Le monde va continuer de tourner après le 21 décembre 2012

Bonjour,

Ca va sans doute en faire rire certains, mais vu le nombre de mails que je reçois de la part de gens effrayés à l’idée que la fin du monde arrive en 2012, je pense que ce message sera utile.  Vraiment ;)

Depuis la nuit des temps, on nous prédit périodiquement la fin du monde.  En l’an 1000, en l’an 2000, et puis il y a eu Paco Rabanne qui a prédit des horreurs, etc.  Le climat de crise, les catastrophes industrielles, les éléments naturels qui se déchaînent (tsunami, tempête à New-York, etc.) ne sont pas des phénomènes nouveaux.  Ils sont cependant davantage médiatisés.  Et cette médiatisation contribue à créer une ambiance propice à la peur.  Mais j’ai une mauvaise nouvelle.

TOUT INDIQUE QUE LE MONDE VA CONTINUER D’ALLER MAL EN 2013, et aussi en 2014… ;)

En revanche, tout indique aussi que beaucoup de gens cherchent à faire peur avec cette histoire de calendrier Maya, pour se donner de l’importance, du pouvoir, pour faire mousser des ventes immobilières dans des villages soi-disant protégés, pour vendre des bouquins, des idées politiques, etc, etc.

HALTE AU SKETCH.

Il est utile d’anticiper les problèmes, et concrètement, il est possible que les choses se passent un peu mal en le 21 décembre 2012, notamment parce que beaucoup de gens semblent paniqués et effrayés, au point d’en venir à poser des gestes irrationnels et inhabituels.  Je pense qu’il est urgent de calmer les esprits.

Le 21 décembre, moi, j’ai prévu d’inviter des amis à la maison pour un bon repas.  Je ne serai pas plus inquiet que d’habitude…  mis à part le fait qu’il est possible que quelques fêtards en profitent un peu trop, ou que quelques désespérés se disent qu’ils peuvent tout faire ce soir là…  sans risquer de devoir assumer le lendemain.  Mais le 22 décembre, le soleil se lèvera, et le monde continuera.  Je parie ma vie là-dessus.

Par ailleurs, il me semble inutile d’attendre la fin du monde, d’un monde, ou de notre monde pour anticiper, évaluer les risques, se préparer aux problèmes REELS ET CONCRETS auxquels nous pourrions être confrontés, individuellement ou collectivement.  Pour ma part, j’ai toujours quelques semaines de vivres en réserve (3 semaines, en général), plus :

- un peu d’eau,
- de la litière pour chat (pour faire des toilettes sèches de fortune),
- quelques bougies (en cas de panne de courant) ;
- des vêtements chauds, des sacs de couchage…
- quelques outils…

Rien d’extraordinaire.  Juste de quoi tenir le temps que le courant revienne, que les camions se remettent à rouler, etc.  C’est loin d’être une mauvaise idée, ne serait-ce qu’en cas de tempête (comme en 1999), de canicule, de grève prolongée, ou au cas où tout un tas de gens se mettent à faire n’importe quoi sous prétexte qu’un Maya, en l’an 1400 et quelques, n’a pas souhaité graver ses calculs astronomiques plus loin que 2012 dans la pierre ;)

Il reste toujours des solutions jusqu’à ce qu’on abandonne

Attitude SurvieDepuis bientôt 10 ans, j’enseigne aux gens à rester en vie.  Dans la nature, dans la rue, dans des accidents, au combat…

En 10 ans, j’en ai vu passer un paquet, de gens qui ne voulaient pas crever bêtement.  De gens qui ne voulaient pas subir.  J’ai eu le temps de faire un petit peu le tour du sujet.  J’ai eu le temps de me documenter sur ceux qui survivent, de voir comment ils survivent, de comprendre comment moi j’ai survécu, de voir ce qui fait qu’on survit…  ou pas.  Plusieurs bons ouvrages existent sur le sujet, notamment celui de Laurence Gonzales « Deep Survival », qui va fouiller dans les entrailles de notre matière grise pour trouver ce qui fait que certains survivent, pendant que d’autres se laissent crever…  c’est une bonne piste, mais ça manque de vécu.

