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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: le mental  (Lu 11532 fois)

08 juillet 2009 à 13:02:02
Réponse #25

philippe13


http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,16972.0.html

Voila un très vieux livre dont j'ai parlé ou la préparation du mental et l'endurcissement de la volonté était très élaborée.
Le but était de supléer par le mental au manque d'entrainement inévitable à une époque (1955) ou les ouvriers avaient peu de temps pour leurs loisirs.
Je n'ai ai pas le temps de développer, je suis au boulot relir le fil SVP.
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

08 juillet 2009 à 16:27:03
Réponse #26

S-W-A-T


Tu peux prendre le temps de t'écouter, de te chercher, de te connaitre...
Afin de savoir de quoi est ce que tu est fait... de savoir ce qui est bon pour toi... de savoir ce que tu aimes donner... ce que tu aimes recevoir... de voir quels sont tes possibilités... tes capacités... tes "dons"...

Puiser chez les autres ce qu'il pourrait te manquer...
Ne pas craindre ou avoir honte de ses faiblesses... car ça permet de laisser, la porte ouverte à l'enrichissements...
Lire et étudier ce qu'il a était ecris par le passé, sur le sujet...
Visualiser ce qu'est réellement le mental... en physique... en phylosophie... en psychologie... dans la "réalité"... dans la fiction...

Te mettre dans des conditions inconfortable, stressante... ou au contraire...

Pour certain se faire mal conduira a ce qui te tue pas, te rends plus fort...
Pour d'autres pas...

Inscrire en tête des phrases comme les suivantes pour certains...
Pour d'autres pas...

Quand sa route est dure, le dur continue sa route...

Ne pas repoussés les émotions qui t'animent, afin de pouvoir avancer pleinement...

Le chemin du paradoxe est le chemin du vrai. Pour éprouver la réalité , il faut la voir sur la corde raide...

Ne crains pas ce qui va te faire souffrir...

Celui qui craint de souffrir... souffre déjà de ce qu'il craint...

...

Chercher qui tu es.

Le mental est quelque chose qui est lointain... inssaisissable... tout pres... a porter de main...

Prendre du recul sur les choses peut te permettre d'avoir certaines révélations... qui était jusqu' alors enfoui... par certaines croyances...

C'est peut-être en lachant prise sur celui-ci justement... qu'il se réafirmera... plus fort que par le passé...

...
« Modifié: 08 juillet 2009 à 20:31:41 par Mental »

27 octobre 2009 à 11:36:30
Réponse #27

Butcherkiller


Pour ma part faire du sport, beaucoup de sport m'aide à endurcir mon mental. Je cours 3 fois par semaine 1 heure. J'ai aussi 2 entrainement de free fight et 2 d'aikido. Je nage aussi car je suis nageur sauveteur.
Sinon je pense que lire des livres aide à s'endurcir. Des livres comme l'hagakure, le traité des 5 roues.... La méditation est aussi une bonne méthode.   
Hana Wa Sakura Gi, Hito Wa Bushi.

27 octobre 2009 à 12:29:15
Réponse #28

Lynx


en dehors des formules et des concepts qui n'ont bien souvent que le seul avantage de flatter nos egaux, ou au contraire de nous faire peur ( "Apprends a souffrir petit" "as tu déja vu un animal se plaindre" :sgt:), je pense que le "mental" revêt tout un monde très complexe qui croise finalement la psychologie dans toute sa largeur.
On parle ici du "mental" face a des situation type survie, événement particulier etc, mais il me semble qu'il ne s'agit que d'un prolongement plus ou moins développé d'un état psychologique général commun.

Affronter mentalement une nuit dehors sous la pluie, un saut en parachute, un accident ou un cancer, un chômage, un divorce relève pour moi d'une même base, celle de la prise en compte consciente de notre fragilité, de nos limites mais aussi et surtout, de notre envie de vivre. C'est cette pulsion qui peut s'exprimer différemment en fonction des individus.
Les schémas sont complexes et souvent très surprenants, certains anonymes illustrement banaux peuvent devenir des héros en bravant des situations pas possibles tandis que d'autre vont fuir malgré une image avantageuse...
Peut être qu'effectivement une certaine peur nous entraine dans la recherche d'une image pour nous convaincre de notre courage? N'est-ce pas une certaine méthode de réconfort que de se convaincre de nos capacités?

