Salut,
Petit retour sur une nuit dans les bois cette semaine effectuée avec un petit scénario: « journée champignon qui tourne mal ».
« Vous partez aux champignons, manque de bol vous vous êtes perdus et vous devez passer la nuit là où vous êtes en attendant les secours ou le jour pour pouvoir trouver une route sans risquer de vous blesser dans le noir (vous n'avez évidemment pas pris votre portable et avez averti vaguement votre entourage).
Par chance vous aviez prévu de faire un feu le midi, vous avez donc de quoi faire cuire vos aliments ainsi qu'une gourde, vous êtes un minimum prévoyant et avez pensé à prendre un poncho, une polaire au fond du sac et un collant car vous êtes frileux ».
Scénario qui sous entend donc pas de sac de couchage, ni affaire de camp, ni tapis de sol etc.
J'aurais voulu peaufiner un peu la sortie mais comme d'hab ça s'est fait à l'arrache en sortant de cours à 18h sans savoir où on n'allait...
Petite observation, la veille, d'une carte ign à la fnac pour connaître un peu le coin (vu que mes sorties habituelles se font le week-end dans une autre ville), repérage d'un bois assez grand à une dizaine de km.
Donc le lendemain soir direction la ville la plus proche de ce bois en voiture, mais il fait nuit, difficile de se repérer, et de repérer le bois, on tourne et finalement un bois au loin retient notre attention.
La voiture garée devant une maison, direction le bois. Petite marche à travers champs, le bois n'est pas clôturé et les frontales ne remarquent pas de panneaux « propriété privé ». Il à l'air assez vaste et vu l'heure nous ne faisons pas les difficiles.
Nous nous enfonçons dans le bois et trouvons un endroit assez dégagé, et plat qui plus est !
Des pluies épisodiques nous amènent à monter les ponchos en premier.
Nous dégageons ensuite l'espace dédié au feu en mettant les feuilles sous les ponchos pour maximiser l'isolation au sol.

Le camp en construction.
Les ponchos sont montés en lean-to avec la capuche tirée vers l'arrière pour agrandir l'espace habitable.
Ce montage a été dicté par le feu, pour en profiter tous les deux au maximum sans avoir à construire de réflecteur.
La foret étant assez dense, le vent n'a pas posé de problème et l'abri est donc assez ouvert.
J'avais pensé à cloisonner l'espace avec un treillis de branche et en fermant un peu plus les ponchos sur les côtés pour créer une «bulle » de chaleur et éviter le plus de courant d'air possible, mais la nuit, le manque de temps et sûrement un problème d'évacuation des fumées nous ont conduit à ne pas le faire.
(Sur un autre camp effectué également sans sac de couchage mais dans des conditions plus clémentes nous avions opté pour un petit réflecteur trouvé sur place et un couchage sous la même bâche, le résultat avait été trop bon et trop chaud...

)
Le camp étant bien défini, nous partons à la recherche de petits bois et d'écorces de boulot en premier car la pluie s'intensifie. Une fois nos trouvailles mis à l'abri sous les ponchos nous allons couper assez de bois pour tenir la nuit.
La cueillette de champignons ne justifie pas des instruments de coupe puissant et même l'utilisation de la scie pourrait être discutable mais nous utiliserons tout de même une scie chacun, la prochaine fois on prévoira d'avoir un peu plus de temps de jour pour s'en passer...
La foret est assez bien pourvu en bois mort sur pied ou récemment tombé.
Nous accumulons donc une bonne quantité de bois que nous entreposons au dessus de nos têtes pour couper un peu le vent et l'avoir facilement à porter de main (quantité qui s'avérera presque limite).

Une petite technique sûrement connue de beaucoup: les demi trait de coupe.

Sur un arbre mort plusieurs coupes sont effectuées (4 sur la photo) mais seulement à la moitié du tronc, le dernier trait est amené au ¾ et un coup le détache facilement. Le tronc est amené ainsi au camp et de simples coups portés avec le tronc en main sur un autre arbre au niveau des entailles le brise (ou poser sur une souche et grimper dessus...), la dépense d'énergie à la scie est moindre, la lame ne se coince pas, le transport est plus aisé et sûrement un petit gain de temps, mais comme tout, les techniques de coupe sont personnelles...
Préparation anarchique du feu sur un coin de veste (au passage, laissé trop longtemps l'écorce de boulot comme ça dans un milieu humide n'est pas génial car elle devient plus difficile à démarrer au firesteel)

Isolation du feu par un bois refendu et préparation d'un feu en casserole derrière

Quelques coups de firesteel plus tard

Stranger in the night...
Le feu a bien pris et la casserole trouve naturellement sa place parmi les flammes.

Décidément il fait vraiment trop chaud prêt du feu sous les ponchos nous allons donc observer tout ça d'un peu plus loin...

La soirée se finit tard, les shamallow étant trop nombreux...
Le feu est bien chargé avec une souche trouvée pas loin pour essayer de maximiser ce premier cycle de sommeil (photo trop bruité, pas pris le temps de baisser l'iso)

Nous avons vraiment chaud, trop chaud même, je décide de ne pas mettre le collant ni ma veste en laine, après un quart d'heure à regarder le feu couché, le léger vent qui passe à travers mon pantalon et le froid ressenti à ce niveau là me pousse à mettre le collant ainsi que la veste en prévision.
Nous avons donc tous les deux notre couche d'isolation de fond de sac en oreiller, polaire pour moi, pull en laine qui gratte trop de l'autre coté.
Mon collègue dort déjà et je décide de ne pas ré-alimenter le feu et de le laisser mourir pour voir si cette chaleur est dûe pour la plus grande partie à nos vêtement ou si le feu y contribue vraiment.
Premier cycle de sommeil de 2h, je suis le seul réveillé et commence à avoir froid: je redémarre le feu avec les braises restantes et me rendort pour 3h de sommeil.
5h45, la sensation de froid est cette fois vraiment intense et nous nous réveillons tous les deux pour raviver le feu.
1h30 de sommeil plus tard nous nous réveillons tranquillement le jour étant déjà bien levé.


moi même avec la réserve de bois qui a bien fondu.
Ça fait un peu clodo sans sac de couchage mais bon...
Et oui il y a un demi z-rest sous nous, en effet vu le temps qu'il nous restait et la nuit, nous n'avons pas eu le temps de constituer une « litière » efficace. On peut le justifier comme étant l'armature, le dos du sac à dos, mais il vrai que c'est un peu de la triche

Au niveau des vêtements, j'avais donc pour le haut une première couche en mérinos 150, une veste en laine et une vieille veste coton/laine foulé à l'intérieur en dernière couche, pour le bas un collant mérinos 150, un pantalon synthé/coton.
De l'autre coté, pour le haut: tee-shirt technique, polaire 200 et grosse veste tout coton, pour le bas: collant épais coton/laine et jean.
Nous avions en prévision de tester les journaux comme isolation supplémentaire mais le feu a suffit à nous tenir suffisamment chaud.
L'endroit du bivouac à notre départ:

Le feu ayant été, bien sur, préalablement noyé.
En terme de sécurité nous avions nos portables avec du réseau, des personnes prévenues de notre sortie et de l'endroit où nous étions (via le lieu dit où la voiture était garée), la couche d'isolant supplémentaire que nous n'avons pas utilisé, pas de synthétique en dernière couche près du feu et la voiture comme dernier repli en cas de problème majeur.
À vos critiques
