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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Le Queyras et le novice, juillet 2010 (avec des images).  (Lu 7042 fois)

01 juin 2011 à 00:25:19
Lu 7042 fois

taillefer


Je me décide aujourd’hui à vous faire part d’une sortie que j’ai effectuée en Juillet 2010. Presqu’un an, déjà. Pourquoi maintenant ? Eh bien disons que si je n’ai pas trouvé le temps jusque-là, et que je le trouve ce soir, c’est quelque part que je retrouve un peu l’état d’esprit qui m’y a mené. J'allais écrire pour moi, alors autant partager. J'espère que je garderai l'envie de raconter jusqu'au bout. Enfin, je peux aller plus vite aussi, c'est pas exactement un récit synthétique.  :D

Le moment

C’était ma première sortie en solitaire. Pas tout à fait improvisée, car j’ai une petite expérience de la montagne, mais assez inopinée. Vous verrez qu’elle est pleine d’erreurs grossières, voire d’irresponsabilité. Déjà, parce que plus qu’une promenade, c’était avant tout une retraite, décidée l’après-midi du 13 juillet, après un épisode relativement stressant. Aborder la nature comme anxiolytique altère un peu le jugement, forcément. En plus, je connaissais pas encore ce forum. Personne n’était disponible pour m’accompagner, et quelque part, ça me convenait aussi bien. Aussi, après avoir vérifié que la météo serait globalement favorable, j’ai bourré ma voiture de matériel. Je ne vais pas vous faire le coup de la liste, puisque je ne me le suis pas fait à moi-même. Habitué à partir en vadrouille que je suis. Déjà, une première erreur que je ne me pardonne pas : cela fait trois ans que je me dis qu’il faut je me munisse d’un sifflet. Je n’y ai pensé qu’au Supermarché où j’ai fait le plein de victuailles, qui en était dépourvu. Alors j’ai remis ça à plus tard.

Le lieu

Le Queyras, massif qui m’accueilli pour la première fois il y a maintenant 18 ans, où j’ai avalé mes premiers dénivelés importants. J’y étais allé les deux années précédentes, pour faire découvrir à un compagnon novice les joies de la montagne. Quelques orages essuyés en camping, mais que du bonheur. Mais cette fois-ci, alors que je prends la direction de l’A51, j’éprouve une certaine appréhension. Celle de l’inconnu, d’une vulnérabilité toute retrouvée. Je me dis que tout seul, ça va pas être la même. J’ignore alors ce que je vais trouver là-bas, et surtout, comment je vais me trouver là-bas. Alors j’y vais.

Soir.


J’arrive donc dans ce charmant patelin perché à 1600 m d’altitude qu’on appelle Ceillac en fin d’après-midi. Il fait plutôt beau, et surtout 15 degrés de moins que chez moi, ça repose. Resté longtemps relativement confidentiel avec ses 300 habitants fixes, le patelin a su conserver une certaine authenticité malgré les quelques milliers de touristes qu’il accueille chaque été, et les permis de construire qu’il délivre encore ça et là. Lorsque j’arrive là-bas, j’observe une sorte de rituel, celui de la recherche du souvenir. J’arpente le village, et m’imprègne du bruit des fontaines, et surtout des odeurs de foin coupé, qui elles, m’ont précédé et me survivront. Apaisé, je décide de passer la nuit au camping municipal. « Mon » coin, celui qui offre la protection des buissons et des mélèzes, est inoccupé. Je suis content. Après manger, j’arpenterai un champs d’herbes hautes avant de m’affaler au bord du torrent, pour me laisser hypnotiser par la fresque étoilée presque exempte de pollution lumineuse. Je suis vivant.

La direction du lendemain

« Modifié: 01 juin 2011 à 00:53:18 par taillefer »

01 juin 2011 à 00:49:56
Réponse #1

taillefer


Jour 1. Mais qu’est-ce que je fais là ?

Ah ouais, c’est pas con, comme question. Levé vers huit heures, j'ai une super patate. Mais tout pressé que j’étais de quitter la ville, je n’ai préparé aucun plan de bataille. Alors je fais le point : j’ai envie de marcher. Je suis seul. J’ai pas envie de rester au camping. Donc je veux bivouaquer. Sauf que je suis inexpérimenté et surtout, dans une forme physique à faire rigoler un canard unijambiste. J’ai pas de problème de santé à ma connaissance, je suis juste resté vissé sur une chaise de bureau toute l’année. Alors on va la jouer cool, viser des endroits qu’on connaît et pas loin. Le lac Miroir, 2200 mètres, parc à touristes pendant la journée, semble constituer un objectif correct. Décidé, je prends alors le temps de faire connaissance avec mes petits voisins.



Faire son sac.

