Au cours du week-end de la Toussaint, j'étais en ballade dans les Alpes Maritimes et je me suis fait copieusement rincé par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur cette région.
Passons sur le fait que j'aurais dû prendre les prévisions météorologiques au sérieux et rester à l'abri. Cette forte pluie m'a posé deux problèmes.
Premier problème : le tarp quand il pleut horizontalement.
Au cours de la soirée, comme je savais qu'il allait pleuvoir, j'ai monté le tarp sous les sapins, suffisamment à l'abri du vent croyais-je mais je me trompais. Le sol était bien sec à cet endroit et j'étais quasi certain que l'eau de pluie n'y ruissellerait pas et ne s'y accumulerait pas. Comme mon tarp est étroit et que nous sommes deux, nous avons enfilé nos sursacs par dessus nos sacs de couchage. Bien nous en a pris car dès 20h les premières gouttes tambourinaient sur la toile et plus tard dans la nuit le vent a tourné de sorte qu'il s'est mis à pour ainsi dire pleuvoir sous le tarp. Comme la toile s'était détendue entre-temps, des poches s'étaient formées et le tarp s'était affaissé sous le poids de l'eau qui s'y était accumulée, ce qui a eu pour effet de réduire encore la largeur de l'abri. En m'extrayant de mon duvet je me suis aperçu que nous étions étendus dans une flaque d'eau (mon tapis de sol, une vieille couverture de survie, est pourtant troué mais pas assez pour évacuer la flotte). J'ai retendu les haubans et réintégré mon duvet, malgré tout au sec dans le sursac. Nous aurions dû disposer une muraille de branchages autour du tarp pour mieux fermer l'espace, comme sur cette photo :

C'est ce que nous faisons d'habitude quand le bivouac est venté.
C'était d'autant plus impardonnable que les matériaux nécessaires ne manquaient pas. Un simple poncho aurait aussi fait un écran efficace. Je n'impute donc pas cette inondation au matériel. J'envisage cependant d'acquérir un tarp plus grand et donc plus couvrant pour les bivouacs à deux.
Deuxième problème : les vêtements imperméables quand ils cessent de l'être.
Le lendemain, la pluie battante nous a décidé à redescendre à Menton. Le GR s'était quelque peu transformé en ruisseau, mais un ruisseau pas trop profond. Pendant environ un tiers du parcours nous étions relativement protégés des éléments par la densité de la forêt. Mais une fois à découvert nous étions totalement exposés à la pluie et au vent. Nous avons alors compris ce que signifiait l'expression "trempé jusqu'aux os". L'eau avait en effet fini par traverser nos blousons supposés imperméables. Quand plus tard nous avons fait l'inventaire des dégâts des eaux, j'ai constaté que même l'intérieur de mon porte-monnaie avait pris l'eau. Je pensais que les poches de mon blouson fermées par des zips étanches étaient sûres et je n'avais pas jugé utile d'en mettre le contenu dans des ziplocs (sauf le PQ, la seule chose restée parfaitement sèche dans cette histoire). Le contenu des sacs à dos était bien au sec dans des sacs poubelles ou des ziplocs, mais les sacs eux mêmes étaient dans un état de serpillière. Les circonstances m'ont permis de vérifier que la poche qui orne le rabat de mon sac est bien étanche : l'eau qui y entre n'en ressort pas. Ayant ainsi vérifié que mes vêtements imperméables ne résistaient pas plus de quelques heures à une forte pluie, je dois revoir cette partie de mon équipement. Je suppose qu'un poncho m'aurait évité l'humiliation d'être surnommé Bob l'Eponge par certains. Mais je n'aime pas marcher avec un poncho et il faut que je me décide á chercher un blouson ou une veste de pluie plus haut de gamme.
Quel rapport avec la survie ? En m'exposant à de fortes précipitations au point de ne plus avoir aucun vêtement de sec sur moi en quelques heures, je me suis mis dans une situation qui serait devenue délicate si je n'avais pas pu me mettre rapidement à l'abri. J'aurais sans doute mieux fait de renforcer la protection de mon campement avant le déluge (j'en avais le temps) et d'y rester en attendant l'accalmie. Nous avions de l'eau à proximité et 3 jours de bouffe (plus en rationnant), et l'épisode pluvieux n'était pas censé durer au delà.
Mais j'aimerais quand même bien avoir des vêtements vraiment imperméables pour rester sec la prochaine fois que le ciel me tombe sur la tête.