Bonjour,
Je coupe colle ici mon intervention sur l'autre fil. Comme ça me mets les nerfs j'essaie de me convaincre ainsi que j'ai pas trop perdu mon temps finallement.
Je conseille une lecture attentive de ce document à toutes les personnes qui prennent les loups pour ce qu'ils ne sont pas.
http://www.lactualite.com/shared/print.jsp?content=20031209_153126_2168&Hélène Jolicœur, coauteure avec Michel Hénault du rapport Les loups au Québec: meutes et mystères (daté de 2003), dit :
Autre croyance erronée, l’idée relativement nouvelle qu’en Amérique du Nord les loups ne s’en prennent jamais à l’homme. Certaines attaques bien documentées sont relatées dans Les loups au Québec: meutes et mystères. Par exemple, à Notre-Dame-de-Pontmain (dans les Hautes-Laurentides), en 1974, deux travailleurs forestiers ont été grièvement blessés par des loups.Voici le document :
http://www.fapaq.gouv.qc.ca/fr/publications/faune/loup/meutes_mysteres_loup.pdfEt une citation :
7.2.1 Attaques contre des humains
Malgré la peur que suscite le loup auprès de plusieurs personnes, force est de constater qu’au Canada, les accidents mettant en cause des loups agressifs et des humains sont rarissimes et se soldent rarement par des blessures sérieuses (Mech 1993). Lorsqu’il détecte la présence de l’homme, le loup évite habituellement de le croiser et de se manifester à lui mais il peut aussi éprouver de la curiosité à l’égard de la personne et s’approcher d’elle pour mieux l’identifier (voir encadré page 107; figure 39). À l’occasion, il lui arrive de surmonter cette retenue et de se montrer agressif à l’égard des humains (figure 40). La rage, la peur ou la surprise peut pousser l’animal à adopter une attitude inhabituelle. En 100 ans (1900-2000), seulement 28 cas d’attaques de loup ont été répertoriés dans l’ensemble des provinces et territoires canadiens (Linnell et al. 2002; présent rapport), alors qu’en Europe, en Asie et au Moyen-Orient, on dénombrait, au cours du même siècle, 1 843 attaques dont 556 se sont avérées mortelles (Linnel et al. 2002). La rareté des attaques en sol nord-américain est probablement due à la faible fréquence des rencontres loups-hommes, ce qui a contribué à préserver leur caractère méfiant (Fritts 1993). Ces dernières années, on a cependant noté une recrudescence de cas au parc Algonquin en Ontario (The Friends of Algonquin Park 1999a).
RENCONTRE INOUBLIABLE
Lac Stubbs, 6 mars 1975. La marche était pénible. Je devais faire des poses régulièrement pour enlever la neige collante qui s’accumulait entre mes bottes et mes raquettes. Depuis le début de l’hiver que je suivais des pistes de loups à la recherche de carcasses de cerfs et d’excréments, j’avais appris à doser mes efforts. Reprenant mon souffle appuyée sur un arbre, j’entendis tout à coup un cri lancinant. Un cri anormal. Le genre de cri qui doit précéder la mise à mort d’une bête. Je restai figée un long moment à essayer d’identifier la nature de ce cri quand soudain, je vis à quelques mètres de moi, des buissons s’agiter au bord d’un petit ravin. Avant même de réaliser ce qui se passait, trois loups surgirent à 3-
4 m de moi. Toujours immobile et silencieuse, et absolument fascinée, je les observai s’avancer dans ma direction. Ils marchaient côte à côte d’un pas nonchalant en reniflant le sol. Il fallait vite que je manifeste ma présence pour ne pas les surprendre et les mettre ainsi dans une situation d’autodéfense. À peine eus-je ouvert la bouche et émis un son qui ressemblait plutôt à un croassement que les loups levèrent la tête, m’aperçurent et détalèrent en catastrophe dans la direction opposée. Déçue de la fin abrupte de cette rencontre extraordinaire, je m’élançai à leur poursuite en suivant la trace des immenses bonds qu’ils avaient laissés dans la neige lourde. En vain, ils avaient disparu. Ce court moment me procura une telle joie que j’en fus transportée pour le reste de la journée. Curieusement, la neige
lourde et mouillante ne me dérangeait plus dans ma progression. Je flottais littéralement et je n’avais qu’une hâte, partager au plus vite cette expérience unique. Hélène Jolicoeur Figure 39. Loup méfiant s’approchant tous poils dressés pour identifier un nouvel arrivant (Photo : Pierre Bernier).