Pour moi, la question du mental engendre la problématique de l'aménlioration de notre état psychologique de base. Ca parraît être une lapalissade, mais cela engendre une question à laquelle je ne saurais répondre, c'est l'aptitude d'évolution psychologique. En d'autres termes, peut on vraiment changer ou ne faisons nous que nous illusionner sur ces capacités à évoluer?

De cette question en découle deux autres.
 - quels processus, quelles réalités engendrent les changements
        C'est à dire comment pouvons nous mettre en oeuvre une évolution, quels en sont les outils.
 - quelle est la permanence d'un changement engendré
        C'est à dire à quelle méthode quel résultat et la notion de l'entretien dans le temps.

Les réponses ne pourraient à mon avis n'être données avantageusement que pas un psy, les mécanismes sont complexes et sujets à débats de pros. Néanmoins, la progression du "mental" est un lieu commun du milieu du sport.
Bien souvent il est traduit par des méthodes de sophrologues plus ou moins dérivées par les coachs ou les méthodes pédagogiques. Enfin, d'autres facteurs moins rationnels peuvent intervenir en relevant de la philosophie, voire pour certains de la religion..?

Je distingue deux niveaux dans cette progression.
 - L'usure des sabots
 - La carrotte

 Par l'usure des sabots je veux dire que l'expérience est une clef. L'endurcicement, la rusticité, vous l'appellerez selon votre convenance, réside dans l'exposition a des événements, à des réalités. Selon notre curriculum, chacun a un passé qui lui attribue un capital psychologique plus ou moins fort qui participe à sa force mentale.

Chaque événement pousse le psy a avancer, à se rendre plus malléable, et à prendre conscience de sa capacité à durer malgré les événements, à se faire confiance face a l'imprévu. Cela permet également de connaitre ses propres schémas, ses propres trucs qui nous permettent de faire face.

Chercher à progresser dans ce sens impose donc de s'exposer. Ce peut être trés variable... évènements sportifs, voyages, engagement militaire ou associatif... tout ce qui impose à notre mental un travail de préparation, d'expérience puis d'assimilation.

Par la carotte je veux évoquer les astuces qui permettent de durer pendant un effort, un inconfort ou une souffrance. L'exemple qui me saute aux yeux, c'est la résistance physique. Durer....résister....tenir...finir le boulot...ne rien lâcher... c'est un effort psychologique autant que physique, justement parce que lorsque le physique est au voyant rouge, seul le mental peut le relayer en lui commandant de continuer à travailler. Les sportifs impliqués dans les longues distances, les raids etc connaissent cela trés bien. Et effectivement les entrainements, les sorties coachées ou en groupe par exemple peuvent aider en aiguillonant la fiéreté ou en donnant des clefs pratiques à la résistance. Chacun trouvera sa carotte. Certains y verrons une fierté, d'autres une compétition....

voila ce qui représente pour moi le mental et les champs de progression dont certains sont plus facile à cultiver que d'autre. Les variables sont tellement importantes qu'il est difficile de donner une recette tout faite valable pour tout le monde...a chacun de faire sa cuisine.

Pour résumer donc, l'essentiel étant de chercher à   Etre et Durer





Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

10 novembre 2009 à 21:13:20
Réponse #29

pierrot22


Petite mise en garde : ne pas confondre endurcissement et insensibilité. J'ai passé plusieurs années à me "blinder" émotionnellement (années lycée un peu dures psychologiquement : j'avais pas le tempérament de suiveur qui permet de s'intégrer, et je vous passe les détails familiaux). Et j'y suis plutôt bien arrivé, malheureusement. Je me suis rendu compte y'a 2 ans que j'étais qu'un sale égoïste, l'attitude d'autoprotection face au malheur peut faire souffrir les proches. Certes, j'étais plutôt bien protégé du malheur, mais au final j'étais devenu insensible aussi au bonheur, à l'amour et à l'amitié.
Je me suis protégé, mais je suis passé à côté d'un tas de choses.
Il m'a fallu bien 6 mois pour commencer à percer la coquille, et j'ai pas encore fini dans sortir. Mais déjà j'ai redécouvert beaucoup de choses. Pleurer devant un film ou une chanson n'a rien d'humiliant ("oublie les cons qui disent qu'un homme ça ne pleure pas" comme dit la chanson). Parce qu'en échange, j'ai retrouvé la capacité à rester planté 1h en extase devant un paysage, à rêver, à aimer.