Mon duvet synthétique décath’, je lui fais confiance. J’ai déjà pioncé à zéro degré avec. Un matelas autogonflant du même fabriquant. Ça pèse rien, et j’ai déjà caillé parce que j’en avais pas. Un jour et demi de bouffe, dont une salade de pâtes et des pommes, histoire de bien monter de l’eau (sic). Deux litres de flotte. 20 Centilitres de vin, dans une bouteille de bière de la veille. ‘Pis une bière, tant qu’on est à se charger (je me traiterai d’abruti dans pas longtemps). Suffisamment de café et mon porte filtres en plastique. J’aime bien me faire du café. Mais du coup, faut le réchaud. ‘Tain, le 40 litres rapetisse. Des fringues. Il fait une chaleur à crever aujourd’hui, et j’ai été surpris par la douceur de la nuit, mais ça veut rien dire. Mon vieux jean troué et cette poche de futal en lin que j’aime enfiler par-dessus le soir. Polaire, t-shirt de rechange, poncho… cool, j’ai apporté mon bonnet. Il reste juste assez de place dans les poches pour caser la pharmacie, les cartes, la toilette et du petit bordel dont je me sers jamais mais que je trimballe toujours, comme cette vieille boussole. Je ficelle le tout, ça a l’air un peu lourd.

Et là, j’ai l’air d’un con. Ma tente, c’est une trois secondes. Elle doit peser 2,5kg, mais surtout, c’est un énorme disque, va randonner avec ça ! J’entreprends alors de la fixer au sac comme je peux, en haut et en bas, avec les lanières. Test sac : le poids de la tente est supporté en haut, et avec la profondeur du paquetage, ça m’entraîne vers l’arrière. Bon, je vais pas loin, on a dit…

Il me faut juste du pain pour mon casse dalle, et je suis parti. Je préviens la tenancière du camping de ma destination, et j’arrive au marché du village, plein de denrées qui m’excitent les papilles, alors je me rue sur le seul distributeur. Il est vide et j’ai pas un sou en poche. P*tain, ça commence à sentir le départ de galérien ! Sans pain, la vie, ça craint. Alors j’attends. Mais ça peut durer des heures, donc je me souviens que je n’ai pas nettoyé ma voiture depuis des lustres. De retour au camping, je passe 20 minutes à soulever tous les sièges pour racler le moindre centime. Alleluia, je réunis 1,20€, que je m’empresse d’échanger à la boulangère morte de rire.

Avec ces conneries, il est plus de 13 heures lorsque j’arrive au parking, l’heure du cagnard. J’enfile mon sac. À peine ai-je fait quelques pas sur le plat, que les genoux m’informent que ce sac est vraiment lourd. Je ne les écoute pas et entame la montée. En temps normal, elle se fait en moins d’1h30. Alors j’en prévois deux. Effectivement, dès les premiers raidillons, je suis rappelé à ma piètre condition de fumeur sédentaire. J’essaie de retarder l’essoufflement, mais il me gagne irrémédiablement. Ouais, bon, ça fait toujours ça à la première ballade, le temps de se caler. Sauf que je me prends un gros coup de chaud, mon cœur s’emballe, la tête commence à tourner. J’ai intérêt à m’arrêter dès que je trouve de l’ombre.

Et il s'écroula sous le poids de sa non-condition physique[/i]

J’suis sidéré de la claque que je prends, juché au bord d’une ravine. Une fois mon souffle repris, c’est-à-dire au bout de dix minutes, je commence à me foutre de ma tronche et je rigole. Au passage, je rajoute 30 minutes de plus sur l'horaire. Je me remets en chemin, vu que je suis à moitié dans le sentier, que plein de monde descend et que du coup, j’oblige les enfants à se rapprocher du précipice (ce qui n’est pas très poli). Un quart d’heure plus tard, je m’arrête à nouveau, à l’endroit où j’avais prévu de faire une pause. J’y reste une bonne vingtaine de minutes, le temps de faire des photos et de casser une branche de mes lunettes de soleil.


La seconde moitié du chemin s’avère moins pénible. Je marche doucement et arrive au meilleur moment, celui où tout à coup la Font Sancte, point culminant du coin, s’impose à ta vue de promeneur du dimanche. Un faux plat m’amène à mon objectif, il est 15h30, pépère. Je pose mon sac. Aïe, me disent mes frêles épaules. Je mange un sandwich en devisant avec des touristes que je crois hollandais, leur expliquant que le lac miroir, faut en profiter : malgré de récents travaux pour préserver son niveau, il se transforme lentement mais sûrement en tourbière. Ils trouvent ça dommage. Je trouve que c’est le destin de bien des lacs de montagne.


Je goûte ensuite la joie de la ballade, par rapport à la randonnée à la journée : j’ai le temps. Ce lieu est mon jardin avec piscine jusqu’à demain. Alors je promène, je visite, j’écoute les alentours et je découvre tout un tas de curiosités, alors que j’ai dû déjà passer cinq où six fois par ici auparavant. J’entreprends de traverser le lac, dont la profondeur au centre n’excède pas 2 mètres, à la nage. C’est pas super sexy, ce fond boueux plein d’herbes, mais au moins, c’est pas froid… Je me laisse flotter, parmi les libellules en chasse. Puis je lis, impatient que les derniers humains s’en aillent, même si je me doute assez qu’au vu de la douceur de la météo, je serai pas tout seul ce soir. En effet, une troupe de Scouts unitaires débarque. Mais mon jardin est grand.



