Techniques et savoirs de survie > Survie en milieu urbain

Be the Grey Human = arrêter de marquer le territoire

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straight8:
il y a peut être moyen de regrouper certains éléments de la liste suivant le domaine de compétence, les qualités que cela exige et "l'effet" recherché.
parce qu'il y a des choses qui relèvent selon moi soit:
- d'une stratégie: être discret, vigilant etc.

- de la diplomatie : éviter le conflit tout en cherchant à exprimer ses idées, avoir une attitude apaisante , permettre aux autres de s'exprimer mais garder son propre cap... faire coopérer des individus ensemble etc. pouvoir être un leader positif, pas despotique et se retirer de la place quand le but est atteint.

- de la psychologie: connaitre le fonctionnement de quelqu'un, comprendre ce qui se joue au niveau des relations dans un groupe. décrypter les enjeux, les conflits d'intérèt, les règles instaurées etc.
se comprendre soi pour connaitre ses limites, ses réactions suivant les situations etc. savoir se préserver et instaurer une distance dynamique avec les gens pour garder du recul par rapport aux situations. pouvoir être bien seul avec soi même mais au milieu des autres.

- de l'éthique personnelle : "donner et ne rien attendre en retour", être à l'écoute des autres etc.

ce qui se tient finalement assez bien parce que la stratégie, la diplomatie, et la psychologie sont des armes puissantes qui peuvent être dangereuses pour soi et les autres si l'on a pas un minimum d'éthique personnelle pour réguler leur usage.
cette idée de "grey man" me plait bien mais c'est l'oeuvre d'une vie!!! quand on est opérationnel on est pas loin de la tombe....
pi garder à l'esprit que des fois le caméléon peut devenir arc en ciel !(un bon lâchage, un bon gros délire sans rien controler çà fait du bien), sinon la vie serait bien triste.

emile:
Dites-moi si je me trompe, mais ce ne sont pas des méthodes utilisées par tous les prédateurs, enfin des gens résolument offensif dont on retrouve les "exploits" dans les journaux?

moosecrossing:

--- Citation de: emile le 13 novembre 2008 à 12:02:09 ---Dites-moi si je me trompe, mais ce ne sont pas des méthodes utilisées par tous les prédateurs, enfin des gens résolument offensif dont on retrouve les "exploits" dans les journaux?

--- Fin de citation ---
comment ça? peut être au début mais il y a un moment ce prédateur dépassera l'attitude du grey man s'il veut "attaquer", n'est-ce pas?
ah oui dans ce cas c'est peut être une façon de passer inaperçu avant et après son attaque :)

je crois que cette attitude on l'a tous plus ou moins ici, à des degrés différents...

à mon niveau à 15 ans je croyais qu'il fallait toujours tout dire, être honnête pour ne pas s'enfermer dans une routine trop commune...
Puis aujourd'hui je me rapproche plus de cette logique du grey human. Je choisis mes mots et mes propos, ainsi que les interlocuteurs. Je ne dis plus toujours tout ce que je pense...

Pour moi ça passe tout d'abord par apprendre à garder ses réactions pour soi lors d'un évènement, d'une discussion que l'on n'approuve pas. S'éloigner en paix :)

DavidManise:
Emile : tant que tu ne nous prêtes pas les mêmes genres d'intention qu'eux, tu ne te trompes pas ;)

Orignal Noir (sorry les élans c'est comme les congères, ça m'écorche la bouche, j'y arrive pas :-[) : je trouve tes réflexions extrêmement pertinentes.  Je vais donc tenter une réponse toute simple, qui n'est pas la norme et qui n'engage que moi.

Pour moi, être "l'humain gris" (pourquoi cadrer le truc au masculin, pour un truc qui est tout aussi utile pour les femmes que les hommes ?) c'est plusieurs choses à la fois.

1) la capacité et la maturité nécessaires à dépasser mes pulsions d'homme des cavernes.  Quand un mec m'insulte violemment pour chercher une réaction et une justification à son propre passage à l'acte, l'envie est souvent (encore) forte de mordre à l'hameçon et d'aller au charbon.  Il y a une partie de moi, le mâle alpha qui craint par-dessus tout de perdre son statut d'alpha, qui a envie d'éliminer physiquement le rival.  Le fait de comprendre tous ces mécanismes et de M'EN AFFRANCHIR, autrement dit de me marcher un peu sur les c*u!lles pour avoir un comportement adapté à mes objectifs de vie à moi, c'est être un humain gris.  C'est accepter de baisser un peu la tête et de m'excuser d'être un gros enc**é si ça peut m'éviter de devoir cogner/blesser un mec, et risquer la même chose, et d'être subitement enfermé dans une spirale merdique de suites judiciaires et/ou de vengeance à rallonge, etc.  Et si cette attitude de fausse soumission ne suffit pas, je conserve l'avantage de la surprise.  