Plutôt que la dureté, je préfère la souplesse. Repousser progressivement les limites physiques et mentales. Ce qui est dur et sollicité proche de sa limite de sa résistance casse un jour. Obligatoirement. Au bout de 1 jour ou 30 ans, mais ça casse. A rapprocher de la notion de fatigue mécanique pour ceux qui ont un peu de connaissances en mécanique.
Ce qui accumule sans décharger finit par saturer et déborder voire exploser.

La souplesse c'est un état d'esprit.
Je pense ne pas pouvoir faire ça, pourquoi ? Est-ce une barrière physique, mentale ? Réelle ou inventée ? Comment je vais pouvoir la dépasser ou la repousser ? Et est-ce que j'ai envie de la repousser ?
Se connaitre est pour moi indispensable. Pourquoi j'ai fait ça ? Pourquoi j'ai réagi comme ça dans cette situation ? Est-ce que c'était la meilleure chose à faire ? Pourquoi j'ai dit ça à machin alors que ça ne pouvait rien apporter de positif ? Qu'est-ce que m'a poussé à dire cette saloperie alors que je connaissais bien les conséquences de mes paroles ?
Je suis très critique vis-à-vis de moi-même, et toujours ouvert à la critique venant des autres. Non pas comme une humiliation à aimer se mettre le nez dans sa propre m*rde, mais comme une possibilité de s'améliorer, aller vers quelque chose de toujours mieux.


Exemple de souplesse, j'ai fait pas mal "d'expériences" sur le sommeil pendant les 4 dernières années d'études. Moitié par nécessité, moitié par curiosité "scientifique". Se coucher à 6h après 5h en boite et 1h de marche pour rentrer, se relever à 7h pour enchainer la journée de 8h de cours ; une semaine entière à 4-5h par nuit, et j'en passe. Pour finir j'ai même testé le rythme "Vendée Globe" en période de révisions et d'exams : pas de nuit de plus de 3h, pas de café du tout, quand j'ai un coup de pompe je me couche, je dors 1 cycle (1h30 à 2h), et je recommence à bosser. Ultra efficace, être à l'écoute de son corps au lieu d'essayer de le commander. Et le contraire : je suis capable de dormir beaucoup et longtemps, rattraper en une nuit des semaines de manque. Mes potes me prenaient pour un taré... Mais je savais ce que je faisais, c'était progressif, et documenté, j'ai pas mal lu sur le sommeil, j'ai observé ma façon de dormir, les conséquences.
L'important c'est de se connaitre, se fixer des objectifs progressifs et atteignables (comme dit plus haut, se fixer un objectif irréaliste est souvent une façon de se préparer une excuse pour pouvoir abandonner en ménageant son amour-propre/ego/fierté). Le mode navigateur, je l'aurais pas tenu plus de 3 jours y'a 3 ans. En février dernier je l'ai tenu 1 semaine avec des très bons résultats mais pas sans conséquences. En juin dernier je l'ai fait 2 semaines, hyper efficace et sans conséquence néfaste.
Et je sais que c'est bien peu face à ce que peuvent faire certains.

C'est des choses épuisantes et inutiles en pratique, maintenant je ne le fais quasiment plus. Mais je sais que j'en suis capable en cas de coup dur (dossier à rendre, boulot à finir). C'est la même idée que la marche des 100km ou la semaine finale de l'instruction des officiers dont on parle sur le sujet "marcher vraiment longtemps" : "j'ai fait bien pire, c'est pas ça qui va me faire peur".

Avant même de m'intéresser à la survie, j'avais remarqué que le fait de se mettre en "mode guerre" ou "mode survie" multiplie les capacités de manière impressionnante. Notre corps a beaucoup en réserve, sans doute un vestige des temps où il fallait se battre pour survivre. Même si notre vie moderne ne l'exploite plus (et y a gagné une espérance de vie bien plus longue), c'est toujours là, et on peut apprendre à l'exploiter en cas de besoin. Mais attention aux conséquences, passé un certain seuil on pousse le corps dans les derniers retranchements. Par exemple sur les conneries sur le sommeil : je disais qu'il y a eu des conséquences : la semaine suivant les exams j'ai fait 2 jours de fièvre suivis de 3 jours de "flemmingite aigue" : amorphe sans envie de rien faire. Un pur contrecoup, sans doute pas une maladie, personne dans mon entourage n'a été malade. Tirer sur les ressources d'urgence a des résultats extraordinaires, mais aussi un coût.