En 12 ans (1987-1998), ce territoire a été la scène de cinq attaques de loup. Les bêtes impliquées dans ces interactions avec les humains avaient, selon les autorités de ce parc, un comportement d’abord familier, fréquentant les abords des terrains de camping avant de passer à un comportement plus « agressif ». Sauf une exception, les activités des animaux fautifs s’apparentaient plus à des jeux (e.g., un vol d’oreiller et d’un sac de couchage).
Depuis quelques années, les contacts répétés et inoffensifs avec les humains, tels ceux vécus dans les
parcs, poussent les loups à une trop grande familiarité et audace, ce qui peut entraîner des incidents déplorables (Photo: Fred Klus). Au Québec, quelques incidents isolés impliquant des loups et des chasseurs ont été aussi rapportés. En 1831, Charles Archambault témoigne devant la chambre de l’Assemblée de la province du Bas-Canada que : « l’été dernier, une famille résidant dans les concessions de Beauharnois, a eu un enfant que l’on suppose avoir été emporté par les loups près de leur cabane ». Taylor (1937) rapporte qu’en 1847, un jeune homme aurait été poursuivi par une meute de loups dans le canton de Brome
(comté de Shefford) le forçant à trouver refuge pour la nuit sur un rocher. En 1899, deux chasseurs du nom de Dr Shield et M. Moore, à Lac-Saguay dans le comté de Labelle, sont « attaqués par une meute de ces animaux féroces (loups) et ils n’ont dû leur vie qu’à leur agilité. Ils sont demeurés près de trois heures dans les arbres » (Guay 1983). Une attaque plus grave, bien documentée cette fois-ci, s’est aussi
produite en 1974 à Notre-Dame-de-Pontmain dans les Hautes-Laurentides. Deux travailleurs forestiers ont été mordus par deux loups, vraisemblablement atteints de la rage, sans qu’ils n’aient été provoqués de quelque façon (Constantineau 1984; voir encadré page 110). Plus récemment, à l’hiver 2002, à Valcartier en banlieue de Québec, des skieurs de fond ont été suivis et menacés par un loup solitaire qui se tenait en bordure de la piste (N. Saindon, comm. pers.)12.
Dans tous ces cas, la rencontre avec un loup s’est soldée par plus de peur que de mal. Malheureusement, en ce jour du 24 septembre 1963, il en fut autrement. Un bambin de 4 ans qui jouait dans la cour d’un chalet au millage 110, à proximité du chantier du barrage de Manicouagan 5, a été attaqué par une louve, traîné en forêt et dévoré par celle-ci non loin du chalet (Allo Police, 6 octobre 1963). La cause et les circonstances du décès ont été certifiées par M. Léon Verreault, policier au
chantier de Manicouagan 5, et par le docteur Jacques Beaumont, coroner pour le district du Saguenay. Cet accident reste inexplicable car la louve, de toute évidence, n’était pas atteinte de la rage et n’agissait pas, en apparence, pour défendre sa vie ou celle de ses petits. C’est le seul cas de mortalité attribuable au loup que l’on connaisse.
