner autour.) Sinon cela aura été une bonne journée. Le chantier est assez loin. Je l’entends bien mais il est sur la colline d’en face. Plus de stress. J’ai beaucoup avancé aujourd’hui. Ce matin j’ai traversé le Finca vers 9h30. Pieds nus avec de l’eau jusqu’aux genoux.
J’ai hâte de pouvoir enfin me laver, me baigner. Même si elle ne fait que 16°. De ce coté du rio je n’ai pas vu de sentier.
Mais les bords du rio étaient assez encombrés de végétations.



Rio Finca

J’ai recommencé à grimper. J’ai suivi la ligne de crête assez facilement. Après avoir fait le point, je repars. Je tombe sur ce qui me parait être une ancienne pica (un sentier tracé à la machette) ou plus probablement la piste utilisée pas des cochons ou tapirs  pour descendre vers le fleuve. Vers 14h45 j’arrive devant un parterre de jeunes bambous. Crevé, je décide de les affronter demain matin. (Bambous de un mètre de haut très dense, je ne vois pas le sol, donc je dois être parano et y aller doucement avec un bâton pour faire fuir les éventuels serpents. 17 espèces mortelles dans le coin) . J’ai diné d’une « estouffade » Brandade de poisson. Ça porte bien son nom. Et moi qui n’ai presque plus d’eau. Je sens que la nuit va être pénible.

Jeudi 11 janvier  7h22


15° 1930 m. Nuit correcte réveillé à 3h30 il faisait 11°. Dans le sac de couchage ce matin, 26°. Ciel bleu sans nuage. J’ai entendu, et entends encore les travaux au loin. J’ai du mal à quitter la chaleur du sac. Les singes mangent en haut des arbres au dessus de moi. Ils me bombardent avec des petites branches et des feuilles. Pas encore entendu de hurleur proche. Je me lève.


Vendredi 12 janvier 16h55


D’abord, hier rien de spécial. Ce matin levé assez tard. Je suis un peu descendu essayer de voir où sont les machines (les engins de chantiers, du moins c’est mon idée à ce moment).
Pas vu. Par contre alors que je me tenais debout, silencieux sur un gros tronc d’arbre abattu, (pour observer la crête en face) j’ai entendu un animal approcher.

By chance j’avais mon appareil photo à la main, prêt à prendre un singe. J’ai laissé l’animal approcher le plus près possible.

(Dès qu’il est passé devant moi, j’étais perché au dessus de lui c'est pour ça que j’ai pu le surprendre, je lui ai dis « Hé ». Il s’est figé et m’a regardé pendant 1 ou 2 secondes avant de reprendre sa route tranquillement)
J’ai déclenché à deux ou trois mètres. J’espère que l’on verra la bête sur la photo (Et non.. On distingue juste le corps et une patte, la zone noire cachée derrière du feuillage au centre) 

Je n’ai pas de nom précis à mettre dessus, (Maintenant, si :"Eira barbara") mais il me semble que c’est le même animal que j’ai vu en couple l'année dernière. (Non. En fait c'était un couple de Jaguarondi noir qui est passé en courant, plus affolés que moi, à quelques mètres.) . Sinon, rien de spécial. J’avance toujours péniblement vers le haut des montagnes. Déjà une semaine que je suis parti. J’avance comme une tortue mais je fournis des efforts insensés. Heureusement que j’avais prévu 7 semaines. (Au total, dont 6 en forêt). Juste que je n’ai pas d’alcool à bruler pour 10 autres jours. Enfin, pour l’instant tout va bien.

« Modifié: 08 décembre 2014 à 02:33:32 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

23 octobre 2010 à 18:56:29
Réponse #12

guarocaliente


Dimanche 14 janvier 17h19  2100 mètres

Cet après midi en haut d’une colline j’ai eu une vue superbe sur le Cerro Alto (Le haut de la montagne) entre les arbres.



Cerro Alto

Et là, à flanc de colline dans mon hamac j’ai un superbe coucher de soleil. Depuis hier la végétation change avec l’altitude.
Le plus marquant ce sont de grandes étendues de bambous. Assez fins, environ 2 mètres. J’avance plus vite que dans le fatras de lianes et branchages habituel.