Après un épisode de chasse au marmoton, il est l’heure de planter la tente. Une absence de réflexion me pousse à vouloir rester au bord du lac. Apéro. Finalement, je regrette pas d’avoir monté ce côte du rhône, c’est tellement bon avec le fromage et la fatigue. Et enfin, je goûte la quiétude du soir tombant… quand j’entends des glapissements d’humain prépubère. Nan. Ils se font plus nombreux et plus fort. Ce sont alors pas moins de 25 enfants qui débarquent à l’autre côté du lac, déchirant le crépuscule, mon crépuscule. Instinctivement, je me dresse comme un suricate sur mon caillou.  Ils parlent tellement fort que je distingue les conversations… « Hey, on va dans les rochers là-bas ! ». Je suis sur ces rochers.

En face, le promontoire où je dormirai.

Finalement, écoutant les ordres d’un moniteur qui suit (de loin) le groupe de tête, ils passent leur chemin en direction du camp scout. Je me rapproche alors discrètement, dissimulé par une butte, pour en savoir plus sur leurs intentions. Les moniteurs engagent la conversation avec le chef scout. Ils sont trois, et amènent un wagon de 25 adolescents pour dormir à la belle étoile, mais vous inquiétez pas, on va plus loin. Moi, je suis soulagé de les voir s’éloigner, mais je reste inquiet pour eux. Et sidéré. Je me dis que la Montagne, c’est grand et pleins de trous. Que la météo n’est jamais acquise même s’il fait étonnamment chaud ce soir. Que trois jeunes adultes pour encadrer 25 gamins tout juste munis de duvets bon marché, c’est un peu léger. En tout cas, j’en prendrais pas la responsabilité. Je me dis aussi qu’on m’a jamais inculqué de débarquer dans un lieu comme ça en braillant comme un âne. Mais c’est mon côté vieux con.


Tiens, en parlant de con. Pendant ce temps là, la nuit tombe, et l’humidité monte. Je ris encore de moi, car j’aime bien ça. Et décide de dépiquer la tente pour migrer sur le promontoire d’en face. Je croise quelques crapauds sur le chemin, et m’installe. Y’a pas un pet de vent, et la vue est mortelle. Une petite roulée, quelques pages à la frontale. Le paysage éclairé à la lune me fascine. Et m’angoisse un peu, aussi, j’avoue. J’ai l’impression de voir des trucs qui bougent, et tout. Mais je trouve ça cool d’avoir peur du noir, c’est un sentiment que j’avais pas éprouvé depuis que j’étais enfant. Retiré dans ma tente, j’ai l’impression de sentir encore la montagne autour de moi, de l’entendre. Elle est partout, on est dedans. J’suis pas du genre mystique, mais c’est une super ambiance. Sommeil.


« Modifié: 01 juin 2011 à 11:27:36 par taillefer »

01 juin 2011 à 01:09:45
Réponse #2

Eremos



01 juin 2011 à 01:35:02
Réponse #3

onc roger


Ouuchaaa !

Belles photos et jolie prose !

Y a une suite ?  ;#

01 juin 2011 à 01:52:30
Réponse #4

taillefer


Euh, ouais. Y'a encore cinq ou six journées, si j'en ai le courage. ;D

Et merci.  ;)

01 juin 2011 à 07:20:05
Réponse #5

jseb


salut,
Magnifiques photos!!!
Je connais bien Ceillac et le lac Miroir.

J'attend la suite, avec les photos, avec impatience, car tu n'as pas commencé par la montée la plus facile.
Es-tu allé au lac Saint-Anne?

à+

01 juin 2011 à 09:41:18
Réponse #6

StormX


Tout simplement magnifique.

Ton récit m'a fait sourire plus d'une fois, cela me rappelait ma première fois  :)

Concernant les scouts, personnellement, je ne l'ai jamais été, cependant, j'ai la même image que toi, des zozos qui partent à l'aventure encadrer par des jeunes (parfois adultes) sans vraiment de formation et de matériel adéquat. Même si les scouts vous diront toujours que ce sont des expériences formidables, quant est il du de la gestion du risque ?

Ptite question technique autour de la photo, quel paramètre utilise tu pour le cliché en noir et blanc de l'eau dévalant la paroi ? J'ai toujours essayé de reproduire cet effet en baissant la vitesse d'obturation, mais du coup, la photo est toujours beaucoup trop lumineuse. Un conseil ?

J’espère que tu auras le courage de nous raconter la suite.  :)



« Modifié: 04 juin 2011 à 22:52:45 par StormX »
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

01 juin 2011 à 10:18:10
Réponse #7

Kilbith


Merci pour ce magnifique RETEX!


Même si les scouts vous diront toujours que ce sont des expériences formidables, quant est il du de la gestion du risque ?

Le risque est inhérent à toute activité, si on veut totalement l'éviter (?) il faut rester cloitrer chez soi et ne rien faire. Toute décision que l'on prend et devant permettre à nos enfants de s'autonomiser* implique de prendre des risques :

- lâcher la main de l'enfant pour qu'il marche.
- laisser l'enfant jouer seul dans le jardin.
- lui confier son premier opinel
- le laisser aller seul à l'école
- le laisser se servir dans le frigo
- lui confier les clefs
- lui confier un portable
- avoir un compte facebook
- le laisser aller en soirée
- passer le permis
- lui confier sa voiture...

