Les coins les plus paumés, qui entendent bien le rester

, ont cette particularité que l'isolement, relatif, oblige à ne compter que sur soi-même ou son environnement proche.
Petit aparté, une autre des particularité, rarement mise en avant, c'est que ceux qui y vivent, du moins maintenant, le font par choix et non parce que le boulot est à portée de main et c'est un élément important à retenir.
ça développe une logique d'anticipation, du truc le plus simple comme avoir une bouteille de butane d'avance à une relation de voisinage entretenue qui évite de faire 15 km pour chercher la vis ou le clou que ton voisin peut te prêter.
C'est une résilience à tiroirs, d'abord ta propre perception de la résilience augmentée de celle de ton entourage.
En fait c'est ce qui a été le mode de vie courant dans les campagnes pendant des siècles.
On produit souvent soi même ou localement une partie significative de notre alimentation, on jette peu, ou du moins moins qu'ailleurs, car "ça peut servir" et comme souvent nous avons des granges on y entasse des trucs qui de fait s'avèrent souvent utiles pour un bricolage ou un autre.
On se donne des fruits, des légumes, on se rend des services, on jette un œil sur les gosses du voisin, sur sa maison si il est absent, rien de bien extraordinaire.
Une autre vertu de l'éloignement et des petits communautés c'est que les décisions sont plus locales et collégiales, notre Maire est connu de tous, les conseillers sont nos voisins et font remonter nos questions ou nos attentes, leurs choix de gestion pour notre commune tentent de régler (malgré nos finances modestes) nos problèmes basiques, état des routes, relations de voisinage, etc...
Je pense que c'est cet ensemble de paramètres qui contribue à former ce qui de l'extérieur pourrait être perçu comme de la résilience mais qui est simplement l'expression de notre mode de vie et notre volonté de le préserver.
La tempête de 1999, ces chutes de neige de 2007, d'autres événements climatiques ont apporté la démonstration de la solidarité et plus concrètement de nos moyens matériels et humains, tracteurs, bennes, bâches, provisions, matériaux de reconstruction d'urgence mais aussi agriculteurs, artisans, qu'en fait nous avons autour de nous au quotidien et que nous sommes capables d'utiliser ou de mobiliser au profit de l'un ou de plusieurs d'entre nous.
Si on parle de résilience dans la logique de ce forum, nous avons de l'eau, plusieurs sources, de la nourriture, des animaux, du gibier et des gens capables de chasser et de préparer le dit gibier, des ruisseaux, étangs et des poissons, du combustible, des semences et les moyens de les cultiver à petite et moyenne échelle, un habitat solide et pérenne, une assez bonne connaissance de la flore qui nous entoure, comestibles compris et surtout des relations sociales établies et éprouvées.
Si on prend en compte ces critères alors oui je crois que nous avons une résilience naturelle supérieure à la normale nationale, tant pour les 72 premières heures que pour un temps plus long.