Demain je serais près d’un rio qui se trouve un peu plus au nord-ouest d’ici. A moins d’un kilomètre. (Ça peut me prendre une journée de marche pour un seul km). Ensuite je le remonte et passe en mode recherche. Tiens ! à un mètre 50 de moi j’avais remarqué un petit nid en haut d’un petit arbre qui se trouve au même niveau que moi. Je le croyais abandonné ! Et bien à l’instant un oiseau mouche à percuté la moustiquaire. Ensuite il est allé se poser dans le nid. Demain matin je pense pouvoir le photographier. La nuit tombe et le rayon de ma lampe ne semble pas le déranger.


Lundi 15 janvier 16h46


Ce matin il n’était plus au nid.

Nuit d’épouvante. J’ai été traqué toute la nuit. Du moins c’est vraiment l’impression que j’ai eu.

Ils y avaient des lumières qui quadrillaient la forêt. Je n’étais pas rassuré. A un moment dans les bambous à quelques mètres de moi j’ai entendu une grosse bête (tapir, cochon ou cervidé ?) qui bougeait dans tous les sens. Visiblement perturbé. Je ne sais pas ce qui se passe autour de moi. Les moteurs tournent tout le temps. Et dès que la nuit tombe il y a comme des groupes de recherche qui patrouillent la forêt. Cette nuit je me suis vraiment senti traqué. Je suis même sorti du hamac pour m’habiller. Et puis ça s’est calmé. (Plutôt moi. paranoïa ? hallucinations du à la sous alimentation, la déshydratation, l’altitude ? Je ne sais pas.) Alors cet après midi je me suis installé assez tôt. J’étais crevé de ma nuit presque blanche. De plus je n’ai pu manger faute d’eau. 2250 mètres. De plus en plus de cris d’animaux inconnus. Cette nuit je n’ai vraiment pas osé éclairer l’animal près de moi. Cette nuit devrait être plus calme. Mon hamac est plutôt bien camouflé dans les bambous. (Invisible à plus de 5 mètres ! Alors que j’étais à des kilomètres de toute zone habité ! Plus de logique.. ) Hier je me suis dit que le chauffeur de taxi était peut être revenu et avait donné l’alerte. Un touriste perdu dans la jungle. (C’est arrivé plusieurs fois dans le coin. Jamais plus entendu parler d’eux.) Par l’hôtel où il m’a pris il est facile de retrouver mon nom. J’espère que ce n’est pas le cas…
Et que la vie continue bien tranquillement pour tout le monde en France. (Peur que ma famille soit affolée).
J’en ai vraiment raz le bol de marcher. Et d’être crade. J’attire les mouches. Au lit et je suis (un peu) pressé de voir si le même cirque qu’hier recommence.


Jeudi 18 janvier 18h07  2340m



Je me souviens que le même cirque a recommencé. Mais c’est loin déjà. Hier, mercredi 17 j’ai commencé la journée sans eau. Ça été vite pénible et je marchais vers le nord-ouest pressé de rencontrer mon rio. Évidemment je n’avais rien mangé. Donc croulant sous ma maison verte, je dévale des collines en pente raide m’accrochant sans arrêt à cette verdure qui me retient. En bas, je regrimpe très péniblement m’aidant de ma lance. (J’ai taillé une branche verte très droite en pointe et je m’en sers comme bâton de marche, testeur de zone possible à serpent caché, etc. Il est plus long que moi pour ne pas risquer de me blesser avec la pointe si je trébuche dessus). En fin de matinée je suis arrivé au pied d’un arbre. Une bande de singe hurleur est assez bas dans les branches. Je sors mon appareil photo pensant que dès qu’ils me verraient, ils disparaitraient très haut. Je fais une première photo avec mon petit compact. L’alerte est donnée. Mais contrairement à mes attentes, les dominants du groupe descendent dans l’arbre. Ils se rapprochent jusqu’à être à moins de 10 mètres de moi. Ils secouent frénétiquement les branches pour me bombarder. Ce qui me permet de faire pas mal de photos. (Dommage, pas de zoom...).