Ces évènements ne devraient pas inquiéter outre mesure les québécois et les empêcher de fréquenter la forêt car leur incidence est très faible en regard de l’activité humaine qui s’y déploie annuellement. En effet, seulement en 1999, près de 395 millions de jours ont été consacrés à des activités reliées à la nature (FAPAQ 2000), dont un grand nombre passés dans le milieu forestier, sans qu’il n’y ait d’incident impliquant des loups. L’industrie forestière maintient également près 12 Société de la faune et des parcs du Québec de 13 000 emplois annuels en forêt (MRN 2002). Les raisons qui inciteraient un loup à devenir familier ou agressif envers les humains ne sont pas claires. Les louves à la recherche de partenaire lors de la période d’accouplement pourraient se montrer très agressives, une attaque ayant été rapportée dans ces circonstances (Jenness 1985). Le croisement entre des loups et des chiens pourrait aussi expliquer quelques comportements délinquants attribués à tort à des loups (Sloan 1991, Gipson et Ballard 1998).
ATTAQUÉS PAR DES LOUPS1
Je crois que ce récit mérite attention. Il n’y a que deux cas semblables dans toute
l’histoire de la province de Québec, cas vérifiés par des enquêteurs du gouvernement. Cette histoire date de 1974, dans les premières années où je commençais à m’installer sur un petit terrain acheté de Florian Cloutier. Rosaire, fils de Florian, qui demeurait chez ses parents à cette époque, travaillait pour la
Compagnie James Maclaren, au camp 27, dans la région du lac Serpent. Il formait équipe avec Marcel Larocque : il conduisait la « garette » et Marcel bûchait. Comme Marcel avait manqué d’essence pour la scie mécanique, Rosaire, tout près, alla lui en porter avec sa machine. À peine reparti, un loup sauta sans avertissement à la cuisse de Marcel qui cria très fort à Rosaire de lui apporter la hache. Ce dernier me raconte que Marcel, aux prises avec le loup, avait essayé de faire fonctionner sa scie mécanique en toute vitesse mais dans l’énervement il n’avait pas réussi. Rosaire arriva donc avec la hache, mais il fut
incapable de frapper le loup agité sous Marcel qui essayait de lui ouvrir la gueule. Quand le loup aperçut Rosaire, il lâcha prise et recula d’une vingtaine de pieds tout en restant aux aguets. Marcel prit la hache que Rosaire lui apporta pour se défendre et lui « hurla » de se sauver rapidement dans sa machine, à une distance d’environ 75 pieds (22,5 m) du lieu de l’attaque. Rosaire courut vers sa « garette ». Dans sa surexcitation, il trébucha dans un tas de branches fraîchement coupées. En tombant, il fit face
en même temps avec un deuxième loup qui, sans même prendre le temps de grogner ou encore de montrer les dents, sauta d’un bond pour mordre Rosaire dans le haut de son bras droit que ce dernier avait soulevé pour protéger sa figure. Il avait eu à peine le temps d’éviter ainsi une morsure au cou qui
aurait pu être fatale. Rosaire cria à s’époumoner. Marcel arriva vitement pour aider son compagnon sans
défense, le loup lâcha prise lorsqu’il vit Marcel arriver avec une hache. Le loup se retira d’une cinquantaine de pieds (15 m) pour rester là immobile, sans bruit, regardant ses deux proies.
Marcel décrocha les billots derrière la « garette » pour retourner au camp afin de panser les blessures et sûrement faire part aux autres de l’incroyable mésaventure. Rosaire a dû subir une série de quatorze
piqûres au cas où les loups auraient eu la rage. En me racontant cette histoire, il me montre les traces de dents qui paraissent encore sur son bras. Marcel a, lui aussi, des marques de cette attaque inattendue, hors de l’ordinaire. les spécialistes de la faune ne comprennent pas le comportement bizarre
de ces loups. Rosaire me dit que les deux loups avaient des poils de porc-épic plantés autour de la gueule et que même un de ces pics s’était logé dans sa barbe lors de la bataille avec le loup.
Le lendemain matin, lorsque Marcel retourna sur les lieux, les loups étaient encore là. Claude St-Amour, le mécanicien de la compagnie, qui passait dans les environs avec son camion, fit face au loup qui sauta
sur le véhicule pour se prendre la gueule entre l’aile et le pare-chocs. Également des travailleurs en train de charger un camion de gravier non loin de là furent attaqués par ces mêmes carnassiers. Ils durent sauter dans la boîte du camion et leur lancer des pierres pour s’en défaire. Rosaire se souviendra longtemps de cette rencontre quelque peu inusitée et peu rassurante avec les loups du
camp 27.
