Abri de fortune

Un article de Wiki Vie Sauvage et Survie.

Sommaire

Généralités

Les abris

Dans certains cas, les abris ne sont pas réellement nécessaires. En plaine et en plein cœur de l’été, par beau temps, on peut généralement passer une nuit à la belle étoile sans aucun risque. Pourtant, s’il fait froid ou s’il fait très chaud, on peut mourir en quelques heures sans la protection qu’offrira un bon abri de fortune.

Rappelons-nous que même en moyenne montagne, en été et par beau temps, les températures descendent souvent sous les 10°C la nuit. C'est suffisant pour avoir VRAIMENT TRÈS FROID si on doit passer la nuit dehors.

Choisir un bon emplacement

On néglige souvent, lorsqu’on commence à construire un abri de fortune dans l’urgence, de bien regarder où et comment on peut le construire sur le terrain. On néglige ainsi des opportunités intéressantes, qui pourront faciliter la construction de votre « nid », et en augmenter le confort de manière importante...

Plusieurs facteurs devront guider le choix de l’emplacement pour votre abri de fortune. Ces facteurs, bien évidemment, changeront en fonction des saisons, de votre situation, des outils dont vous disposez, etc. Voici quelques exemples de choses à prendre en considération :

  • Exposition directe au soleil (favorable en hiver, à éviter si la chaleur est une menace).
  • Exposition au vent (très pratique en été pour éloigner la chaleur et les moustiques, à éviter en hiver ou si on cherche un endroit moins froid pour la nuit).
  • Proximité d’un cours d’eau potable (pour boire, pêcher, piéger et chasser !) À éviter si on cherche à se protéger du froid, car l'air froid, plus dense que l'air chaud, suit les pentes et s'accumule ou coule littéralement au-dessus des cours d'eau. Également, il fait toujours plus frais ou plus froid près des cours d'eau et au fond des zones encaissées (courant d'air catabatique).
  • Proximité des matériaux de construction.
  • Relief, arbre, rocher, grotte que l’on peut utiliser en guise d’abri, ou de base facilitant sa construction.

Bref, avant de construire un abri, prenez le temps de voir les possibilités que le terrain peut vous offrir, et choisissez le meilleur endroit possible en tenant compte de votre situation réelle. Et trouvez le bon microclimat !!! Parfois, en montagne, se déplacer de 15m peut faire la différence entre avoir très froid et mourir d'hypothermie...

Abri en zone tempérée

En zone boisée

Malheureusement, il est très difficile de faire un véritable abri avec un toit imperméable seulement avec des végétaux.

Dans l'idéal, il faudrait soit de la mousse (plusieurs couches), soit de la terre, soit de l'écorce de bouleau canadien par exemple (l'écorce des bouleaux français n'est pas du tout adaptée puisque étant trop fine et pas assez grande à cause des températures plus élevées qui règnent dans notre pays), ou toute autre écorce capable de retenir l'eau, assez grande et facilement récupérable.

En revanche, on peut faire de très bons abris isolants et "coupe-vent".

Choix du lieu

Le choix du lieu est très important. Il faut s’assurer d’avoir des matières premières à disposition, on n'est pas là pour faire des kilomètres. On veillera aussi à l'ensoleillement tout comme à la direction du vent afin de réguler la température de façon optimale.

Le principe


On commence d'abord par l'isolation au sol
Agrandir
On commence d'abord par l'isolation au sol
Et on termine la hutte
Agrandir
Et on termine la hutte


J'ai passé une nuit dans cet abri, il a gelé (très peu) la nuit mais à l'intérieur de la hutte, il régnait une température entre 0°C et 5°C.

Voici quelques exemples


Abri en zone froide

Quenzy, l'abri de fortune hivernal

Randonneurs, motoneigistes et trappeurs devraient tous savoir comment faire entre autres, un quenzy en période hivernale.

Bien que l'igloo soit très connu de tous, un quenzy est beaucoup plus adapté à la survie. L'igloo étant une habitation semi-permanente, est beaucoup plus long et ardu à réaliser qu'un quenzy. Oh ça a l'air facile de faire l'igloo, de beaux cubes de glaces bien découpés empilés en dôme et puis voilà. Dans la réalité faire un igloo prend environ 4h lorsque l'on dispose de neige aplatie mécaniquement et d'une scie à chaîne pour faire les cubes. Pas très pratique en état de survie.

Le quenzy est probablement, avec le tombeau, l'abri le plus simple et rapide à faire pendant la saison froide. Il s’agit vulgairement d'un dôme de neige. Idéalement, il vous faudra une pelle ou un outil susceptible de pouvoir creuser dans la neige. On peut utiliser une de nos raquettes, faute de pelle.

Il faut aussi une quantité plus que suffisante de neige pour fabriquer cet abri. Si vous ne disposez pas de neige en quantité suffisante, le tombeau sera beaucoup plus adapté, car le toit sera fait avec des branches et des troncs d'arbre. Le quenzy, lui, est fait exclusivement en neige. Attention ! J'ai bien dit en neige car si la neige est le meilleur isolant naturel du monde, il en est bien autrement de la glace. Donc, si vous n'avez pas de la neige jusqu'aux genoux sans raquettes, vous devriez envisager de construire un tombeau. Le quenzy pourra accueillir entre 1 et 8 personnes.

Premièrement, trouvez un terrain plat et peu venteux. Les bas de collines ou de petites falaises peuvent paraître hospitaliers puisqu'ils sont à l'abris du vent et très enneigés, mais ce sont des endroits souvent marécageux ou humide où se cachent sources et ruisseaux. Assurez-vous alors d'avoir un endroit où vous ne tomberez pas, en creusant, sur de la gadoue (mélange d'eau et de neige).

Le but ici, c'est d'empiler un tas de neige d'environ 1,25m de haut (ou assez haut pour vous asseoir dessous). Attention, on ne parle pas ici de creuser un petit 20 min pour faire un tas de neige... Il faut sans cesse, à l'aide de raquettes ou en rampant, fouler la neige au fur et à mesure que l'on en ajoute de la nouvelle. Ensuite, trouvez de petites brindilles d'environ 20cm et plantez les dans la neige, vers le centre de l'abri. Plantez-les profondément, en totalité. Ces brindilles vous serviront de guide lorsque vous allez creuser l'intérieur de l'abri.

Une fois la neige bien foulée, il est préférable d'attendre quelques heures, si on en dispose, pour laisser la neige se solidifier d'elle-même. Il ne reste plus qu'à creuser une entrée, le plus bas possible, du côté opposé au vent. Vous devez donc creuser dans l'abri jusqu'à ce que vous atteigniez le bout des brindilles que vous y avez plantées.

Vous pouvez, pour plus de confort, vous faire un sol de branches de sapin. Choisissez bien du sapin et non pas de l'épinette car les épines du sapin sont plus plates et couvrent plus de surfaces. Une bougie, si possible accrochée au plafond ou solidement piquée dans une parois latérale pourra empêcher la condensation et chasser l'humidité, votre pire ennemi par temps froid. La température sera beaucoup plus confortable à l'intérieur de l'abri. Si en plus vous avez des vêtements chauds et un sac de couchage et/ou des couvertures, vous pourrez y passer une nuit récupératrice.

Une fois votre quenzy terminé, bouchez l'entrée avec une couverture ou des branches de sapin, pour isoler un peu et couper le vent.


N'oubliez pas une aération !

Abri en zone chaude