Ils ont de la chance que je ne sois pas armé. Même avec un arc ça aurait été très facile. Donc, je reste à les faire crier en faisant semblant de grimper au tronc de l’arbre pendant une bonne demi-heure puis je reprends les montagnes russes. Je me rapproche, j’entends le grondement du rio. Je dévale une colline, je trouve un petit ruisseau. Je pose mes sacs et vais laver ma gamelle (en alu avec couvercle et hanse) et remplir à moitié mon jerrycan. Je suis complètement déshydraté. Mais je ne peux pas boire. Il faut attendre deux heures que mon décontaminant fasse de l’effet. Toute cette eau. Je laisse le jerrycan et suis le ruisseau en direction du rio tout proche. Un gros torrent de montagne. Superbe.



J’ai vraiment envie de me baigner. Je prends la température de l’eau. 11°. Aïe. Je reste là une demi-heure à observer les oiseaux mouche et toute cette eau tourbillonner. Demi-tour aux sacs. Je reprends mon ruisseau. Je récupère la gamelle et le jerrycan et je regrimpe vers les sacs. J’arrive à l’arbre. Rien. Les sacs ne sont plus là ! Je m’agite, je vérifie. Je suis certain qu’ils étaient ici. Je me suis fait piquer toutes mes affaires ! Affolé j’escalade la pente à la recherche de traces. Vu le poids de mes affaires, ils ne peuvent être loin. A mi-pente, derrière un arbre, je tombe sur mes sacs. Bon. Je m’installe pour la nuit après m’être gavé d’eau, de pâtes. La nuit dernière a été glaciale. Le GPS indiquait 8° ce matin. J’ai été réveillé plusieurs fois par le froid. Ce matin, je suis resté jusqu’à 7h30 au chaud. Puis j’ai refais une orgie de bouffe et d’eau. Plus de problème d’eau (je vais suivre le rio vers l’amont), je peux manger deux fois par jour maintenant.



(Attaché au ceinturon j'ai la pharmacie dans une boite hermétique en plastique transportée dans le sac destiné au masque à gaz Anglais.) Oui j'ai eu un prix pour tout ce matos British  ;D
« Modifié: 08 décembre 2014 à 02:39:38 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

23 octobre 2010 à 19:29:58
Réponse #13

Loriot


Terrible,'mais comment expliquent tu le Coup des sacs déplacé? Ilusion de la boite automatique? Animaux? Humains? Aucune idée?
Quand tu te déleste, tu gardes un minimum sur toi? Lequelle?

On dirait du ramuz moderne... (comprenne qui pourra)
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

23 octobre 2010 à 20:23:11
Réponse #14

guarocaliente


Terrible,'mais comment expliquent tu le Coup des sacs déplacé? Ilusion de la boite automatique? Animaux? Humains? Aucune idée?
Quand tu te déleste, tu gardes un minimum sur toi? Lequelle?

On dirait du ramuz moderne... (comprenne qui pourra)

Je l'explique par le fait que tous les arbres se ressemblent..  ;D

Je veux dire que mes sacs n'ont jamais bougé.  ;)

Quand je me déleste ?

ça dépend pour combien de temps et de la distance des sacs.

Pendant cette expé j'avais toujours un wave (ancien modèle) à la ceinture du pantalon dans un étui en nylon.
 
La machette dans un étui accrochée au ceinturon avec l'appareil photo.

L'instrument le plus indispensable, à mon avis, avec le hamac et la gamelle...

En plus pour une journée de vadrouille : mes GPS, cartes, boussole, gourde, papiers indispensables (fric, passeport, billet avion) pharmacie, Kit survie, quart, hamac filet de secours et moustiquaire pour le boonie.

En plus des fringues, je porte souvent des gants.

J'oublie peut être un truc  :huh:



« Modifié: 08 décembre 2014 à 01:50:17 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

24 octobre 2010 à 12:46:40
Réponse #15

maritho


Trés bon récit. merci de passer du temps à nous le faire partager  :love:

24 octobre 2010 à 14:13:47
Réponse #16

Neibaf


 :up: :doubleup: :up:

Génial !!!!