Le fait est que pratiquement tous les survivants, tous ceux qui sont allés au bout de l’enfer et qui en sont revenus ont un trait en commun.

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Le principe de sobriété

ZenDans mes cours et stages divers, j’enseigne avant tout des principes.  Quand les gens me posent des questions, je réponds toujours par « ça dépend »…  et ensuite j’énonce le principe.  Et les gens trouvent leur réponse tous seuls.  Leur cerveau d’homo sapiens se sent respecté.  Ils sont libérés du carcan des solutions toutes faites.

Les principes, ce sont des outils.  Des outils pour construire des solutions techniques à des problèmes concrets.  Un des principes que j’enseigne en priorité, pendant mes cours, stages, et partout, est le principe de sobriété, ou de simplicité.   Il est relativement abstrait, mais restez avec moi 5 minutes, vous allez voir, ça vaut le coup.

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Les comportements humains en temps de crise…

CriseMon petit vécu de situations de « catastrophes » (genre tempêtes de blizzard et pannes d’électricité au Québec qui durent une semaine, tempête de glace à Montréal, etc.) et le gros tas de recherches (études de cas, interviews, discussions avec des spécialistes) que j’ai faites sur le sujet depuis deux ans tendent vers un point commun :

En cas de crise, les gens qui le peuvent se remettent à coopérer, et ils sont HEUREUX de le faire.   Continue la lecture

Le jour où j’ai appris la liberté

Liberté
Liberté

En papotant sur facebook avec quelqu’un qui passe sa vie à avoir l’impression de subir, je me suis rappelé du jour où j’ai compris que j’étais libre, et que ça ne changerait juste jamais.

J’étais gamin.  Un jour, un de mes cousins, plus vieux, plus grand, plus lourd de bien 20kg, plus méchant et plus tordu que moi a décidé que je devais aller lui ramasser sa casquette qui était partie avec un coup de vent.  J’ai dit non.  Il m’a menacé.  Je me rappelle, j’avais vraiment peur de lui.  Je savais qu’il pouvait me défoncer sans problème.  Il l’avait même déjà fait.  Mais j’ai dit non.  Et du coup il m’a cogné.  Un magistral coup de poing dans le plexus.  J’avais le souffle coupé, j’étais plié en deux.  Horrible.  Et il a attendu que je bouge.  Et j’ai pas bougé.  Et là il m’a frappé encore, puis jeté contre le mur, et il m’a encore battu… il m’a pété le nez et battu à coups de pieds pendant un temps qui m’a paru interminable.  Puis il s’est arrêté et il m’a dit « maintenant tu vas te lever et aller chercher ma casquette ».  Je me suis levé, je lui ai craché à la gueule.  Je me rappelle bien de ce moment parce que j’ai été super surpris de voir qu’en fait c’est plein de mon sang que je lui ai craché dessus.  C’est là que j’ai réalisé que je saignais sans doute dans la bouche aussi…  Et vu son air à la fois étonné et dégoûté, je me suis mis à rire nerveusement.  Et il a continué à me taper encore.  Je me suis mis en boule et j’ai attendu que ça s’arrête.  Je ne sentais plus rien.  Et je souriais.

Véridique, je souriais.

Un moment donné il a été fatigué, et il est allé lui-même chercher sa putain de casquette.  Pendant une semaine j’ai eu mal partout.  Je marchais tout de travers et j’avais un oeil fermé.  Je ressemblais à un raton laveur avec mes yeux au beurre noir et tout.  Et je souriais tout le temps.  Je marchais la tête haute.

Ce jour là, et plus globalement cette semaine là, j’ai compris que personne, jamais, ne pouvait m’obliger à faire quoi que ce soit.  Que si je le faisais, c’est que je CHOISISSAIS.  Et que même si parfois la tentation est énorme de choisir un truc qu’on ne souhaite pas vraiment parce que ça coûterait moins cher, ça reste un choix.  Toujours.

C’est à la fois horrible, et particulièrement réjouissant de savoir ça.  Horrible parce qu’on est responsable de tous nos choix.  Réjouissant parce qu’on est libre.  Et qu’en fait l’un ne va pas sans l’autre… ;)

"J'enseigne aux gens à rester en vie."