A chaque fois un risque est présent. On peut chercher à maitriser cette exposition au risque par exemple en exposant progressivement à ces risques....MAIS, AMHA (il faut être humble en matière éducative), surtout en éduquant.


Pour en revenir aux Scouts :
Quand ton gamin part pour sa première nuit dehors à 8 ans, il y a un risque. Mais quand il en revient il a grandit. Quand il part en camp l'été, c'est l'aboutissement d'un processus éducatif ayant eu lieu toute l'année et bien souvent les années précédentes. Ce sont ces acquis immatériels qui font que l'expérience nouvelle possède un ratio risque/bénéfice intéressant.

Mais c'est à chaque parent d'assumer ses responsabilités.

 :)




* Evidemment on peut aussi surprotéger ses enfant mais ce n'est pas leur rendre service c'est juste les couvrir de chaînes, plus ou moins subtilement, afin qu'il restent dépendant des parents. Et puis un jour ils ont 18 ans, 21 ou 25 ans ou bien encore les parents disparaissent...et là ils sont nus.
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

01 juin 2011 à 11:05:58
Réponse #8

taillefer


Tout simplement magnifique.

Ton récit m'a fait sourire plus d'une fois, cela me rappelais ma première fois  :)

Concernant les scouts, personnellement, je ne l'ai jamais été, cependant, j'ai la même image que toi, des zozos qui partent à l'aventure encadrer par des jeunes (parfois adultes) sans vraiment de formation et de matériel adéquat. Même si les scouts vous diront toujours que ce sont des expériences formidables, quant est il du de la gestion du risque ?

Ptite question technique autour de la photo, quel paramètre utilise tu pour le cliché en noir et blanc de l'eau dévalant la paroi ? J'ai toujours essayé de reproduire cet effet en baissant la vitesse d'obturation, mais du coup, la photo est toujours beaucoup trop lumineuse. Un conseil ?

J’espère que tu auras le courage de nous raconter la suite.  :)


Une petite précision : C'est un autre groupe qui a débarqué a la tombée de la nuit, je pense que c'était des gosses du VVF à côté du village. Eux, oui, étaient assez turbulents pour qu'il leur arrive des conneries, et les monos, plus jeunes que moi, étaient tout sauf des montagnards. Les Scouts, eux, c'était une patrouille d'une dizaine de filles (les scouts unitaires sont pas mixtes) encadrées par deux adultes. Donc équipés, disciplinés. Après, c'est une grosse prise de risque également. J'ai été Scout de France. Partir en exploration de deux jours à 14 ans, avec une patrouille à charge, c'est quelque chose. Faire gaffe à la route, garder le groupe compact, gérer les tire-au-flanc, les blessures légères, faire gaffe à ce qu'un c*nnard aille pas allumer une clope dans le foin le soir... et pour les chefs, qui étaient également très jeunes, une sacré responsabilité. Mais je rejoins Killbith : j'ai bien plus appris que dans n'importe quelle colo. J'ai un ami qui a son fils aux Scouts laïques, qui me disait qu'aujourd'hui, c'est plus la même en camp : ils doivent avoir des sanitaires en dur, la bouffe est hyper contrôlée. Tandis que moi, à onze ans, j'avais préparé des sauterelles frites au chefs pour mon premier concours cuisine. Mais à l'époque, on avait encore le droit de se blesser.  ;#

Pour la photo dont tu parles, StormX, j'utilise un filtre gris-neutre (ND 1000), qui permet de faire des poses longues même en plein soleil. Cette photo, c'est 8 secondes de pose à 100 iso. Donc faut un trépied, aussi (J'utilise un gorillapod qui pèse rien, adaptable sur toutes surfaces, top pour la rando). Avec les réflex, ça marche plutôt bien. Avec un bridge comme le mien, c'est vraiment du bricolage. Comme le capteur est (beaucoup) plus petit, il bruite très vite, et la piètre qualité du filtre empêche d'avoir une image détaillée. Les images brutes sont quoiqu'il arrive hyper sombres, donc ça demande un peu de post-traitement (et faut photographier en format RAW).
« Modifié: 01 juin 2011 à 11:46:48 par taillefer »

01 juin 2011 à 12:15:04
Réponse #9

Ronin2


Super!
J'attend le suite avec impatience :)

01 juin 2011 à 17:24:26
Réponse #10

taillefer


Jour 2 : le parc d'attractions.



Le lendemain matin, le soleil se lève, comme à peu près tous les jours depuis quelques milliards d’années (voir photo précédente). A mon réveil, vers 6h30, je mets un temps à me souvenir où je suis, tant j’ai dormi profondément. Je crois me souvenir qu’un être indéfini est venu chahuter légèrement la tente, mais je ne saurais dire si je ne l’ai pas rêvé. En revanche, je sais que j’ai eu chaud dans mon duvet, la sueur en témoigne. Je redresse mon corps, qui se montre endolori, et me rue vers la fermeture éclair de la porte : ouah. Je suis encore dans la fraicheur de l’ombre, les sommets sont déjà baignés de soleil, la brume s’évacue doucement du lac. D’où l’intérêt de pas avoir dormi en bas. Quelques étirements pendant que l’eau chauffe, et déjà l’astre vient me réchauffer le visage.