Et merci de nous donner les explications de certains points via les liens hypertextes. Ça doit demander un boulot vachement conséquent donc merci.  :love:

A +

Fab
"Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse"

24 octobre 2010 à 16:45:57
Réponse #17

guarocaliente



Et merci de nous donner les explications de certains points via les liens hypertextes. Ça doit demander un boulot vachement conséquent donc merci.  :love:

A +

Fab

 ;)

Un peu de boulot, oui  :)  .

Mais ça fait quelques années que je voulais mettre ça au propre.

C'est la bonne occas. Comme j'ai écris très petit, serré pour économiser la place et couché sur le dos dans mon hamac, le texte original n'est pas
évident à déchiffrer. J'ai eu du mal à me relire. J'ai du fouiller dans des sacs pour retrouver les photos de cette balade.

Et comme j'avais écrit pour moi, je me suis rendu compte en recopiant ce cahier, que beaucoup de passages ne seraient pas compréhensibles sans explications. Certains termes non plus. Bref. Je m'y recolle dès que j'ai un peu de temps.

C'est sans doute pénible de lire un récit en pointillé mais ça prend du temps et j'ai pas que ça à foutre  ;D
Ici et Maintenant.

24 octobre 2010 à 20:04:58
Réponse #18

FrancisZebra


Ne t'inquiète pas pour nous, sa fait un peu comme une série ;)
En tout cas je te remercie pour le travail que tu fait pour nous faire lire ceci.
Et je salut l'homme pour avoir eu le courage de se lancer dans se genre d'aventure.
Merci a toi.

24 octobre 2010 à 21:29:21
Réponse #19

Elektro


Bah,juste merci parce que c'est "super bon" de te lire  :love:

25 octobre 2010 à 07:24:17
Réponse #20

Clemstout


Passionnant! Merci à toi de te donner autant de mal à nous le faire partager, je continuerai à lire avec assiduité!  :up:

Clemstout
Développe en toi l'indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie.--Marc-Aurèle--

26 octobre 2010 à 20:15:02
Réponse #21

JeD


Merci a toi Guarocaliente de nous faire partager ta vie d'hommes des bois !
C'est vraiment captivant !
- "C'est parce qu'on imagine simultanément tous les pas qu'on devra faire qu'on se décourage, alors qu'il s'agit de les aligner un à un." - Marcel Jouhandeau.

26 octobre 2010 à 20:45:33
Réponse #22

guarocaliente


Jeudi 18 janvier

Suite …. Je repars vers 9 heures. En direction du rio. Ensuite je le longe en remontant vers le nord sur la rive gauche. C’est le coté à l’ombre, pas beaucoup de terre entre les rochers et l’eau. Je pose les sacs et trouve un endroit pour traverser. L’autre coté est plus vivable. J’escalade la colline qui le surplombe. Couverte de bambous. Je redescends aux sacs. Je retraverse rive droite. Je suis une pica bien nette. J’arrive vers 15h30 sur un terrain assez grand sous l’ombre des palmiers. Terrain assez plat tout près de la rivière. Très peu d’arbres. En m’approchant  je dérange des poules (ou pavon ?). Je pose les sacs. Toute la zone est piétinée par les animaux. L’endroit n’est pas seulement idéal à vivre pour les hommes. J’escalade la colline au dessus. J’explore les environs. Je trouve un surplomb avec vue sur le rio. Au pied du plus haut sommet. Site idéal pour construire en dur et m’installer durablement. 16h10, je décide de redescendre. Je dévale la pente. Et je suis perdu. m*rde cela fait trois fois que ça arrive. A chaque fois je me dis qu’il ne faudrait plus que ça recommence. Tu parles. Bon, j’essaie de m’orienter. Je redescends le rio. Rien. Je tourne dans tous les sens. Le soleil descend. Il est 16h45. Dans trois quarts d’heure il fait nuit noire. Je m’agite de plus en plus. Je fais demi-tour. m*rde. Cela va être une nuit très désagréable si je ne retrouve pas mes sacs. A 17h je redescends dans une petite clairière, presque en courant. Mes sacs ! Je crois que j’ai crié de joie. Je les enfile. Plus le temps de grimper la pente. Je m’écarte quand même de cette zone à cochons. J’installe rapidement mon hamac à flanc de colline. A une dizaine de mètres. Quelques biscuits, un peu d’eau. Pas le temps de diner. A 17h30 la nuit tombe et je suis dans mon nid. (Je me débrouille pour finir de diner et être à l’abri avant la nuit. Parce que le feu et ma lampe attirent des nuées d’insectes de toutes sortes et que je n’aime pas le papillon de nuit en assaisonnement dans mes pâtes.) Voilà où j’en suis. Les piles, les gps et l’appareil photo dorment dans mon sac de couchage. Le froid vide les piles.
« Modifié: 26 octobre 2010 à 22:21:02 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