Je m'éloigne un peu du mental en apparence. Pas tant que ça en fait. Être souple, capable de se mettre en mode guerre, de cracher ses tripes pour sortit d'une situation délicate, ça se prépare, surtout mentalement. On repousse petit à petit. Comme ça a été dit plus haut, face à l'épreuve, y'a celui qui se bat jusqu'au bout, qui donne tout, et y'a celui se résigne et attend la mort. Le premier n'est pas forcément plus fort physiquement, mieux préparé techniquement que le 2ème, et pourtant à la fin lui redescend de la montagne quand l'autre s'est laissé mourir de froid.

pour illustrer, l'histoire de la grenouille dans le seau de lait. Je connaissais la version avec 2 grenouilles, la première se laisse crever et la 2ème continue de se battre, mais j'arrive pas à la trouver.

L'entrainement permet, au lieu de s'écrouler face au stress, de l'exploiter pour augmenter le potentiel.

grand classique des formations stress et compagnie :

Connaitre ses facteurs de stress est très utile : on peut diminuer son stress ou au contraire l'augmenter pour booster la machine. C'est une vision très "méchant patron productiviste" : "stressez un peu vos employés mais pas trop et ils travailleront mieux". Bien sûr qu'une personne qui est trop proche de son seuil optimal vivra pas longtemps en bonne santé, c'est à réserver aux cas d'urgence. On est sur un forum de survie :)

Comme disait fogofwar, le stress est une conséquence. Pour être efficace on n'agit pas sur la conséquence mais sur la cause. Faut découvrir les déclencheurs qui arrivent à se rebooster et enclencher le mode guerre quand on allait se laisser crever. Repousser le seuil au-delà duquel la courbe retombe, la faire grimper plus haut.
Pour moi la musique marche bien, j'ai quelques morceaux qui ont une forte résonance positive, quelques artistes miracles, j'en garde toujours un peu dans le téléphone comme dopant en cas de coup de pompe. Le désespoir ou la lassitude peuvent être transformés en rage de vaincre/vivre.



Voilà pour le mental appliqué à la survie. Pour le mental dans la vie de tous les jours, j'ai développé un "sens de l'acceptation". J'ai probablement une prédisposition héréditaire à la dépression. Savoir détecter les signes avant-coureurs, accepter ce qu'ils veulent dire, les laisser sortir et trouver un moyen de les évacuer. Partir en rando, aller courir, pleurer un bon coup, se poser et écouter un bon disque...
Laisser sortir, se raccrocher à ses rêves et ses projets. Je crèverai pas maintenant, j'ai encore trop de choses à vivre.

Ne surtout pas bloquer et refuser les signes, comme je disais plus haut, quand on accumule on explose. Accepter, le dire ou l'écrire, pouvoir l'expliquer. Être son propre psy en fait, en restant humble et n'hésitant pas à en consulter un vrai qui ne peut qu'aider. La dépression est tombée plusieurs fois dans mon entourage, avec plusieurs fins mortelles. Une fois qu'on est tombé dedans, c'est très dur d'en sortir, parce qu'on perd la volonté de s'en sortir. C'est pas les médocs qui font sortir, ils ne sont qu'un maintient artificiel. C'est en réveillant cette volonté qu'on sort du trou. C'est une situation inimaginable et incompréhensible pour quelqu'un qui ne l'a pas vécu personnellement ou à travers un proche. Je sais aussi que c'est pas en niant la maladie qu'on s'en sort, c'est en l'acceptant. Pour une personne de mon entourage qui a été concernée, mettre un nom sur sa maladie l'a beaucoup aidée.

Combien de parents/amis, après une tentative de suicide, disent qu'il avait l'air d'aller bien, qu'ils n'ont rien vu venir ? On bloque, on refuse d'admettre qu'on va mal, on ne laisse rien paraitre, mais ça finit par exploser quand même. Une personne hyperactive peut l'être (me faites pas dire ce que j'ai pas dit hein, peut l'être) pour chercher à se cacher qu'elle va mal. Occuper sa vie pour ne pas avoir le temps de s'en rendre compte. Je le sais, je l'ai fait. L'alcoolisme et les drogues en général sont plus connus, mais le but est le même : une façon de fuir la réalité. Mais c'est que a posteriori que je m'en suis rendu compte, y'a quelques semaines, justement lors d'un coup de mou où j'ai tout laissé sortir. Notre esprit, comme notre corps, a des capacités incroyables d'autoprotection, est capable de nous cacher des choses "pour notre bien". Jusqu'à aller oublier totalement des actes passés qui pèseraient trop lourd sur notre conscience. Il faut une bonne dose d'introspection et souvent de l'aide pour les découvrir et les évacuer.