Cuisine toute équipée

Pendant que je déjeune, j’observe un individu masculin déployer son matériel photo une trentaine de mètres plus bas. J’avais repéré sa tente tunnel dans la pénombre hier soir. Me repérant à son tour, il s’approche et viens me taper la causette. Je ne suis guère enchanté, mais je me voyais mal me mettre à grogner comme un ours. On se dit ce qu’on fait mutuellement là, que c’est beau, tout ça, et je le laisse repartir de son côté. 8 heures, je termine le café avec une cigarette de toxicomane, en observant les randonneurs les plus matinaux débarquer. Je laisse le soleil me réchauffer, emmitouflé dans mon écharpe, et déplie la carte. Cette tente est toujours problématique, déséquilibrante, avec sa prise au vent. Je me vois mal aller faire le mariole sur les crêtes de Giradin. Je pourrais partir par le sud-ouest, contourner la Saume par le Pas du curé, mais c'est 500 mètres de dénivelé positif, 1000 en négatif et une quinzaine de bornes. Hors, après la "mésaventure" d'hier, je n'ai aucune idée de ma forme. Monter au lac Sainte Anne et redescendre par Chaurionde, pourquoi pas… Tiens, y’a ce petit lac, dit des Rouites, où je ne suis jamais monté. Peu de gens y vont, car c’est un cul de sac, bien moins spectaculaire que Sainte Anne dominé par ses glacier rocheux que tout le monde voit, mais dont finalement bien peu connaissent l’existence. Je décide donc d’aller faire un brin de toilette là-bas et lève le camp. En bas de mon perchoir, j’emprunte un sentier qui n’est pas sur la carte. Je prends garde cependant à ce qu’il prenne la bonne direction, découvre tout un torrent qui jaillit de la roche. C’est chouette. Mon sac me paraît beaucoup plus léger qu’hier, je suis surpris de ma forme. Je ne tarde pas à retrouver le sentier balisé et à peine une heure plus tard, je suis à destination.


C’est un minuscule lac de fonte, blindé de petits mollusques, perdu au pied des pierriers. Aucun ruisseau ne s'en échappe, il doit donc s'évacuer par infiltration. Devant le faible risque de me voir dérangé, je retire l’intégralité de mes fringues et me fout à la flotte. Sauf qu’ici, malgré la très faible profondeur, la flotte, elle pique. La toilette sera donc des plus rapides, le temps d’apprécier le luxe de la nudité, dont j'aurai la courtoisie de vous épargner, devant cette immensité.


Laissant mes affaires en plan, je pars en reconnaissance du côté est, voir si je peux pas rejoindre Sainte Anne sans redescendre à Miroir. C’est exactement comme sur la carte, mais en plus en grand : une succession de pentes herbeuses entrecoupées d’immenses amas rocheux et de pierriers. Je mettrais bien plus de temps par là et risquerai d’y laisser une jambe. J’ajourne donc la décision et retourne m’affaler dans l’herbe. Je suis bien là, en fait. J’observe un rapace qui rapace tranquillement au-dessus de la barre rocheuse. Le silence est troublé par les insectes et la résonance des pierres que les chamois invisibles laissent rouler bien plus haut. Devant mon immobilité, les marmottes finissent par sortir et peu partout, et vaquer à leurs occupations en m’ignorant royalement.

Salle de bain et balcon

Soudain, elles se mettent néanmoins à crier. Je comprends vite que ce n’est pas après moi, et aperçois les premiers randonneurs arriver. Je remercie les vigiles pour le tuyau, et me remets en mouvement. Il est déjà 11 heures (‘tain, c’est pratique les photos pour restituer la chronologie…). Je croise et salue la famille d’humains de trois individus. Je dois vraiment pas avoir une tête d’ours, parce qu’ils se mettent également à me poser des questions. Je les renseigne du mieux que je peux sur les environs, carte à l’appui et prend poliment congé. Sur la descente, la seconde branche de mes lunettes rend l’âme. Je fixe donc la monture à ma casquette grâce à de l’adhésif médical. Je trouve ça très fashion. Revenu à l’endroit où apparaît ce torrent, je décide de quitter la piste et de le suivre. Là, l’eau jaillit du sol de toutes parts, avec cette mousse d’un jaune-vert caractéristique. Des dizaines de papillons s’envolent à chacun de mes pas. Je m’excuse de les déranger, mais c’est fort bucolique. C’est carrément trop hype, comme décor. Hyper fragile, aussi. Je vois quelques empreintes d’humains n’ayant guère fait cas de ces amas mousseux.


Je retire mes chaussures et m’installe un peu plus bas pour manger, laissant ces drôles de papillons chercher de la nourriture sur ma peau. La première fois que ces bêtes sont venues se poser sur moi, j’avais trouvé ça poétique, et tout, la communion avec la nature, tu vois. Jusqu’à ce que je les voie faire pareil avec les excréments.

