Le mauvais karma du café…

Quand j’étais à l’université, pendant un bout de temps j’ai eu un coloc.  Tous les matins, il se faisait une groooosse tasse de café bien plein à ras bord (parce qu’il se couchait très tard et qu’il était très fatigué).  Il posait sa tasse sur la table branlante de la cuisine.  Et ensuite il s’asseyait et il coupait son pain (que sa maman lui faisait) juste à côté.

Evidemment, ça se renversait.  Tous les matins.

Et tous les matins, il soupirait, levait les yeux au ciel, comme si Dieu lui-même s’acharnait sur lui, et il disait en se levant péniblement pour chercher l’éponge « Pfffff…  chaque matin c’est pareil »…  et sa journée commençait mal.  Comme chaque journée.  De toute sa vie.  Je n’ai jamais eu le courage de lui dire qu’il pouvait faire autrement, tant il semblait attaché, pour une raison étrange, à son malheur et au mauvais oeil qui s’acharnait sur lui.

Vivre pendant quelques semaines avec quelqu’un comme ça a quelque chose de très instructif.  Au début on a envie de les aider, mais en fait ce sont eux qui nous aident.  Ils nous apprennent à quel point on peut vite se construire tout un beau gros nuage noir en perdant simplement de vue la loi des causes et des effets (ce qui est la définition première de « karma » : causalité).

C’est vrai dans la vie quotidienne.  C’est valable aussi en survie.  La nature n’est pas hostile.  Ce sont nos erreurs et notre inadaptation au milieu qui le sont.

Moins mais mieux. Simple. Laisser du vide. Respirer.

Je disais sur facebook, après mes voeux de bonne année

« Moins mais mieux. Simple. Laisser du vide. Respirer. »

On me demande de compléter un peu ma pensée.  Voici.

  • moins mais mieux, c’est privilégier la qualité plutôt que la quantité… dans tout. Manger, tirer, aimer, faire, penser… pour les projets, les connaissances, les amitiés, les lectures… l’entraînement. Un principe générique qui devient réellement salutaire dans ce monde de surexposition, surabondance, où on touche à tout mais mal…
  • Simple. Comme dans simplifier, enlever du bruit, enlever, enlever, enlever. C’est une conséquence du point précédent, très souvent. Ou en tout cas complémentaire.
  • Laisser du vide, c’est à la fois une cause et une conséquence des deux points précédents.
  • Respirer, c’est au sens de « se donner le temps de respirer »… mais aussi dans la pratique c’est revenir aux fondamentaux, c’est méditer (pratiquement toutes les pratiques de méditation sont basées ou aidées par la respiration), c’est être libre, etc, etc.

Le monde va continuer de tourner après le 21 décembre 2012

Bonjour,

Ca va sans doute en faire rire certains, mais vu le nombre de mails que je reçois de la part de gens effrayés à l’idée que la fin du monde arrive en 2012, je pense que ce message sera utile.  Vraiment ;)

Depuis la nuit des temps, on nous prédit périodiquement la fin du monde.  En l’an 1000, en l’an 2000, et puis il y a eu Paco Rabanne qui a prédit des horreurs, etc.  Le climat de crise, les catastrophes industrielles, les éléments naturels qui se déchaînent (tsunami, tempête à New-York, etc.) ne sont pas des phénomènes nouveaux.  Ils sont cependant davantage médiatisés.  Et cette médiatisation contribue à créer une ambiance propice à la peur.  Mais j’ai une mauvaise nouvelle.

TOUT INDIQUE QUE LE MONDE VA CONTINUER D’ALLER MAL EN 2013, et aussi en 2014… ;)

En revanche, tout indique aussi que beaucoup de gens cherchent à faire peur avec cette histoire de calendrier Maya, pour se donner de l’importance, du pouvoir, pour faire mousser des ventes immobilières dans des villages soi-disant protégés, pour vendre des bouquins, des idées politiques, etc, etc.

HALTE AU SKETCH.