Je ne connais pas encore vraiment la méditation, mais je pense que c'est un peu la même idée que cette philosophie d'acceptation.




Dans le même genre mais en plus "physique" et survie : je suis souvent moins habillé que les autres, d'où la question récurrente "t'as pas froid ?". A quoi je réponds parfois "si un peu, mais ça me dérange pas". Beaucoup de sensations ne sont que des informations de notre corps (douleur, froid, chaud, faim, soif), qui nous avertissent d'un danger potentiel. Logiquement, la sélection naturelle fait que la plupart des survivants sont des personnes pour qui elles sont désagréables. A l'époque où on avait pas de la bouffe à en crever de surpoids, si une personne ne ressentait pas la faim elle n'aurait pas fait l'effort de chercher sa nourriture, donc elle aurait pas vécu longtemps. Les nier est potentiellement dangereux, par exemple continuer malgré une douleur est le meilleur moyen de casser quelque chose, ne pas se couvrir quand on a froid peut conduire à l'hypothermie, mais est possible.
Mais ça reste des informations, pas des ordres ! Dans l'optique de la survie, il faut être capable de faire la différence entre la simple information, avertissement sans danger réel immédiat, voyant orange au tableau de bord qui dit "arrête toi au prochain garage et regarde ce qui va pas", et l'alerte qui indique un réel danger, le voyant rouge au tableau de bord qui dit "attention tu vas pas tarder à plus avoir de freins, arrête toi tout de suite !"

Surtout que la sensation la plus désagréable n'est pas forcément celle qui indique le vrai danger. Etre capable de supporter celle qui n'est qu'un information (douleur musculaire, fringale, léger froid), et celle qui représente un vrai danger (douleur articulaire ou d'une blessure qui s'infecte, fracture, approche de la déshydratation et l'hypothermie). Bien connaitre la différence entre information et alerte.
Par exemple la faim (d'après le récit de personnes plus expérimentées que moi, je n'ai encore jamais testé le jeune prolongé) : lors des 2 ou 3 premiers jours de jeune, on a très très faim. Mais il n'y a absolument aucun danger (sauf peut-être une hypoglycémie si on force trop). Le corps consomme les muscles (réserve rapidement disponible) le temps de mettre en route les mécanismes de consommation des réserves de graisse, qui peuvent tenir plusieurs mois (suivant les réserves). Puis une fois la consommation des graisses enclenchées, la faim disparait. Ca signifie pas que le danger est écarté, au contraire. On a commencé à grignoter les réserves, quand y'en aura plus c'est la mort. Le signal de danger réel étant très tardif : quand la faim revient, c'est qu'on a brûlé toutes les réserves de graisse, le corps recommence à brûler du muscles. Si on ne mange pas (très) rapidement, en quelques jours tous les muscles seront consommés (y compris le coeur) et on meurt.
Je ne connais pas assez les mécanismes d'hypothermie, hyperthermie, déshydratation, mais il me semble qu'on y retrouve le même genre de sensations (ceux qui connaissent mieux et qui ont eu le courage de me lire diront ce qu'ils en pensent) : une personne en hypo/hyperthermie a les facultés de raisonnement tellement altérées ( effet chimpanzé, merci Manitou pour l'explication) qu'elles souffrent moins du froid/chaud que lorsqu'elles étaient moins proches de la mort.

Bien se connaitre, bien connaitre les différentes sensations, le seuil information/alerte est un sacré atout pour une situation de survie. Le mental et l'expérience sont très importants pour réussir à les supporter.
J'y arrive plutôt bien avec la faim (surtout depuis que je connais les mécanismes du jeune prolongé), pas trop mal avec le froid, mais je supporte encore mal le reste.


p'tin mais pourquoi j'écris autant...

edit : par rapport au mode guerre, la force du mental et les ressources insoupçonnées, je viens de tomber là-dessus :
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,817.0.html
« Modifié: 10 novembre 2009 à 23:15:33 par pierrot22 »
La survie, c'est déjà de rentrer de rando.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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