StormX, ça aussi, c'est du gris neutre.  ;)

Avant de faire une sieste, j’en reviens à la réalité logistique : il ne me reste qu’un demi litre d’eau. C’est suffisant pour redescendre, mais je préfère avoir de la marge. Conscient que ces sources n’en sont pas vraiment, je capte néanmoins un litre à l’une d’elle. Cette eau paraît claire comme de l’eau de roche, me dis-je en riant à ma blague de m*rde. J’aurais pu la faire bouillir, mais je me contente de la passer dans un filtre à café (vous avez le droit de rire bruyamment). Je sais qu’il n’y a pas de troupeau plus haut, parie qu’aucun animal en putréfaction ne contamine le sol, et conclus que je risque tout de même d’avoir un transit très rapide ce soir. Ce qui se vérifiera. Je goutte donc du bout des lèvres, elle a au moins un goût délicieux. Pis elle sort du frigo. Je reste là une petite heure, mais je me cache lorsque j’entends arriver des humains. Et je prends un malin plaisir à les regarder passer innocemment à quelques mètres de moi. Je suis un psychopathe. Ou un enfant. Ou un enfant psychopathe.


Vers 14 heures, je me remets en chemin, toujours le long du ruisseau. Après une courte trempette dans une mini-mare, Je ne tarde pas à déboucher dans un vallon. En réalité, je suis juste derrière le contrefort sud-est du lac Miroir. C’était là, pendant toutes ces années, et je l’avais ignoré. De ces prés verdoyants, jaillit le ruisseau de la Pisse, qui devient torrent, pour enfin former la furieuse cascade de 280 mètres qui me fascinait quand j’étais gamin. Cet endroit est en sommeil, sous son manteau neigeux, pendant les deux tiers de l’année. Et là, il grouille de vie. Des vies de végétaux, d’insectes et plus encore. Je ne sais combien d’espèces s’y côtoient. Bien plus qu’une source, j’ai l’impression d’être là où tout commence. C’est un peu le jardin d’Eden qu’on décrit dans les livres, à ceci près qu’il est exempt de bien ou de mal, qui sont des concepts résolument humains. Il est, tout simplement, et c’est bien là le plus spectaculaire.


Une fois ces considérations presque animistes passées en revue, je prends la décision de rentrer. Je suis donc le ruisseau, qui retombe sur le GR quelques centaines de mètres plus loin. Je redescends par le même chemin qu’à la montée. Ce sera rapide, en trottinant, je suis pas fan de descente. À la bagnole, je prends une collation, ainsi que l'orientation de retourner passer la nuit au camping. Faut que je dise à la dame que je suis vivant, et je suis vraiment pas contre une douche. Je suis extrêmement satisfait de cette sortie. A peine 700 mètres de dénivelé positif, quelques kilomètres parcourus, mais j’ai eu tout le loisir d’occuper l’espace, et j’ai finalement vu bien plus de choses que ne l’aurait permis un rythme soutenu. Apéro, lecture, je suis complètement flingué.
« Modifié: 02 juin 2011 à 19:34:05 par taillefer »

01 juin 2011 à 18:12:57
Réponse #11

Irazú


super post!  :doubleup:

merci du partage, de ta belle prose, des photos!!!  :love:

bien cordialement.
=Le plus vif de tous les feux=

02 juin 2011 à 02:07:29
Réponse #12

taillefer


Jour 3 : la lutte dans ton corps et dans ta tête.

Réveil après 10 heures, la tente étant protégée du soleil par les mélèzes. Complètement engourdi, j’éprouve toutes les peines du monde à m’extirper du logis. Je suis fatigué. Contre-coup de mon escapade, surement, mais j’ai pas vraiment tout fait pour récupérer. La veille, en bon vagabond, j’ai mis le cap sur l’un des deux bars ouvert le soir au village, armé de la Maglite. Comme le monde n’est pas bien grand, j’y ai retrouvé le photographe qui avait avait partagé mon appart de là-haut. Il m’aime bien, lui. Me pose des tas de questions et me raconte d’où il vient. Qu’il squatte le camping tous les ans, seul où accompagné, me raconte ses randonnées, en ne laissant jamais mon verre bien vide longtemps. Pendant un moment, j’ai même trouvé son empathie suspecte. Mais je sais pas faire semblant de boire, encore. C’est ainsi que deux litres de bière-picon plus tard, le bar a fermé ses portes. Il a voulu qu’on rentre ensemble, ce qui était somme toute logique, puisque nous étions au même camping. Mais j’ai préféré ne pas révéler le signalement de mon squat, et ai prétexté devoir repasser à ma voiture.

Me voilà donc prenant mon petit déjeuner, convalescent. Heureusement, le temps est toujours au beau fixe. Assailli par une fleminginte aigüe, je sors mon bouquin et préfère vivre la vie de mon pote Orwell, une paire d’heures durant. Vers 13 heures, j’essaie de me reprendre. J’ai déclaré hier à une acienne du village que je mettais le cap sur le vallon de Clausis, il faut que je me bouge. Aussi plis-je mon bardas à la vitesse d’un escargot ivre. Ce faisant (nan, pas la bestiole), j’aperçois mon compère qui arpente le camping, tournant le regard dans toutes les directions. S’il cherche quelqu’un, ce doit être moi. Comme il est assez hors de question que je me le coltine aujourd’hui, si sympathique soit-il, je me baisse en adressant un regard complice à mon protecteur, le buisson.