2) la compréhension fine des mécanismes de la violence, et des types de violence, me permet de la reconnaître, de la comprendre, et parfois de la prévenir.  Je ne changerai pas la couleur de ma peau ni ma physionomie, ni mon origine.  Par contre j'éviterai de me balader en shorts et torse-poil devant la sortie de la mosquée, j'éviterai de gueuler Allah uh akhbar en montrant mon cul dans un rassemblement néo nazi, et à la sortie du match de foot hyper chaud PSG/OM, j'irai pas faire des doigts aux supporters du PSG en portant un maillot de l'OM, ou inversement.  En gros Lorentz a posé les bases d'une typologie qui réunit trois grands types de violence : violence de stigmatisation, violence territoriale, violence de prédation...  un comportement "d'humain gris" fera simplement en sorte de donner le moins de prise possible aux trois.

- éviter les territoires "hostiles" et si on doit y aller, se démerder pour ne pas être repérable.  Même les fourmis font ça en déguisant leurs phéromones pour aller piquer dans les nids des voisines.  Si le mâle alpha d'un bar décide que je lui fais de l'ombre et vient faire sa petite dance rituelle, j'ai encore le choix.  Je peux décider qu'il n'est plus le mâle alpha (auquel cas je sors de mon statut "gris" et je deviens un acteur très visible), et l'exploser.  Ou je peux comprendre l'enjeu et me soumettre symboliquement, puis me barrer.  Il reste alpha sur ses terres, il est content, et moi j'ai atteint mon objectif (pas d'embrouilles qui me foutent des bâtons dans les roues).

- connaître et comprendre de quelles stigmatisation on peut être la cible, et à partir de là soit gommer -- si possible et si on le souhaite -- les traits """""incriminants""""" (je mets plein de guillemets parce que les traits ne sont incriminants que du point de vue des gros connards qui stigmatisent, hein, nous sommes d'accord).  Concrètement pour moi ça a été de me raser les cheveux et de me faire pousser la barbe.  Deux traits que les indiens n'ont normalement pas, en tout cas pas dans les représentations de l'indien qu'on a.  Sans barbe et avec les cheveux longs, et surtout en été quand j'étais bronzé, c'était souvent chiant.  J'ai fait mes choix.  J'aurais aussi pu décider d'afficher ouvertement mon appartenance ethnique, de la renforcer, de m'affirmer moi-même.  J'ai opté pour la camouflage parce que c'était plus facile, et que ça me permettait justement de pouvoir fonctionner et atteindre mes objectifs à moi sans obstacle inutile.  

- comprendre à quel type de prédation on peut être confronté.  Moi, mâle peu fortuné de 125kg poilu, je risque assez peu d'être la cible d'un pervers sexuel (quoi qu'on sait jamais), ou la cible d'un braquage.  Pourquoi ?  Parce qu'encore une fois je suis "gris".  Je ne représente pas une cible attrayante, et en plus je suis une grosse menace potentielle...  bref un rapport risque/bénéfice pas intéressant pour un prédateur.

Bref, pour résumer...  Pourquoi être un humain gris ?  Parce que ça me permet d'arriver moins difficilement à mes fins dans le domaine public...  dans la rue, etc.

Après, dans la sphère professionnelle, et surtout dans la sphère privée, les règles et les principes que j'applique ne sont pas les mêmes.  Au contraire, je fais de mon mieux pour me rendre repérable, identifiable, et pour que les gens sachent ce que je pense, qui je suis, etc.  Sinon c'est vite chiant...

Ciao ;)

David

Kilbith:

--- Citation de: DavidManise le 13 novembre 2008 à 12:41:37 --- Moi, mâle peu fortuné de 125kg poilu, je risque assez peu d'être la cible d'un pervers sexuel (quoi qu'on sait jamais),

--- Fin de citation ---

Propos implicitement sexiste : tu exclus les "perverses sexuelles."  :closedeyes:


 :honte:  :lol:

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