Il reste toujours des solutions jusqu’à ce qu’on abandonne

Attitude SurvieDepuis bientôt 10 ans, j’enseigne aux gens à rester en vie.  Dans la nature, dans la rue, dans des accidents, au combat…

En 10 ans, j’en ai vu passer un paquet, de gens qui ne voulaient pas crever bêtement.  De gens qui ne voulaient pas subir.  J’ai eu le temps de faire un petit peu le tour du sujet.  J’ai eu le temps de me documenter sur ceux qui survivent, de voir comment ils survivent, de comprendre comment moi j’ai survécu, de voir ce qui fait qu’on survit…  ou pas.  Plusieurs bons ouvrages existent sur le sujet, notamment celui de Laurence Gonzales « Deep Survival », qui va fouiller dans les entrailles de notre matière grise pour trouver ce qui fait que certains survivent, pendant que d’autres se laissent crever…  c’est une bonne piste, mais ça manque de vécu.

Le fait est que pratiquement tous les survivants, tous ceux qui sont allés au bout de l’enfer et qui en sont revenus ont un trait en commun.

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Le principe de sobriété

ZenDans mes cours et stages divers, j’enseigne avant tout des principes.  Quand les gens me posent des questions, je réponds toujours par « ça dépend »…  et ensuite j’énonce le principe.  Et les gens trouvent leur réponse tous seuls.  Leur cerveau d’homo sapiens se sent respecté.  Ils sont libérés du carcan des solutions toutes faites.

Les principes, ce sont des outils.  Des outils pour construire des solutions techniques à des problèmes concrets.  Un des principes que j’enseigne en priorité, pendant mes cours, stages, et partout, est le principe de sobriété, ou de simplicité.   Il est relativement abstrait, mais restez avec moi 5 minutes, vous allez voir, ça vaut le coup.

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Les comportements humains en temps de crise…

CriseMon petit vécu de situations de « catastrophes » (genre tempêtes de blizzard et pannes d’électricité au Québec qui durent une semaine, tempête de glace à Montréal, etc.) et le gros tas de recherches (études de cas, interviews, discussions avec des spécialistes) que j’ai faites sur le sujet depuis deux ans tendent vers un point commun :

En cas de crise, les gens qui le peuvent se remettent à coopérer, et ils sont HEUREUX de le faire.   Continue la lecture

Le jour où j’ai appris la liberté

Liberté
Liberté

En papotant sur facebook avec quelqu’un qui passe sa vie à avoir l’impression de subir, je me suis rappelé du jour où j’ai compris que j’étais libre, et que ça ne changerait juste jamais.

J’étais gamin.  Un jour, un de mes cousins, plus vieux, plus grand, plus lourd de bien 20kg, plus méchant et plus tordu que moi a décidé que je devais aller lui ramasser sa casquette qui était partie avec un coup de vent.  J’ai dit non.  Il m’a menacé.  Je me rappelle, j’avais vraiment peur de lui.  Je savais qu’il pouvait me défoncer sans problème.  Il l’avait même déjà fait.  Mais j’ai dit non.  Et du coup il m’a cogné.  Un magistral coup de poing dans le plexus.  J’avais le souffle coupé, j’étais plié en deux.  Horrible.  Et il a attendu que je bouge.  Et j’ai pas bougé.  Et là il m’a frappé encore, puis jeté contre le mur, et il m’a encore battu… il m’a pété le nez et battu à coups de pieds pendant un temps qui m’a paru interminable.  Puis il s’est arrêté et il m’a dit « maintenant tu vas te lever et aller chercher ma casquette ».  Je me suis levé, je lui ai craché à la gueule.  Je me rappelle bien de ce moment parce que j’ai été super surpris de voir qu’en fait c’est plein de mon sang que je lui ai craché dessus.  C’est là que j’ai réalisé que je saignais sans doute dans la bouche aussi…  Et vu son air à la fois étonné et dégoûté, je me suis mis à rire nerveusement.  Et il a continué à me taper encore.  Je me suis mis en boule et j’ai attendu que ça s’arrête.  Je ne sentais plus rien.  Et je souriais.

Véridique, je souriais.

Un moment donné il a été fatigué, et il est allé lui-même chercher sa putain de casquette.  Pendant une semaine j’ai eu mal partout.  Je marchais tout de travers et j’avais un oeil fermé.  Je ressemblais à un raton laveur avec mes yeux au beurre noir et tout.  Et je souriais tout le temps.  Je marchais la tête haute.

Ce jour là, et plus globalement cette semaine là, j’ai compris que personne, jamais, ne pouvait m’obliger à faire quoi que ce soit.  Que si je le faisais, c’est que je CHOISISSAIS.  Et que même si parfois la tentation est énorme de choisir un truc qu’on ne souhaite pas vraiment parce que ça coûterait moins cher, ça reste un choix.  Toujours.

C’est à la fois horrible, et particulièrement réjouissant de savoir ça.  Horrible parce qu’on est responsable de tous nos choix.  Réjouissant parce qu’on est libre.  Et qu’en fait l’un ne va pas sans l’autre… ;)

On n’apprend pas sous stress

Les gens qui prétendent faire un stage de survie pour en chier, qui veulent que leurs stagiaires « vivent des sensations », sont à côté de la plaque.  On n’apprend pas quand on est stressé.  Et ces « sensations » sont trop souvent là pour combler un vide technique ou pédagogique abyssal.

Si en stage de survie vous avez vraiment froid, faim, soif, ou mal, c’est que votre instructeur est incompétent (soit en pédagogie, soit en survie, soit les deux).  Ou alors qu’il confond formation à la survie et sélection pour les farces spéciales (oui dans ce cas là on dit « farces » et non « forces » hein…).

La nature n’est pas hostile.  Elle n’est juste pas complaisante.  Seuls les gens qui lui sont mal adaptés la trouvent dure.

Et plouf.  Encore un pavé dans la mare ;)

"J'enseigne aux gens à rester en vie."