Ce n’est qu’après m’être échappé d’une longue discussion sur l’oviculture avec la dame du camping que j’arrive à prendre la direction de la vallée du Bois Noir, 7 km de route pourrave à l’est du village, un peu moins de 2000 mètres au dessus de la mer. Préparant mon sac, j’ai toujours l’impression de peser une demi-tonne, zéro jus. Je préfère alors ne pas me lester de quinze kilos, et décide que je dormirai ici-même, en mode bivouac bagnole-glacière-top confort. Je pars enfin, alors que l’après midi est déjà entamée et que le ciel se couvre légèrement. Je n’ai pas fait 10 mètres que je réalise que ma seconde paire de lunettes, que je croyais dans ma main, n’y est pas. Je reviens sur mes pas, rouvre la voiture, que dalle. Ça restera pour toujours le mystère des lunettes que t’avais dans ta main alors que non. Bon. Je passe la bergerie et commence à grimper plein sud en direction du lac, à 2440 mètres, qui n’a rien de bien spectaculaire.


Tout au fond, on distingue la chaîne des écrins

En revanche, le vallon derrière est bien joli, montrant des roches beaucoup plus calcaires. Je grimpe un peu en direction du ravin de clausis. C’est par là que je voulais prospecter. Une trace invite à s’y engager. En haut, mais invisible, le col des Ugousses, qui donne accès à la Roche Noire, un sommet qui me fait de l’œil depuis l’an dernier. Parce qu’il a pas l’air gentil. Mais le chemin, c’est surtout un énorme pierrier. Je n’ai ni le temps, ni la force de m’y engager. D’autant que les nuages se font plus nombreux et que le vent se lève. Je préfère donc l’option du goûter-photo. Je me félicite de pas avoir monté la tente : rare sont les endroits à l’abri du vent, je sais pas si ç’aurait été une entreprise des plus confortables.


Le Péouvou, avec le fameux ravin à sa gauche.
Le fantôme, c’est moi, désolé.

A la descente, je prends le temps d’inspecter la cabane de taule au bord du lac, sur laquelle un berger exhorte les promeneurs de s’abstenir de déféquer. Arrivé à un névé, je croise un papa qui fait traverser un tout petit bonhomme en sandales sur le dévers, sans le tenir, mais non sans une certaine fierté. J’ai quand même une petite envie de lui montrer où pourrait terminer son fils si jamais il glissait : une centaine de mètres plus bas, dans le torrent. ‘Pis lui dire que 17 heures, c’est un horaire très limite pour monter. Mais je n’en fais rien, et ils s’en sortiront sans chute et sans orages.

Ceci n’est pas un toboggan pour les enfants.

La Cula, au fond. Ça paye pas de mine d’ici, mais faut le voir.

Arrivé aux deux tiers de la descente, j’aperçois la tête de la Cula à l’ouest. C’est un caillou que j’aime bien. Soudain, je décide que ça me fait chier. Alors je pique vers l’ouest en direction d’un sous bois. Il me fait flipper, ce sous-bois, avec ses branches toutes basses. Mais il est blindé de marmottes. Là, je peux pas non plus trop m’éloigner, donc je profite que le cours d’eau se sépare en trois pour le traverser en restant sec, et longe sa rive nord, vers l’est. L’avantage de ces vallées, c’est que je peux m’égarer, mais pas vraiment me perdre. Je trouve une piste d’herbes foulées, jonchées de crottes de mouton, qui me remonte sur le GR qui accède à l’autre vallée. J’adore ces prairies, tellement fleuries que c’en est enivrant. Pour mesurer sa chance, on se dit (en caricaturant un peu) qu’un mois plus tôt, y’avait pas de encore de fleurs, et que dans un mois, tout sera grillé. Pile poil. Il y a aussi ces fourmilières de souches broyées, énormes et grouillantes, où les fourmis (non moins énormes) sont tellement nombreuses que c’en est odorant. Petit, je leur donnais des sauterelles (les pauvres). Aujourd’hui encore, je ne puis m’empêcher de les déranger légèrement, pour le plaisir de voir se mettre en ordre de bataille, l’abdomen en avant. C’est super impressionnant, je trouve. Je rejoins la voiture alors que le soleil diminue déjà. Il est 19 heures, et ça va beaucoup mieux qu’en partant.


Si quelqu’un a un nom à mettre sur ce champignon, je suis preneur

J’installe donc mon bivouac à l’orée du bois. Je planque la voiture entre les premiers arbres, ma tente à une vingtaine de mètres, et mon salon, avec chaise pliante et Coteau du Lubéron, sur un blacon qui domine le lit du torrent, plein est, le soleil dans la tronche. Le vent qui avait apporté les nuages a fini par les dégager sans que je m’en rende trop compte. Là, c’est pas la vie de sauvage, c’est carrément la grande vie. En déguainant le saucifflard, j’ai une pensée pour les millions de gens qui vont subissent les embouteillages pour aller s’entasser sur les plages du sud-est et de partout ailleurs. Je les remercie d’aimer ça, ça me fait moins de monde ici.