1 Tiré de Constantineau (1984).
Autre source:
http://www.cyberpresse.ca/article/20060907/CPACTUALITES/60907007/0/FRONTPAGEBrenda Wright et sa famille profitaient de leur dernière journée de vacances pour faire un pique-nique à Katherine's Cove, une crique située au coeur du parc provincial du Lac Supérieur. Soudain, une «sorte de chien noir» a surgi pour foncer vers eux, et mordre à la cheville le neveu de Mme Wright, Jake, et son fils de 12 ans, Casey. «Ma première réaction a été de crier: à qui appartient ce satané chien?», a raconté hier la dame de 44 ans, jointe à sa résidence de Sault-Sainte-Marie.
La mère de famille s'est vite aperçue qu'elle avait à affaire à un loup et non à un chien. «Il s'est précipité vers moi pendant que je criais aux enfants d'aller se réfugier dans l'eau. Il (le loup) a mordu ma main et a failli arracher mon doigt», a expliqué Mme Wright, une consultante en décoration.
L'Ontarienne a voulu s'enfuir pour échapper au loup, mais l'animal de 33 kg l'a aussitôt mordue à nouveau, cette fois à la cheville.
Après avoir lâché prise, le loup s'est ensuite jeté sur la fille de 14 ans de Brenda Wright, Emily, qui observait la scène, paralysée par la peur.
Une violente lutte s'est amorcée entre le loup et l'adolescente. Celle-ci a été mordue au visage et aux bras. «Il (le loup) a mis ses mâchoires sur sa tête pour l'attirer dans l'eau, j'ai eu peur qu'il la noie», a confié Brenda Wright.
L'adolescente a eu plusieurs points de suture.
Après cette attaque, des vacanciers armés de bâtons ont volé au secours des Wright. Le loup est revenu un peu plus tard pour fouiller dans le pique-nique de la famille. «Il a même fait une sieste sur notre couverture», a indiqué Brenda Wright, encore sous le choc.
Les Wright n'ont pas été les seuls à tomber entre les griffes du loup ce jour-là. L'animal a mordu au bras une fillette de 3 ans qui se trouvait sur la plage dans le même secteur. Le loup a tiré la bambine sur plusieurs mètres.
Enfin, une autre femme aurait rapporté avoir été mordu par le loup dans les environs le même jour.
Vers 18h, un garde-chasse a abattu le loup sur une autoroute située en bordure du parc provincial.
Après examen, l'Agence canadienne d'inspection des aliments a déterminé qu'il n'avait pas la rage.
7000 loups
Le Québec abrite environ 7000 loups, la quatrième population en importance en Amérique du Nord. Ici comme ailleurs, les loups ont peur des humains. Mais depuis quelque temps, on observe un phénomène nouveau: la familiarisation du loup. «Le loup s'approche des gens dans les campings ou parcs nationaux, un peu comme les ours», a remarqué Hélène Jolicoeur, biologiste à la direction du développement de la faune, au ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec.
Selon cette responsable des animaux à fourrure et des gros carnivores au ministère, il faut réhabituer les loups a avoir peur de nous. «Avant, les balles sifflaient près de la tête d'un loup à découvert», a-t-elle illustré. Pour expliquer le phénomène, la biologiste montre du doigt le comportement délinquant de certaines personnes qui jettent de la nourriture aux loups. «On ne lui rend pas service, sa place est dans le bois et pas dans notre cour, la tanière de l'humain», a résumé Mme Jolicoeur.
Au Québec, les attaques de loups n'arrivent toutefois pratiquement jamais. «C'est rarissime et on a vraiment dû fouiller dans la littérature pour trouver des cas», a expliqué Mme Jolicoeur.
La dernière attaque remonte à 2002, alors que des chasseurs de caribous avaient été pris à partie par quelques loups dans leur camp de la Baie James.
bien à vous,