Salut,
Pour couper court aux questions autour du matos mili perso, la règle c'est: pas vu, pas pris. Pris, pendu. Le Cemat (pour moi c'était le patron des TDM, Patrick avait passé son courrier) avait parfaitement raison de dénoncer l'armée du Bourbaki quand il faisait des tournées et découvraient des gars dans des tenues toutes différentes. Garant de l'action politique de l'institution militaire, il avait à réagir contre une dérive qui pouvait donner à voir ce qui ressemblait à une bande de mercenaires.
Le problème est venu du fait que les forces spéciales ont toujours eu le droit (ou se le sont toujours arrogés) d'adapter leur matériel d'intervention. Le problème est qu'avec la professionnalisation, un certain nombre de gens ont commencé à critiquer (ce qui était juste dans beaucoup de cas) le matériel et en ont adopté un autre. Le problème qui s'en est suivi est de deux ordres:
1. la faute du commandement. Si le Cemat (ou patron des TDM) a dû réagir, c'est qu'il y a eu dérive. S'il y a eu dérive, c'est qu'on l'a permise, tolérée ou pas traitée à temps. C'est au commandement de constater qu'une lunette de tir, inefficace, est remplacée à leurs frais par les gars. C'est au commandement de constater que les gars se paient des chaussures, des genouillères, des lunettes de combat, des gants ou un gilet différents et d'en tirer les conséquences. Il n'y a pas à reprocher à la troupe de dire ce qu'elle pense de son matos. C'est même un gage de victoire que de faire évoluer ce qui ne colle pas. C'est à l'institution de s'adapter, y compris dans la manière de passer ses marchés...
2. l'erreur (ou la mégalo) de ceux qui ont adapté leur matos: ce que l'on peut tolérer au combat ne l'est pas au camp. Le gars qui, implicitement, veut prouver à tout le monde que lui, il en est, parce qu'il a un matos perso ou adapté, mérite d'être rappelé à l'ordre.
C'est très difficile dans le monde militaire de garder la tête froide. La confrontation entre hommes y est permanente et elle implique des attitudes et des manières de se distinguer. Certaines frôlent le ridicule. Il y a beaucoup de militaires qui sont des matamores une fois en treillis et des gentils toutous quand on les croise au supermarché avec Madame. La dérive du matos et de la tenue, si elle était légitime pour des gens qui risquaient leur peau et avaient besoin d'un matos adapté, elle est une manière pour beaucoup de faire croire ce qu'ils ne sont pas. Le matos adapté au quartier, c'est un mec qui se la pète (sauf s'il rentre tout juste de mission

). Après, le vrai mili, c'est celui qui ne se fait pas choper

. Pas vu, pas pris. CQFD.
L'histoire militaire regorge de cas comme ça. Pendant les guerres d'Indochine et d'Algérie, en raison de l'éloignement de la Métropole, les troupes finissaient par se faire faire leur tenue en local. Ce qui a été propice à toutes sortes d'adaptation. Je crois me souvenir qu'un régiment des TDM avait un treillis noir. Les paras avient le léopard... Il y a eu aussi la guerre des chapeaux dont le plus emblématique est la casquette "Bigeard".
Quand je vous dit que la testostérone, ça rend fou

.
Pour revenir au couteau, les modèles dont on parle sont issus de recherches industrielles vieilles de plus de 60 ans. A regarder avec ce qui se fait aujourd'hui. Le Falkniven F1 est le modèle le plus récent dédié à des pilotes avec les recherches les plus récentes parties d'une feuille blanche. Entre celui-là et l'USAF, je n'hésite pas: je choisis le F1.
Franchement, l'USAF, c'est dépassé. C'est juste bon à passer pour un mytho (cf. ce que j'écris au-dessus).
A+