Et c’est là qu’en général arrive le camping car Hollandais. Il se gare à une petite centaine de mètres en aval, et vomit une famille nombreuse qui se rue tous azimuts sur la ressource en bois, en vociférant des trucs hollandais que le vent m’apporte. J’aurais pu me planquer, mais je tenais à mon spot. Un des enfants s’approche de moi, mais il rebrousse chemin. J’ignore si c’est à cause du regard ou de ma manière de découper cruellement le saucisson. J’en déduis donc qu’il vont faire un feu. Il sont juste à côté du panneau rappelle l’interdiction, et la vallée est juste battue par un vent régulier de l’ordre de 50 km/h. Mais bon, faut bien qu’ils fassent leur barbecue. Quand à moi, je me fais cuire des pâtes au pesto. La glacière commence à sentir le fennec, je fais qu’à moitié confiance au jambon. Je continue mon bouquin, laissant le soleil dessiner les courbes de la montagne avant de disparaître.


Ce soir, ça va cailler, on dirait. Alors je prends la direction de ma chambre, en jetant un regard un peu inquiet vers l’obscurité du bois. Comme un con, aux toilettes, je pense à ce berger qui s’est fait massacrer des moutons ici même par des loups, au printemps dernier. Je sais que les loups sont pas méchants. Que même à poil avec un gilet d’entrecôte, faudrait vraiment avoir de la chance pour les voir si bas à cette époque de l’année. Mais une fois seul dans la forêt noire, l’imaginaire dont on nous imprègne à l’enfance fait encore son travail. Et une fois que j’y pense, c’est mort, hein. Genre en balayant le secteur du faisceu de ma lampe, je vais me demander comment je réagirais si là, maintenant, soudain, une paire d’yeux brillant apparaissait. C’est ce qu’on appelle se faire des films. Alors je vais me coucher, puisque c’est comme ça.


« Modifié: 02 juin 2011 à 19:37:56 par taillefer »

02 juin 2011 à 04:27:06
Réponse #13

akiou



02 juin 2011 à 08:17:41
Réponse #14

JC98


Jolie ballade et très belles photos.Le champi est un polypore soufré,je crois:http://fr.wikipedia.org/wiki/Polypore_soufr%C3%A9

02 juin 2011 à 09:56:13
Réponse #15

Pix


 :doubleup: Elles sont vraiment magnifiques tes photos.

02 juin 2011 à 10:00:38
Réponse #16

VieuxMora


J'aime bien la façon dont tu racontes... :up:

04 juin 2011 à 22:50:34
Réponse #17

Ronin2



05 juin 2011 à 12:02:17
Réponse #18

Outdoorsman


Super état d'esprit, super récit, super photos   :love:
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whymper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

05 juin 2011 à 12:38:08
Réponse #19

mazel



 Depuis le mois de mai, nous sommes gâtés de magnifiques récits et photos de sorties, et je vois que cela perdure en juin.

 Nous faire profiter de ces paysages transporte et régale ceux qui ne peuvent sortir.

Merci les gars à tous.

 JL mazel

05 juin 2011 à 13:23:20
Réponse #20

bushiben


La suite !, la suite !, la suite !, la suite !  :yeah:
- Ce que tu vis au sommet te change profondément et te devient indispensable...
- L'alpiniste est un homme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé... - Gaston Rébuffat

- Grimpez si vous le voulez, mais n'oubliez jamais que le courage et la force ne sont rien sans prudence, et qu'un seul moment de négligence peut détruire une vie entière de bonheur. N'agissez jamais à la hâte, prenez garde au moindre pas.
Et dès le début, pensez que ce pourrait être la fin - Edward Whymper

05 juin 2011 à 19:37:03
Réponse #21

Kilbith


Citer
Arrivé à un névé, je croise un papa qui fait traverser un tout petit bonhomme en sandales sur le dévers, sans le tenir, mais non sans une certaine fierté. J’ai quand même une petite envie de lui montrer où pourrait terminer son fils si jamais il glissait : une centaine de mètres plus bas, dans le torrent. ‘Pis lui dire que 17 heures, c’est un horaire très limite pour monter. Mais je n’en fais rien, et ils s’en sortiront sans chute et sans orages.

Même sans dévaler tout un névé, une courte glissade sur de la neige sans vêtement de protection permet de découvrir que la neige c'est abrasif.  ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

05 juin 2011 à 20:49:51
Réponse #22

Clemstout


Ca va faire redondant, mais tant pis! Merci pour ce que tu nous fais partager! J'ai eu la chance de passer quelques semaines en été à Ceillac et c'est vraiment agréable oui... :love:
Je suis en tout cas bluffé par tes photos au passage! Magnifiques!

Amicalement

Clemstout
Développe en toi l'indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie.--Marc-Aurèle--

05 juin 2011 à 23:21:37
Réponse #23

taillefer


Ben c’est grâce à des messages comme ça que j’ai envie de continuer… Merci à tous.  :)

Même sans dévaler tout un névé, une courte glissade sur de la neige sans vêtement de protection permet de découvrir que la neige c'est abrasif.  ;)

Aussi, oui.  ;#

06 juin 2011 à 14:26:47
Réponse #24

guillaume


Entre ta plume et tes photos, je ne saurais dire ce qui est le plus beau :love:.

La suiiiiiiite !

a+

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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