Il est utile d’anticiper les problèmes, et concrètement, il est possible que les choses se passent un peu mal en le 21 décembre 2012, notamment parce que beaucoup de gens semblent paniqués et effrayés, au point d’en venir à poser des gestes irrationnels et inhabituels.  Je pense qu’il est urgent de calmer les esprits.

Le 21 décembre, moi, j’ai prévu d’inviter des amis à la maison pour un bon repas.  Je ne serai pas plus inquiet que d’habitude…  mis à part le fait qu’il est possible que quelques fêtards en profitent un peu trop, ou que quelques désespérés se disent qu’ils peuvent tout faire ce soir là…  sans risquer de devoir assumer le lendemain.  Mais le 22 décembre, le soleil se lèvera, et le monde continuera.  Je parie ma vie là-dessus.

Par ailleurs, il me semble inutile d’attendre la fin du monde, d’un monde, ou de notre monde pour anticiper, évaluer les risques, se préparer aux problèmes REELS ET CONCRETS auxquels nous pourrions être confrontés, individuellement ou collectivement.  Pour ma part, j’ai toujours quelques semaines de vivres en réserve (3 semaines, en général), plus :

– un peu d’eau,
– de la litière pour chat (pour faire des toilettes sèches de fortune),
– quelques bougies (en cas de panne de courant) ;
– des vêtements chauds, des sacs de couchage…
– quelques outils…

Rien d’extraordinaire.  Juste de quoi tenir le temps que le courant revienne, que les camions se remettent à rouler, etc.  C’est loin d’être une mauvaise idée, ne serait-ce qu’en cas de tempête (comme en 1999), de canicule, de grève prolongée, ou au cas où tout un tas de gens se mettent à faire n’importe quoi sous prétexte qu’un Maya, en l’an 1400 et quelques, n’a pas souhaité graver ses calculs astronomiques plus loin que 2012 dans la pierre ;)

Il reste toujours des solutions jusqu’à ce qu’on abandonne

Attitude SurvieDepuis bientôt 10 ans, j’enseigne aux gens à rester en vie.  Dans la nature, dans la rue, dans des accidents, au combat…

En 10 ans, j’en ai vu passer un paquet, de gens qui ne voulaient pas crever bêtement.  De gens qui ne voulaient pas subir.  J’ai eu le temps de faire un petit peu le tour du sujet.  J’ai eu le temps de me documenter sur ceux qui survivent, de voir comment ils survivent, de comprendre comment moi j’ai survécu, de voir ce qui fait qu’on survit…  ou pas.  Plusieurs bons ouvrages existent sur le sujet, notamment celui de Laurence Gonzales « Deep Survival », qui va fouiller dans les entrailles de notre matière grise pour trouver ce qui fait que certains survivent, pendant que d’autres se laissent crever…  c’est une bonne piste, mais ça manque de vécu.

Le fait est que pratiquement tous les survivants, tous ceux qui sont allés au bout de l’enfer et qui en sont revenus ont un trait en commun.

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Le principe de sobriété

ZenDans mes cours et stages divers, j’enseigne avant tout des principes.  Quand les gens me posent des questions, je réponds toujours par « ça dépend »…  et ensuite j’énonce le principe.  Et les gens trouvent leur réponse tous seuls.  Leur cerveau d’homo sapiens se sent respecté.  Ils sont libérés du carcan des solutions toutes faites.

Les principes, ce sont des outils.  Des outils pour construire des solutions techniques à des problèmes concrets.  Un des principes que j’enseigne en priorité, pendant mes cours, stages, et partout, est le principe de sobriété, ou de simplicité.   Il est relativement abstrait, mais restez avec moi 5 minutes, vous allez voir, ça vaut le coup.

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Les comportements humains en temps de crise…

CriseMon petit vécu de situations de « catastrophes » (genre tempêtes de blizzard et pannes d’électricité au Québec qui durent une semaine, tempête de glace à Montréal, etc.) et le gros tas de recherches (études de cas, interviews, discussions avec des spécialistes) que j’ai faites sur le sujet depuis deux ans tendent vers un point commun :

En cas de crise, les gens qui le peuvent se remettent à coopérer, et ils sont HEUREUX de le faire.   Continuer la lecture

"J'enseigne aux gens à rester en vie."