Maladie de Lyme
Un article de Wiki Vie Sauvage et Survie.
Introduction
Il existe un danger méconnu, dans les forêts et montagnes françaises.
Ce danger mal connu, mais pourtant bien réel, est la maladie de Lyme. Cette maladie est transmise par la morsure d'une tique porteuse, qui nous injecte via sa morsure une bactérie en forme d'hélice : Borrelia Burgdorferi. Cette bactérie, très mobile, infecte pratiquement n'importe quelle partie du corps, et provoque des symptômes très divers (et parfois migrants), selon le degré d'implantation de la bactérie dans le corps et les organes atteints.
La maladie de Lyme est, de nos jours, la première maladie professionnelle des forestiers et retraités de l’ONF (Mutuelle Nature & Forêts, Écho Mutualiste 2004). Il s'agit d'une maladie grave, qui peut devenir très handicappante si on ne la soigne pas dès le premier stade de l'infection. Pouvant évoluer sur plusieurs années (et même plusieurs décennies), elle est parfois insidieuse à ses débuts. Dans certains cas, elle est difficile à diagnostiquer vu les symptômes variables qu'elle peut déclencher. Les tests sanguins, par ailleurs, ne permettent pas toujours de détecter les anticorps qui y sont liés, surtout avant un délai de 4 à 6 semaines. Dans certains cas, les anticorps en question restent même indétectables tout au long de la maladie, qui se développe en trois stades.
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Stade 1 — Symptômes initiaux
Lorsqu'une morsure de tique provoque une infection ou une réaction allergique, des rougeurs apparaissent près de la morsure. Si ces rougeurs, apparues entre trois jours et 6 semaines après la morsure, dépassent 2 ou 3 centimètres de diamètre, et surtout si elles prennent la forme d'un disque centrifuge (blanc au centre, rouge à l'extérieur), on doit immédiatement suspecter la maladie de Lyme. Ce disque rouge, cependant, n'apparaît que dans un cas sur deux, environs. D'autres symptômes (état grippal, maux de tête, courbatures, maux de gorge, fatigue...) peuvent aussi apparaître. Ils sont eux aussi des symptômes laissant suspecter la maladie.
Détectée rapidement, la bactérie Borrelia Burgdorferi peut être éradiquée par un traitement antibiotique (généralement par voie orale, sur prescription). Il arrive, cependant, que les symptômes initiaux soient plus diffus ou même inexistants, ou qu'ils passent inaperçus de par la négligence de la personne infectée. La maladie peut alors s'installer, donnant lieu à des symptômes très divers et atypiques. On a alors atteint le stade 2.
Stade 2 — Généralisation
Une fois la maladie installée, divers troubles, parfois migrants et variant en intensité, peuvent apparaître. La liste des symptômes possibles est longue. En voici une liste partielle :
• Éruptions cutanées migrantes
• Paralysie faciale ou paralysie d'un membre
• Maux de tête
• Courbatures, douleurs musculaires
• Douleurs articulaires
• Fatigue
• Douleurs à la nuque ou au dos
• Battements de coeurs irréguliers
• Transpiration nocturne, insomnies
• Troubles de la vision, douleurs oculaires
• ...
Stade 3 — Aggravation des symptômes
Au troisième stade de la maladie, les symptômes s'aggravent et se généralisent de plus en plus. Seul un traitement antibiotique lourd et prolongé (plusieurs mois, voire plusieurs années) permet de faire régresser la maladie, mais malheureusement pas de la faire disparaître complètement. Selon les cas, on peut espérer une amélioration de 40 à 90% de l'état général du malade.
Mieux vaut prévenir que guérir...
Bien que le risque existe, des précautions de base permettent bien souvent de prévenir la maladie de Lyme. D'éviter autant que possible les morsures de tiques est, évidemment, la première précaution à prendre. Une tenue vestimentaire un peu plus couvrante (pantalons longs, serrés aux chevilles, couvre-chef), ou l'application de chasse-moustique (seul le DEET est réellement efficace) repoussent efficacement la plupart des tiques. Celles-ci s'installent presque toujours sur notre peau à notre insu, et sans la moindre douleur. Elles se glissent sous les vêtements et se balladent pendant quelques heures à la recherche d'un endroit propice où s'accrocher. Elles semblent préférer les parties les plus velues de notre anatomie, cuir chevelu, aisselles et région génitale, où elles sont mieux dissimulées, mais cela n'est pas une constante. Elles anesthésient ensuite le bout de peau qu'elles choisissent, et y enfoncent leurs parties buccales pour s'abreuver pendant une période allant de quelques heures à quelques jours. Très plates lorsqu'elles ont le ventre vide, les tiques se gonflent en se remplissant. Elles prennent alors une teinte parfois grisâtre. Les tiques « pleines » évidemment sont plus faciles à détecter avec les doigts que les tiques « vides ».
Pour qu'une tique puisse nous transmettre la maladie de Lyme, il faut en général qu'elle soit accrochée à notre peau pendant une longue période (au moins cinq heures). Aussi, la plupart du temps, le simple fait de s'examiner régulièrement et de déloger les éventuelles tiques installées sur notre peau suffit à prévenir la maladie.
La meilleure méthode pour extirper une tique installée est encore de simplement l'attrapper par la tête (ou le plus près possible de la peau) à l'aide d'une pince à épiler très pointue (ou une pince à tique), et de tirer doucement, bien droit, paralèllement à l'angle où elles sont installées, et sans tourner.
Il faut éviter de compresser le corps de la tique, qui pourrait alors recracher du sang dans la plaie et ainsi la contaminer. Autant que possible, il faut aussi éviter de déchirer l'abdomen de la tique, ce qui a pour effet de répandre le sang qu'elle a déja avalé sur la peau. Cela augmente le risque d'infection. De noyer la tique dans l'huile, l'éther ou l'alcool, ou de la brûler la force parfois à s'extirper d'elle-même, mais elle le fait alors aussi en recrachant du sang dans la plaie, ce qui augmente aussi les risques d'infection.
Si la tête ou les parties buccales de la tique restent dans la peau, inutile de s'alarmer. C'est avant tout dans l'abdomen de la tique que les bactéries responsables de la maladie de Lyme peuvent résider. Un petit abcès pourra se former dans les jours ou les semaines suivantes, mais le principal danger aura été écarté.
Une fois la tique enlevée, il faut bien désinfecter la plaie à l'aide d'un antiseptique efficace, se laver les mains, et consulter un médecin au moindre symptôme pouvant indiquer la maladie de Lyme (rougeur autour du site de la morsure, état grippal). Ces symptômes peuvent apparaître de manière tardive (jusqu'à six semaines après la morsure). Il peut être utile de noter, sur un calendrier, la date de la morsure.
Depuis que je suis en France, j'ai été l'hôte de plusieurs dizaines de tiques, sans la moindre infection. Inutile, donc, de s'affoler. Le risque existe (selon les régions, jusqu'à 20 ou 30% des tiques peuvent être porteuses de la maladie de Lyme), mais enlevant les tiques rapidement et en désinfectant bien les morsures, on met toutes les chances de son côté. Prise à temps, la maladie de Lyme est relativement bénigne. Si on la laisse coloniser notre corps tout entier, on peut cependant souffrir de symptômes persistants et très handicappants. Dans ce cas-ci, comme dans d'autres, il vaut vraiment mieux prévenir que guérir !
Résumé des mesures à prendre contre la maladie de Lyme
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Texte de David Manise