26 octobre 2010 à 20:52:00
Réponse #23

guarocaliente


Vendredi 19 janvier 17h30


Nuit correcte, 11° à 6h. Je déjeune et ensuite je laisse le jerrycan vide et le Daypack  au pied de la colline et l’escalade avec mon sac à dos. Je redescends récupérer et faire le plein d’eau. Encore perdu. Quelques dizaines de minutes après je les retrouve, je longe le rio et remplis mes réserves. Je regrimpe la colline. Au bout de quelques mètres je sais que je ne vais pas m’installer en haut. Impossible de me taper l’escalade avec toute la flotte régulièrement. La pente est très rude et très glissante. Un calvaire avec le sac sur le dos mais je peux au moins me servir de mes mains…  Je laisse tout et remonte récupérer le Bergen. Nuages tombent et le déluge commence. La première pluie depuis que je suis en forêt. Je commençais à penser qu’il ne pleuvait jamais en saison sèche et tous les jours en saison humide ! Je redescends à l’abri de mon poncho .  Je suis inquiet pour l’état du petit sac qui doit être trempé. Même si les poches sont doublées à l’intérieur par des sacs poubelles. Je me perds un peu. J’allume le gps de secours (l’autre est fixé sur le petit sac). Il me donne une position à 1000 km ! m*rde, apparemment il n’aime pas l’eau. Il est pourtant étanche. Je fais sans et retrouve le sac vers 16h30. Je m’installe rapidement entre deux arbres. Je grignote quelques biscuits et avale 2 bouchons de rhum. La bouffe à l’air d’être sèche. Bon. Manque de chance, le jour où j’arrête de crapahuter la pluie tombe. D’un autre coté j’ai eu beaucoup de chance de marcher au sec. Mais ça décide de la suite de cette promenade. J’ai décidé de m’installer ici. Demain je battis. Je ne veux plus ployer sous mes sacs. Un peu de confort. Donc demain matin, installation.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 01:54:01 par guarocaliente »
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26 octobre 2010 à 22:11:25
Réponse #24

guarocaliente


Samedi 20 janvier 17h56


J’ai construit toute la journée. Réveil à 6 heures. Déjeuner puis au boulot. Je suis assez content. J’ai rehaussé le hamac à deux mètres du sol. (Pour être plus loin de l’humidité du sol et des troupeaux de pécaris. Ils vous bouffent un homme sans problème. Surtout à une trentaine.)



Au dessus du hamac j’ai accroché un rondin entre les arbres. Dessous aussi. Celui du dessous me sert à accrocher mes sacs et à grimper dans mon abri. A partir de celui du dessus partent cinq arbres jusqu’au sol. En travers j’ai accroché des gros bambous. J’ai recouvert le tout de grandes branches de palmier. Par-dessus j’ai disposé la grande bâche de plastique transparente de 5m X 4m.



Et pour qu’elle ne s’envole pas, j’ai fixé des bambous en travers. Cela m’a pris la journée, 7 heures de boulot. J’ai une ampoule à la main. Demain matin il faudra que je trouve du bois sec, que je finisse d’installer les affaires dans le camp, et que je fabrique de quoi m’asseoir. Il faudra que j’améliore progressivement le confort de mes 20 m carrés.

Enlever tous les débris végétaux qui recouvrent la terre, creuser des canalisations pour évacuer l’eau en cas de grosses pluies, faire un feu correct, etc. Aujourd’hui, pluie légère par intermittence, rien de sévère.


« Modifié: 08 décembre 2014 à 02:46:10 par guarocaliente »
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