Salut Waylander

(Oui j'ai bien reçu la carte, merci beaucoup)
Il fallait entendre ma phrase comme une mise en garde, ne pas écouter ceux qui parlent un peu trop fort ou ceux qui sont les plus visibles, ce ne sont souvent que des oiseaux babillards. Quelque chose qui aurait le même sens que le fameux "il sont très forts avec leur bouche" du GHC

Maintenant, sur le principe tu as raison. Ce serait logique que ceux qui ont de l'expérience vraiment solide la partagent. Certains le font spontanément via le forum (ex David) ou, pour les gens normaux, dans la vie.
Mais pour beaucoup d'autres il y a je pense deux phénomènes blocants très forts :
- l'impression que tout ce qu'on pourra dire ne sera jamais compris à sa juste mesure par ceux qui ne l'ont pas vécu. Et franchement, je comprends à 100% cet état d'esprit.
- le fait que la parole puisse faire remonter des souvenirs traumatisants dont on ne veut pas se rappeller soi même.
Les cas que tu évoques, la femme enceinte larguée, le drogué (ma copine a dans son entourage une droguée que son ex battait, qui s'est retrouvée enceinte, et dont la garde du gamin a finalement été confié à l'ex violent en question.... ça c'est de la situation de survie je peux te dire

) sont bien sûr des cas difficiles à part entière et rentrent complètement dans ce raisonnement.
J'ai deux ou trois cas pédagogiques autour de moi qui me confortent dans ce que je dis.
Mon grand-père a laissé passer soixante ans avant d'arriver à ouvrir ses souvenirs sur la façon dont il a survécu à la guerre, aux camps russes, aux semaines de survie clandestine en forêt, aux maladies, à la faim... Soixante ans sont passés depuis, et il ne peut toujours pas tout nous dire. Sur certains passages clefs où il y a un blanc dans l'histoire, quand on lui demande "comment tu t'es échappé de ce camp" par exemple, il répond "je ne veux pas le dire, c'est mon secret".
Ce genre d'histoire somme toute assez courante illustre à mon avis les deux points : peur de l'incompréhension, et peur de ses propres souvenirs.
Dernière chose plus terre à terre : les mecs qui vadrouillent vraiment pour leur métier ou comme passion, bin ils vadrouillent, ils ne traînent pas tout le temps sur internet pendant les heures de bureau...
C'est mon avis à deux balles, puisque c'est la mode de dire ça en ce moment.
Ciao,
Mathias